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Les lettres de Camille Claudel Charles Gonzales

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Publier le : April 15, 2004

N’est-elle pas étrange et bouleversante, la manière qu’ont certains comédiens de s’approprier des personnages. Dans le spectacle «Charles Gonzales est Camille Claudel», le personnage féminin est incarné par un homme. C’est ainsi que Charles Gonzales devient Camille Claudel. Mais au niveau de cette pièce, le comédien ne joue pas Camille Claudel, il la restitue sans fard, en interprétant en finesse les lettres envoyées et reçues par Camille, de l’atelier à l’asile. Paradigme de l’artiste»maudite», à l’instar de son contemporain Van Gogh, son histoire de sculptrice est lié à celle de deux hommes célèbres: son maître et amant Rodin et son frère, le poète Paul Claudel.
Après avoir été présenté au théâtre par Anne Delbée, incarné au cinéma par Isabelle Adjani et chorégraphié par M.C Pietragalla, c’est au tour d’un homme, Charles Gonzalez de tenter ce pari audacieux et ô combien réussi!
C’est avec sa belle voix d’homme qu’il fait entendre un texte qui n’est pas une construction romancée de la vie de l’artiste mais une lecture de lettres choisies.
Il y a invention dans le choix de ces textes et l’intelligence de leur lecture. Les lettres retenues par Charles Gonzales font un parcours. Elles concernent la période de création et de liaison amoureuse, rares lettres à Rodin conservées, vient ensuite une lettre à son frère qui raconte ses projets et des lettres aux commanditaires ; puis celles qui disent la persécution, des lettres à Eugène Blot pleines d’esprits ; enfin, les lettres de Montdevergues, racontant dans un style très pur les conditions terribles de son enfermement, appels pour la plupart adressés à sa mère. Dans ce spectacle, Camille Claudel représente l’histoire d’un échec que toute une époque peut se reprocher. C’est aussi l’histoire d’une jeune femme trop belle, trop douée, trop volontaire, l’histoire d’un formidable sculpteur naufragé, d’un inadmissible orgueil. Charles Gonzalès est la folie de Camille.
Il ne la trahit pas, ne la travestit pas, il pense, vit, se déchire et se déplace comme le fit Camille.
Il nous la livre dans toute sa nudité, dans toute sa puissance déchue, cherchant par instant une pose, un réflexe oublié, sans maquillage, sans afféterie, touchant ce qui est au centre du mystère Camille Claudel, ce sur quoi elle viendra se briser, la création à tout prix malgré la haine des femmes et la lâcheté des hommes.
Un grand moment de théâtre à ne pas manquer
-Le mardi 20 avril à 20h30 au théâtre 121 de l’Institut français de Casablanca
-Mercredi 21 avril à 20h30 au parc Hassan II d’El Jadida
-Vendredi 23 avril à 20h30 à l’Institut français d’Agadir.



 

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