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Auteur : Publier le : May 7, 2004
Son histoire avec le succès commence en 1988, lorsque Anne Roumanoff âgée de 22 ans, donne son premier spectacle aux Blancs-Manteaux. Elle passe parfaitement la rampe. Ce qui la motive pour continuer à évoluer et se perfectionner. “j’ai été connue d’abord, j’ai appris mon métier ensuite”, déclare l’artiste en parlant de ses débuts. Dix ans après, elle a à son actif cinq spectacles cautionnés par le public. Mais c’est à l’Olympia en 1998, que Anne Roumanoff connaîtra la consécration. Ce succès phénoménal lui permettra de conquérir un public de plus en plus nombreux en franchissant les frontières. En 1999, Anne Roumanoff, sera invitée au Québec pour présenter ce même spectacle à un nouveau public. Ce qui la pousse à fournir davantage d’efforts, en vue d’une performance perpétuellement recherchée. “J’ai longtemps considéré le one-man-show comme un tremplin vers d’autres choses, genre un grand rôle au cinéma. Mais plus ça va, plus je considère que c’est un art à part entière et que c’est un immense privilège d’être capable de faire rire.” Son succès, elle le doit à des textes originaux et une bonne mise en scène conjugués à un sens de l’observation très aigu, qu’elle doit peut-être à son passage à Sciences Po ou encore à cette richesse culturelle dont elle peut se targuer (une grand-mère maternelle marocaine, qui a quitté Fès pour se marier avec un Français, un grand-père paternel russe), qui expliquerait cette quête permanente (pendant son enfance et son adolescence, d’une identité banale, anodine qui ressembleraient à celles de tous). Selon Louise Latraverse, comédienne québécoise qui a mis en scène son dernier spectacle, “Anne Roumanoff jette un regard fin et incisif sur le monde qui l’entoure. L’attention qu’elle porte aux gens lui permet de déceler chez eux les moindres traits de leur caractère et cela avec beaucoup de tendresse.” Tel un sociologue, elle reflète parfaitement le caractère d’une époque donnée. Ses spectacles se déclinent tel un tableau de la société. La comédienne met le doigt sur les dysfonctionnements de cette société, elle met en exergue nos défauts et nos déroutes. Ils nous révèlent sur un ton humoristique, mais non dénué de tendresse, nos véritables tribulations. Inégalités sociales, vieillesse, cocktails mondains, légèreté des médias, politique internationale, apparences, éducation, insécurité…, tout y passe, rien n’échappe à l’œil observateur d’Anne Roumanoff. Des thèmes ou plutôt des travers et des tracasseries communs à diverses sociétés. D’où le succès que rencontre le spectacle d’Anne Roumanoff, qu’on pourrait qualifier d’universel dans différents pays. Bref, c’est notre quotidien qui nous est livré, dans une version ironique sous la plume et le verbe acérés de Anne Roumanoff. Son dessein, faire rire le public tout en l’amenant à s’interroger sur ses défauts, voire à se remettre en question. Il est vrai que dans les spectacles d’Anne Roumanoff, on rit des autres, mais on rit aussi et surtout de nous. Une sagacité impressionnante, fait de ses spectacles un regard juste sur la société. “ Pour comprendre la nature humaine, un petit sketch humoristique vaut mieux que de longs discours.” Rendez-vous alors, le vendredi 21 mai au Mégarama, à 20h30, pour un grand moment de rire, de découverte mais aussi de questionnement sur soi et sur la société. Leïla Ouazry
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