| | Articles » Lire, Voir, Entendre | | Les jeûnes facultatifs dans la tradition musulmane (Première partie) |
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Sache que le jeûne [surérogatoire] peut se pratiquer d’une manière meilleure certains jours qui se trouvent répartis soit au long de l’année, soit chaque mois, soit chaque semaine. Dans l’année, après les jours du mois de Ramadân, les plus favorables sont : la journée de ‘Arafa [le neuf du mois de dhû-al-hijja] et celle de ‘Ashoura [le dix du premier mois de l’année islamique appelé Muharram], ainsi que dix jours du mois du Pèlerinage (dhû-al-hijja), et les dix premiers jours de Muharram. Tous les jours des mois sacrés, sont considérés comme des temps privilégiés pour le jeûne. «L’Envoyé de Dieu - sur lui la grâce et la paix - faisait de nombreux jeûnes pendant le mois de Sha’bân, [un des mois sacrés, le huitième de l’année lunaire musulmane] au point qu’on pouvait penser qu’il s’agissait du jeûne de Ramadân.» D’après une nouvelle remontant au Prophète: «les jeûnes les meilleurs après ceux accomplis durant tout le mois de Ramadân sont ceux de al-Muharram», le mois d’Allâh, car ce mois inaugure l’année. Or commencer l’année avec le bien est meilleur et laisse espérer davantage de bénédictions permanentes. Le Prophète - sur lui la grâce et la paix - a dit : «Le jeune d’un seul jour d’un mois sacré est meilleur que trente jours d’un autre mois et le jeûne d’un seul jour de Ramadân comporte plus de grâces que trente jours d’un mois sacré» D’après une tradition remontant au Prophète on ne pratiquait plus le jeûne pendant la seconde moitié du mois sacré de Sha’bân jusqu’au mois de Ramadân. [C’est-à-dire pendant une période de quinze jours]. Pour cette raison, il est recommandé de rompre pendant quelques jours avant l’arrivée de ce dernier mois bien que joindre [par un jeûne continu] les deux mois en question est licite. Puisque le Prophète - sur lui la grâce et la paix - l’a pratiqué [au moins] une fois. Mais souvent il faisait une rupture dans la continuité du jeûne entre ces deux périodes. Il n’est permis de jeûner deux ou trois jours avant le mois de Ramadân que si on se l’est proposé dans une suite régulière. Certains Compagnons désapprouvaient de jeûner tout le mois de Rajab. [Un des autres mois sacrés] pour ne pas l’assimiler au jeûne du mois de Ramadân. Les mois d’excellence pour jeûner sont : Dhû-al-Hijja, [le dernier mois de l’année], al-Muharram, Rajab et Sha’bân. Les [quatre] mois sacrés sont : Dhû-al-Qa’da, Dhû-al-Hijja, al-Muharram [qui se suivent dans le calendrier lunaire] et le mois isolé de Rajab. Pendant ceux-ci, on peut pratiquer le jeûne par jours isolés ou par une série de trois jours. Les jeûnes les plus favorables se font pendant le mois de Dhû-al-Hijja car le Pèlerinage s’y effectue et les jours dits connus et comptés s’y tiennent. Dhû-al-Qa’da, un des mois sacrés, fait aussi partie des mois de Pèlerinage ainsi que le mois de Shawwâl, ce dernier mois n’étant pas sacré. [Ils sont considérés comme mois de pèlerinage du fait qu’il est possible de se mettre en route pour le Pèlerinage et qu’on en revient respectivement pendant les mois en question]. Les deux mois de al-Muharram et de Rajab ne sont pas considérés comme des mois de Pèlerinage. D’après une tradition prophétique : «il n’y a pas de jours dans lesquels l’acte est plus méritoire et plus aimé d’Allâh - que Sa Gloire et Sa Majesté soient proclamées - que pendant dix jours de Dhû-al-Hijja, car assurément le jeûne d’une de ces journées équivaut à celui d’une année et la veille d’une de ces nuits est l’égale de celle de la Nuit du Destin (laylat al-Qadr)» Alors quelqu’un demanda : «Et le combat (jihâd) dans la Voie d’Allah ne lui est-il pas équivalent» Le Prophète répondit : «Pas même le combat dans la Voie d’Allah à moins que celui qui combat ne coupe les jarrets de son cheval [pour ne pas fuir] et ne répande son sang !» Les Jours de jeûne (plus méritoires) qui se répètent chaque mois sont le premier, les trois consécutifs du milieu - ceux qu’on appelle jours blancs, les treizième, quatorzième et quinzième - et le dernier. Les jours de jeûne pratiqués en semaine les plus favorables sont les jeudi et vendredi pendant lesquels il est recommandé de multiplier les bonnes oeuvres afin d’accroître abondamment la récompense qui est attachée à ces moments bénis. Le jeûne dit perpétuel (çawm al-dahr) enveloppe toute l’année et est considéré comme un renchérissement (ziyâda). Ceux qui progressent dans la voie spirituelle (sâlikûn) y trouvent une discipline efficace (turûq), bien que certains désapprouvent une telle pratique pour deux raisons : - La première, en vertu de certaines traditions remontant au Prophète, qui déconseillent ce procédé puisqu’on ne rompt pas le jeûne à l’occasion des deux fêtes, [celle qui suit immédiatement la fin du mois de Ramadân, le premier de Shawwâl, et celle qui suit le jour de ‘Arafa, pendant les dixième, onzième, douzième, et treizième jour du mois de dhû-al-hijja]. Tel est le jeûne perpétuel intégral. - La seconde raison, du fait que celui qui le pratique désire s’éloigner de la Règle prophétique (sunna) en matière de rupture du jeûne. Le jeûne a été institué pour réfréner (les passions) de l’âme, bien que Dieu aime qu’elle expérimente le caractère tant facile qu’exigeant du jeûne. À suivre Ahmed Rachik
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