On croyait que l’époque qui permettait à n’importe qui de faire n’importe quoi était bel et bien révolue ! Or ce n’est certainement pas le cas! Notre «fameuse» administration continue, apparemment, d’agir avec la supériorité (pour ne pas dire le complexe de supériorité), qui lui est connue et qui lui donne un peu tous les pouvoirs sur les pauvres citoyens. Sinon quelle explication peut-on donner à cette attitude de l’ONDA à l’égard des porteurs de l’aéroport Mohammed V? Avant de donner quelques réponses à cette question, situons-nous d’abord dans le décor. Les porteurs de bagages à l’aéroport Mohammed V sont au nombre de 36. Ils travaillent ainsi depuis plus de 40 ans. Une association a été créée le 26 octobre 1971 pour défendre leurs intérêts. Le 26 janvier 2000, cette association a procédé à la mise à jour de certains de ses articles et au renouvellement de ses instances dirigeantes. Ces porteurs payent sous forme de taxe mensuelle 100 Dhs chacun à la caisse de l’ONDA. Cet Office leur fournit des badges leur permettant, bien entendu, de travailler dans le cadre de la loi. Une sorte de reconnaissance de leur statut de porteurs, ainsi peut-on dire sans risque de se tromper. Jusque là, les choses paraissent normales. Seulement, voilà que depuis quelques temps, l’administration de l’ONDA à l’aéroport de Casablanca fait preuve d’une conduite manageriale incompréhensible. Le cas de ces porteurs, peut-être isolé, mais qui prouve que des brebis galeuses continuent d’exister ça et là au sein de cette entité.
Faits
Ainsi, bizarrement, pour l’ONDA, ces gens n’ont pas le statut juridique de porteurs. et par conséquent, ils ne peuvent pas exercer ce métier. En dépit donc de tous ces justificatifs administratifs prouvant que ces personnes sont seules habilitées à travailler comme porteurs à l’aéroport et prouvant aussi qu’ils dépendent directement de l’administration de l’ONDA, cette dernière ne veut rien entendre à ce propos. Tout récemment, elle a procédé au recrutement de 24 porteurs, dans le cadre de ce qu’elle croit être l’accompagnement de l’Initiative Nationale pour le Développement Humain. Ce nombre est appelé à grandir pour atteindre 50. Toutefois, dans cette affaire, l’ONDA fait preuve quand même de générosité..., et quelle générosité! Elle leur propose, dans ce sens, de travailler comme recycleurs. Là, elle les prévient qu’en cas de refus, le badge professionnel ne leur sera plus octroyé l’année prochaine. Mais, avant d’en arriver là, l’ONDA, nous disent ces porteurs, avait procédé, il’y a quelques mois , au recrutement de quelques recycleurs pour un salaire de 2000 Dhs/mois. Démarche délibérée ou question d’humeur, elle les licencie quelques mois après pour ramener d’autre jeunes afin d’assurer le même travail mais cette fois-ci sans leur donner de salaire. Ils travailleront sur la base d’une promesse: recycleur au début pour devenir des porteurs à part entière. Les 36 porteurs, quant à eux, commençaient à s’inquiéter et sentaient ce mic-mac dont le seul objectif est de se débarrasser d’eux...
Porteurs embêtants
Refusant toute proposition pouvant les amener à se transformer, du jour au lendemain, en recycleurs après avoir assuré le métier de porteur depuis de longues années, ces derniers ont ouvert la voie de la négociation. Mais, en vain. L’administration continue de faire la sourde oreille à leurs revendications. Alors qu’au moment où ils ont pu accrocher un rendez-vous avec le DG de cet Office, ils ont dû attendre plus de 5 heures..., et ils n’ont pas été reçus par ce Responsable. Un de ses représentants les a finalement rencontrés. L’air “pas du tout sympa”, il était catégorique: « Acceptez-vous de travailler comme recycleurs, oui ou non?». L’autorité dont ce délégué fait preuve l’a même amené à traiter ces personnes dont l’âge moyen dépasse la cinquantaine, de «porteurs embêtants».
Autre volet, autre enjeu: convaincus, nos interlocuteurs estiment que ce sont des raisons électoralistes qui animent ces manigances. Des gens de l’administration qui seraient intéressés par les prochaines élections législatives de 2007 auraient promis aux jeunes des douars avoisinant Nouaceur de leur trouver de l’emploi en contrepartie de leurs voix. Constat qui explique, aux yeux de ces 36 porteurs, ce mouvement de «recrutement-licenciement».
Dans tous les cas, pour eux, le seuil de l’intolérable est atteint dans cette administration. « Toutes les difficultés qui entravent actuellement le déroulement normal de notre métier proviennent des visions égoïstes de certains mettant, de la sorte, en danger notre gagne-pain, notre avenir ainsi que celui de nos familles», nous disent-ils.
En somme, les intéressés pensent que ces pratiques sont en parfaite contradiction avec la philosophie de la nouvelle ère où les administrateurs comme les administrés sont tous soumis à la loi. Les responsables de cet office sont donc vivement interpellés pour bannir ce genre de comportement qui risque de porter atteinte à la crédibilité d’une administration appelée à se moderniser et à accompagner les efforts fournis ça et là pour lutter notamment contre les abus de pouvoirs. Entendront-ils cet appel ?
H.Zaatit