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Hammouda, Dans nos cœurs, tu resteras gravé

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Tu nous a quittés, meurtri, comme les feuilles vertes dentelées d’un orme détruit par la vilaine graphiose. Tu nous a quittés sans trop faire de bruit, laissant derrière toi, endeuillées trois familles, celle où tu es né et que, très jeune tu as prise en charge, celle des artistes qui t’ont côtoyé et celle de ton public, dont je fais partie et qui t’ont beaucoup aimé.
Le dernier souvenir qui a tatoué nos mémoires, tellement émouvant, Hammouda, enfant précoce, jeune comédien, au sourire large et malicieux, est cette image diffusée, il y a quelques mois sur l’émission  «Massae Al Fann», d’une personne qu’on n’a pas reconnue ou qu’on ne voulait pas reconnaître, ayant été  rongée et métamorphosée par une impitoyable maladie. On te savait condamné, mais on continuait d’avoir foi en toi et en la bonté de quelques âmes généreuses, qui pouvaient éventuellement te sauver des griffes qui se cramponnaient à toi, jour après jour de ce satané  mal. Tu as été l’exemple des artistes engagés et responsables, sérieux, amoureux et respectueux du domaine de la Création. Tu n’avais que vingt printemps et comme disait Corneille dans «le Cid» : ...la valeur n’attend point le nombre des années». Hammouda, comptait dans son répertoire, deux longs métrages: «Jugement d’une femme» et «Chifah Assamt» de Hassan Benjelloun, le feuilleton, «Douair Z’man, le Sitcom «Lalla Fatem 2 et 3» et enfin «Alif Lam».
Ta mort n’est pas uniquement un destin, mais une fois de plus, le miroir d’une réalité amère, celle d’artistes, amenés malheureusement à quémander pour survivre. La plupart de nos artistes, les vrais, meurent dans la misère et l’oubli. Cessera-t-on un jour de parler de nos artistes au passé seulement, et dire, bien après que la messe soit dite: «c’était, un grand écrivain, peintre, comédien, musicien...», car le «SI» et le «C’ETAIT», n’ont jamais ramené tous ceux qu’ont a enterrés.  
De toi, Hammouda, l’on aurait appris comment faire face à nos responsabilités, affronter courageusement la pesanteur de la  Vie et comment toujours avec le même courage accueillir l’Ange des Ténèbres. Tu nous a appris comment continuer à avoir l’espoir tout en étant au seuil du précipice. Et quand dans notre mémoire, on désirerait te retrouver, c’est de cet enfant joufflu, de l’artiste doué que tu fus, qu’on se rappellerait.

Ilham Khalifi



 

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