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Auteur : Publier le : May 7, 2004
La vie bascule en sixième. Pour certains, le bouleversement s’explique par le changement d’établissement, d’autres évoquent l’apparition de nouvelles matières dans le cursus, ou encore la naissance des premières amitiés amoureuses. Pour Aimé Kakon, la seule explication valable réside dans le programme d’histoire. Un programme qui fait découvrir aux néo-collégiens nombre de civilisations anciennes, égyptienne, mésopotamienne, romaine, grecque et étrusque. “ En sixième, j’ai eu un déclic. J’ai été fasciné par les peuples grecs et étrusques. Les cours ne me suffisaient plus. Il fallait que j’apprenne encore et encore, ” raconte Aimé Kakon émerveillé. Une autre passion vient rapidement se greffer à celle éveillée sur les bancs de l’école, la grande ! Lors de vacances passées dans la ville de Safi, le natif d’Essaouira découvre la céramique. La matière éveille ses sens et nourrit sa sensibilité. Adolescent, il collectionne avec assiduité des objets en terre cuite. Pas étonnant alors qu’aujourd’hui, Aimé Kakon allie ses deux passions pour assouvir son appétit créatif. Dès samedi prochain et jusqu’à la fin du mois de mai, l’artiste expose ses amphores et autres plats au musée de Marrakech. Et comme par magie et non par hasard, son œuvre est empreinte de référence à la Grèce Antique. La récurrente présence des animaux, béliers et chevaux, rappelle les poteries de jadis, artisanat séculaire que seule une visite au musée permet d’approcher. Côtoyer l’Histoire sera aisé dans la capitale ocre. Aimé Kakon et ses œuvres emmènent les yeux écarquillés au pays d’Hercule et de Zeus. La mythologie est à portée de main. Créer en s’inspirant d’un tel patrimoine n’a pas été aussi facile… “ Un artiste lors de la conception de son œuvre est habité par la contradiction. Il ne peut s’empêcher de penser à ce qui a déjà été fait. Dans mon cas, l’introspection a été à la fois castratrice et inspiratrice. L’autocensure dépassée, l’artiste avance vers l’honnêteté intellectuelle, la condition nécessaire à une entente avec le public. La sincérité bâtit une passerelle entre les observateurs et l’artiste, ” explique Aimé Kakon. “L’homme aux multiples casquettes”, architecte, peintre, dessinateur retrouve le public, avec une excitation mêlée de trac. Un public, privé d’exposition durant six ans. Un public avide de se plonger dans l’univers de la Grèce Antique et de la céramique. L’art, selon l’artiste, “qui implique le feu et la terre, qui surprend sans cesse, qui est imprévisible”. Ingrid Ober
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