| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Toscan du Plantier, à bout de souffle ! Hommage |
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Auteur : Publier le : February 20, 2003
Sa vie est un film. Un long-métrage qui alterne réussites magnifiques et revers cuisants. Une histoire aux multiples rebondissements avec toujours en toile de fond, le septième art. Le cinéma, cette passion qui a rythmé son existence et entouré sa disparition. C’est dans ses bras qu’il s’est éteint à l’âge de soixante et un ans la semaine passée à Berlin. Né en 1941 à Chambéry, fils de bonne famille, il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris. Il s’oriente alors conjointement vers la publicité et la presse. Il est chef de pub au “ Nouveau Candide ” puis à “ France-Soir ”. Au début des années soixante-dix, il dirige Régie Presse, filiale du groupe Publicis. Dès lors, il fait parler de lui. Il s’impose comme la grande gueule de la communication. De la comm au ciné À 34 ans, son projet prend forme lorsqu’il devient directeur général de Gaumont. L’objectif est avoué : “ Conquérir le monde en vendant le cinéma français comme un luxe. ” Cette idée agace mais le feu qui l’anime est trop ardent. Durant dix ans, il fait éclore la société à la marguerite. Dans la pub, où il fait ses armes, il a appris à convaincre. Avec aisance, il transforme l’entreprise familiale “ sympa et bonne enfant ” en une aventure épique et auteuriste, attirant les Bergman, Fellini, Bresson et autre Pialat. Le flambeur veut réconcilier l’argent et la création. L’homme à la stature imposante et à la moustache a aussi d’autres centres d’intérêt : il collectionne les tableaux de maîtres et apprécie l’art lyrique, Mozart plus que tout. Pas étonnant qu’il allie ses passions, le cinéma et l’opéra. Le film-opéra sera son emblème. “ Don Giovanni ” de Losey (1979) ou “ Carmen ” de Rosi (1984) s’imposent dans des festivals de prestige. Mais sa véritable passion s’attache aux femmes, des femmes qu’il a aimées et façonnées. Des Marie-Christine Barrault, Isabelle Huppert, Francesco Commencini, un générique de charme pour le plus beau des films romantiques. Mais comme au cinéma, le drame a remplacé l’amour. Sa troisième épouse, Sophie, est assassinée en 1996 à la veille de Noël dans leur cottage irlandais. Le cinéma le sauvera de la tristesse et du désespoir. L’ère post Gaumont L’aventure avec la “ firme fleurie ” tourne court en 1985. Il prend alors la direction d’Erato Disques, cédé par Nicolas Seydoux (patron réel de la Gaumont) pour un franc symbolique. Il y poursuit son cycle film opéra et appose son nom à des comédies grand public (Grosse Fatigue de Michel Blanc). Mais l’après-Gaumont sera surtout marqué par le rôle qu’il joue au sein d’Unifrance Film international. Une association qui assure la promotion du cinéma français à l’étranger. C’est ainsi qu’il participe à de nombreux festivals internationaux, Marrakech en septembre dernier ou encore la Russie. Il était aussi vice-président du conseil de surveillance d’Arte, membre du nouveau conseil de l’Opéra de Paris, chroniqueur au “ Figaro Magazine ” et président de la cinémathèque de Toulouse. Et la liste est encore longue... Le monde du cinéma, les hommes politiques et de nombreux anonymes sont venus saluer une ultime fois ce découvreur de talent, samedi dernier, en l’église de la Madeleine à Paris. Il sera aussi à l’honneur le 22 février prochain lors de la cérémonie des Césars. Un hommage qu’il partagera avec son frère artistique Maurice Pialat, disparu le mois dernier.
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