Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Lire, Voir, Entendre
La Philatélie, toute une richesse Parimoine culturel

Auteur :
Publier le : February 20, 2003

Sous d’autres cieux, le timbre-poste est considéré comme une pièce historique à part entière, d’où l’intérêt qu’il suscite.  Au Maroc, les choses ne sont pas encore à ce niveau, et ce n’est pas, pour autant, les philatélistes marocains qui manquent. Certains de ces collectionneurs possèdent même des timbres d’une ampleur internationale. Quels sont alors les maux qui paralysent cette activité et empêchent son évolution, en tant que support reflétant la mutation des nations?

 

Il existe deux sortes de timbres-postes. Des timbres destinés à l’étude et la collection et d’autres voués au commerce et appelés, à ce titre, à être affranchis. Ce sont les timbres dentelés qui ont un équivalent en monnaie. Classé ou conçu par ordre thématique (la flore, la faune, les bijoux, les costumes ...), le timbre revêt une charge historique et sociale sans égale. Aussi, à travers  son évolution, on peut parfaitement lire celle d’un pays, puisque le timbre reflète les mutations que connaissent les nations. D’où l’intérêt qu’accordent certains pays à la Philatélie qui fait d’ailleurs l’objet d’études très poussées dans certaines universités occidentales. Cependant, force est de constater qu’au Maroc cette activité ne jouit malheureusement pas du même crédit. Et pour cause, un manque d’harmonisation et de collaboration faramineux existe entre Barid Al Maghrib (BAM) et les rares associations qui s’activent dans ce sens. “L’âge des membres de ces associations (50 ans et plus), y est certainement pour quelque chose”, précise en plaisantant,  M. Abdelmjid Ouariti, collectionneur et membre de l’Amicale des philatélistes de Rabat (APR), Association qui a vu le jour au début des années quarante.

Il existe donc quatre associations de philatélie au Maroc, précisément à Rabat, Fès, Tetouan et Casablanca, ainsi que des philatélistes, dont le Dr El khatib, ou encore M. Benaouda (ancien ambassadeur) qui détiennent de grandes collections de timbres.

Manque de motivation

Selon M. Ouariti, ce désintérêt est la conséquence de l’absence d’implication effective de Barid Al Maghreb dans les actions initiées par les associations, quand celles-ci font montre de dynamisme. “Le Club Moulay Driss des amateurs de timbres et de la poste a organisé une exposition sur le timbre au Maroc, agrémentée d’une journée de réflexion sur le thème de l’activité de cet important vecteur de civilisations à travers le temps . Cependant, cette initiative n’a pas rencontré l’écho escompté, parce que Barid Al Maghrib n’a tout simplement pas accompagné l’événement pour créer une émulation autour de cette activité” a ajouté M. Ouariti, avant d’enchaîner sur le manque d’énergie et de dynamisme où se cantonne l’APR, dont il est membre. “Il s’agit, il est vrai, d’une association très ancienne, mais pratiquement agonisante. L’actuel président, bien que grand philatéliste, manque terriblement d’initiative et de volonté pour donner sa juste valeur au timbre” avance-t-il, en affirmant que la situation d’irrégularité juridique de cette association serait la première question à soulever. Cette association  n’a pas  tenu son assemblée générale depuis au moins... 4 ans et n’a pas, non plus, vu  changer son président depuis près de 10 ans! Du point de vue juridique, cette association n’a donc pas de président !”, explique ce philatéliste qui a saisi par écrit , depuis près d’une année, aussi bien la Direction générale de Barid Al Maghrib que l’actuel président de l’association, M. Benaouda, mais sans qu’aucun feed back n’ait été enregistré à ce sujet. Dans sa correspondance à Barid Al Maghrib, M. Ouariti ne s’est pas empêché de faire des suggestions susceptibles de créer une dynamique dans le secteur. L’objectif étant de sensibiliser la société civile sur l’importance de la philatélie. Selon M. Ouariti, le timbre devrait être considéré comme un symbole qui reflète l’identité d’une nation, après le drapeau et la monnaie. “En tant qu’institution de tutelle, Barid Al Maghrib a un droit de regard sur l’association et doit amener les gens à faire mieux. L’association exploite même les locaux de Barid Al Maghrib, alors qu’elle n’est pas régularisée, donc officiellement...inexistante!”    

Par ailleurs, M. Ouariti soutient que le timbre est chargé d’une richesse culturelle et historique notable. C’est la galerie qui permet de conserver tout le potentiel esthétique et artistique d’une nation.

Propositions

Dans ce sens, le premier timbre postal du Maroc, qui a vu le jour en 1912, reflète bien notre identité arabo-andalouse et musulmane. Ce timbre affichait la mosquée “Issaouia”  à Tanger et la “Mozona” , monnaie de l’époque. Les timbres de la période post-indépendance retracent, de leur côté, une partie de l’histoire du Maroc, en répertoriant les monarques du Maroc depuis l’indépendance à ce jour. Ainsi, le timbre peut-il donner une idée sur le régime politique d’un État ou un événement particulier dans son histoire, aussi glorieux ou pénible qu’il soit. 

Partant, M. Ouariti estime que  les associations ne peuvent rien faire, seules. Il en est de même pour Barid Al Maghrib. “Ce qu’il faut c’est une collaboration entre ces deux potentialités pour créer une synergie autour de l’activité. Il faut une harmonisation pour mettre en place une stratégie  d’actions conséquentes et de sensibiliser l’opinion publique sur l’intérêt de la philatélie” Le Maroc, il est vrai,  possède de très beaux timbres qui doivent être mis en valeur. En effet, le timbre marocain s’est développé grâce à la présence simultanée au pays de 3 bureaux de poste étrangers (espagnol, anglais et français) depuis le 18ème siècle, au nord du Maroc. Il est donc indispensable de mettre en valeur notre patrimoine à travers ce minuscule papillon qu’est le timbre et qui est un parfait support pédagogique. A ce titre, il pense que c’est à Barid Al Maghrib  qu’incombe le rôle de mettre en exergue des événements ou des personnalités ayant marqué l’histoire du Maroc. “El Guerrouj était bien élu, et à deux reprises, par la Communauté internationale comme athlète de l’année.  Pourquoi alors ne pas le consacrer à travers une émission de timbre? Nous avons également des ténors de la musique andalouse qui représentent une véritable fierté pour le Maroc et qui pourraient aussi avoir la même faveur.”

In fine, il est temps de réhabiliter ce grand voyageur qu’est le timbre, car il demeure le plus grand porteur de messages, qui traverse toutes les frontières sans le moindre problème.



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com