| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | La danse des cultures «Si loin, si près» |
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Ce ne sont ni les frontières, ni les visas, ni les différences de couleurs et de races, ni la diversité des cultures et des langues, qui séparent les individus. Le dialogue entre les cultures, entre les peuples, entre les hommes a existé, existe et existera toujours . Seuls des politiques, des idéologies, des hommes d’états bestialement hantés par le Pouvoir, font naître entre les habitants de la planète Terre, des animosités, des haines, des intolérances insensées. «Si loin, si près», un spectacle de chorégraphie chinoise , de musique berbère a vu le jour. Une manière d’affirmer que l’éloignement géographique ne serait jamais un véritable handicap pour que s’entame un dialogue entre les cultures. A l’écoute de certaines musiques berbères (amazighe), ce qui semble traverser la chair et la peau du chorégraphe Gang Peng, ce n’est pas un sentiment d’amour, de gaieté ou de tristesse, ni aucun autre reflétant la couleur d’une émotion particulière, c’est totalement indéfinissable et indéchiffrable. Peng déclare à ce propos: J’existe là, simplement, comblé. La Chine et le Maroc, la danse avec une mémoire imprégnée de traditions et de culture chinoise et la musique berbère, l’Orient et l’Afrique, deux continents, dansent et communiquent par le langage musical. «En découvrant la musique berbère, j’ai tout de suite été saisi par un rythme diamétralement opposé à tous ceux qui m’étaient familiers, une évidence qui frappe le dedans du corps, bouleverse les sens, éveille l’instinct». Ce que Gang Peng souhaite explorer dans cette pièce, c’est de vivre, et partager une présence à la fois familière et étrangère, interroger les traces de l’histoire à travers la musique et leur écho sur son corps, notre corps d’aujourd’hui. A l’issue de la première phase de recherche, Gang s’est arrêté sur l’instrument Rabat, joué par le musicien Abdellah Hanned. Chaque son que cet instrument dégageait, d’une corde vibrée faisait vibrer le corps de danseur autant que son esprit: «Les caractéristiques sonores de cette culture me parlent de son énergie, de sa nostalgie, de ces peuples qui vivent sur une terre jaune. Elles m’évoquent aussi ces peuples de l’Atlas et des peuples vivant sur les steppes de la Mongolie et même jusqu’à la frontière tibétaine. «Si loin, si près», je danse naturellement pour ces peuples apparemment si éloignés». I.K.
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