| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Dans le monde de l’Art et de la Création, pas de place à la médiocrité Dixième édition du SIEL 2004 |
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A travers cette grande exposition culturelle et commerciale, un grand hommage a été rendu pour la première fois dans l’histoire du Salon, aux pays de l’Amérique Latine, avec comme invité d’honneur; le Mexique. C’est effectivement en ce jeudi 12 février 2004, que Mme Seri Bermudez, ministre Mexicaine de la Culture, a inauguré l’espace réservé aux peintres de son pays. La journée du vendredi 13 février, déclarée journée mexicaine, a énormément enchanté un large public venu explorer et découvrir une petite parcelle de la culture du Mexique. Deux tables rondes ont animé l’ouverture du SIEL 2004: «Culture et Modernité, la pensée de l’autre rive», «Pour un pont entre le Mexique et le Maroc», ainsi qu’une rencontre avec deux grands écrivains venus du pays du «paréo», George Rowis Dounias et Alberto Roui Sanchez. En comparaison avec les éditions précédentes, le SIEL 2004 a connu une massive participation d’entreprises nationales et étrangères ayant trait à tous les domaines qui ont un rapport direct avec le monde du livre, l’édition, la librairie, la presse, la distribution, la publicité... Le Salon International de l’Edition et du Livre 2004 a été caractérisé par un programme d’animation pour les jeunes et les moins jeunes. D’ailleurs un espace de 2500 mètres carrés a été réservé pour les rencontres avec artistes, écrivains, poètes... Plus de 600 exposants ont été présents pour cette édition 2004. Liban, Palestine, Algérie, Egypte, USA, France, Canada, Chili, Suisse, Cameroun, Pérou, Sénégal, Guinée, Argentine...plus de 46 pays ont pris part à cette édition. Un hommage a été rendu aux grands créateurs qui viennent à peine de nous quitter, Kacimi, le peintre, le poète, Choukri, le seigneur du «Pain Nu» et Edouward Saïd. Des affiches sur lesquelles figurent les photos des créateurs disparus, Octavio Pazz, Pablo Neruda, Kacimi, Choukri, auréolaient l’espace de la Foire Internationale de Casablanca. Ne mourra celui que l’oeuvre éternisera. Etait présent également à cette 10ème édition du SIEL 2004, le ministre Libanais de la Culture , Mr Ghazi Al Aridi qui a animé une conférence sur le thème «Les interrogations de la Culture Arabe et les transformations de la réalité actuelle». Dans le cadre de la célébration du centenaire de la naissance de Pablo Neruda, une table ronde intitulée «La présence de Pablo Neruda dans la poésie arabe», a été organisée, en présence de l’Ambassadeur du Chili au Maroc, Mr Alexandro Karfakhal. Le public se plaint encore une fois des prix élevés des livres les plus intéressants, littérature, économie, droit, linguistique, poésie, philosophie...sans parler bien entendu des livres d’art qui demeurent inaccessibles au commun des mortels. Cependant, enfants et adules ont manifesté leur joie et leur satisfaction quant aux prix des livres pour enfants: «Par rapport aux autres années, il y a quand même un grand progrès quant aux livres pour enfants, les prix sont abordables, la qualité du papier, les illustrations, le contenu...Malheureusement, en tant que parents, on continue de souffrir de toutes ces erreurs, coquilles et des fois même, fautes, qui figurent sur les livres destinés à nos enfants.», Déclare un visiteur. Certes le SIEL 2004 est une belle aventure, une charmante promenade dans l’univers des livres, une invitation à la lecture, au voyage à travers des fictions imprégnées des cultures du monde, l’univers paradisiaque de la poésie, les voix d’une multitude de personnages, les pensées des philosophes, les grandes doctrines et théories qui caractérisent la pensée des hommes, le monde de l’Art...mais derrière cette beauté, pullule un grand nombre d’interrogations. Entre autre la problématique de financement dont souffrent les maisons d’éditions, le manque de savoir et de techniques toujours au niveau du secteur de l’édition et de la publication, l’insuffisance du soutien gouvernemental, une tradition de la lecture qui n’est pas encore profondément ancrée dans le quotidien des Marocains, l’absence d’un circuit de distribution couvrant tout le territoire, le manque de professionnalisme au niveau des libraires, censées êtres les principaux conseillers du lecteur, la rare participation des professionnels du livre dans les salons étrangers, la publication et la promotion de livres qui ne relèvent pas du thème de «la littérature et du mensonge», mais plutôt du monde des chimères et du leurre littéraire et qui n’honorent nullement l’image de la création littéraire nationale. Ilham Khalifi
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