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Marcel Khalifa, une musique éternellement verdoyante

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Takassim est la nouvelle création du grand luthiste, chanteur, compositeur, et poète Marcel Khalifa. C’est la fleur de précipice vers laquelle il tend la main depuis longtemps, mais avec laquelle il n’osait pas encore s’aventurer. Il a donc fini par oser au niveau de cette nouvelle œuvre qu’est “Takassim”. Ce sera un beau mariage dans l’entente et la complémentarité et c’est dans ce sens qu’il déclare: “Je confie aux deux tessitures du Oud et de la contrebasse le soin de dire la complicité profonde du musicien”.
Pénétrez le baobab de la chanson «marcelienne» et vous verrez scintiller et miroiter les éternelles prémices d’une poésie et d’une musique éperdument engagées. Un chant qui, de par sa mélodie, ses  airs, son attachement à la cause palestinienne en particulier et humaine dans son ensemble, un quotidien poétisé, vous entraîne jusqu’aux limites d’une jouissante amnésie.
Pour qui s’élève cette voix débordant d’une chaleur, d’une sincérité et d’une sagesse exquises? Qui fait bouger ces doigts fiévreux qui, sur des cordes ensanglantées par l’injustice, s’agitent?
N’est-ce pas lui, Marcel Khalifa qui chante avec une mélancolie simplement humaine, «Qu’ils me manquent, le café et le pain de ma mère!». «Quand je me remémore le pain de ma mère, de la mère, de toutes les mères, j’éprouve une tristesse profonde et mélique, mêlée à une joie que je ne saurais  expliquer». Marcel, la mélisse, «l’oiseau-lyre» de la chanson arabe sincèrement et pleinement engagée, laquelle demeure pour lui, l’ultime traduction de l’espoir et du rêve de la démocratie et de la liberté. «Elle est la transposition et la mise en scène des difficultés quotidiennes du citoyen qui voudrait gagner sa vie, dignement». Savourez les mots, les rythmes crées par Marcel, et vous verrez se hisser des toiles aux couleurs toujours et éternellement verdoyantes s’abreuvant de sources, appelées; Amour, Paix, et justice. La chanson de Marcel est cet oasis vermillon, arrosé par la limpidité du sang des innocents. Elle dénonce , accuse toutes les formes d’intolérance. Elle s’insurge contre les pensées avides de pouvoir. Elle s’inscrit dans l’avenir et le célèbre continuellement. «Ma chanson est celle d’un avenir meilleur. «Ghitta» qui fut écrite depuis plus d’une vingtaine d’années est encore fredonnée par les jeunes d’aujourd’hui». C’est entre ‘Ghitta», les yeux du chanteur et un fusil qu’un homme se baisse et prie devant l’autel de ces yeux, couleur de miel. Khalifa, dresse le portrait du chant de la vie. Et de chaque goutte de sang, Marcel fait naître des tulipes d’une blancheur aveuglante. Comment faire entendre la voix des démunis, des déshérités? Comment échapper au silence imposé, si ce n’est par le chant et la musique?

I.K.



 

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