La Nouvelle Tribune: Vous êtes linguiste ou plus précisément philologue de formation. Vous faites des recherches au niveau du rapprochement entre les langues. Comment s’explique ce choix?
Abdelhek Hamam : La pluralité des langues me fascine énormément. A travers des études comparatives, l’on se rend compte qu’il ya une similitude sur le plan phonologique et phonétique. Sur un plan aussi bien diplomatique que politique, je pense que ces études sur les classifications des familles de langues est très importante du fait qu’elle peut effectivement contribuer au rapprochement des peuples.
Le Festival du Théâtre Universitaire de Casablanca a depuis sa première édition, toujours été un moyen de rapprochement entre des jeunes venus de partout dans le monde, qu’en pensez-vous?
Le rapprochement le plus important se situe au niveau de la communication entre des étudiants marocains et étrangers. les différents ateliers programmés lors de chaque session, animés par des professionnels du domaine du théâtre, les spectacles interprétés dans différentes langues facilitent le rapprochement des différentes cultures. La langue n’a jamais été un réel handicap quant à la compréhension des spectacles.
Vous êtes Directeur du Festival du Théâtre Universitaire International, depuis déjà trois années consécutives. Pensez-vous avoir réussi à réanimer et ramener ce festival à la vie.
J’ai assisté à presque toutes les autres sessions. En toute sincérité, mon arrivée a coïncidé avec tous les changements qu’a connus notre pays ces derniers temps. J’ai toujours considéré le Festival comme un acquis pour la ville de Casablanca, pour les étudiants et pour le pays. vous savez que c’est un Festival connu mondialement. J’ai rencontré un peu durant mes voyages des jeunes qui me demandaient comment ils pourraient y participer .
Les toutes premières éditions du Festival ont été sponsorisées par plusieurs grandes boites, notamment, les brasseries, Sidi Ali, certaines agences de communication, la Commune ... mais surtout le ministère de la Culture. Comment s’explique cette absence, sachant que durant tous les festivals programmés en 2003 le ministère était présent aussi bien matériellement que moralement?
La presse a toujours écrit depuis mon arrivée comme quoi, j’étais le sauveur de ce Festival. Je suis énormément désolé de l’absence du ministère de la culture. c’est navrant et très triste. Je tiens à dire que cette année le grand mérite revient et je l’affirme avec toute franchise, à nos étudiants, à ce jeune staf qui veille à l’organisation du FITUC. Et je le redis encore une fois, c’est le Festival des étudiants. Ce sont eux les véritables anges gardiens du théâtre universitaire.
Comment a-t-on pu perdre confiance en un Festival qui autrefois faisait couler beaucoup d’encre?
Vous avez effectivement répondu à la question en parlant de ce problème de confiance. J’ai ici la liste des sponsors qui ont accompagné le festival depuis sa création. Ce sont comme vous dites les grosses boites qui ont accompagné pendant des années le festival. Mais comme on le sait, il y a eu des abus... Mais je pense qu’il faut rester optimiste. Je pense qu’il faut essayer de faire comprendre aux responsables que ce genre de festivals pourrait jouer un rôle très important quant au développement pas uniquement culturel et intellectuel, mais politique et économique de notre pays. On ne peut pas parler de la réforme au sein des universités et mettre de côté les activités culturelles.
Que dire du budget?
Je tiens à remercier le ministère de l’Enseignement supérieur qui nous a accordé 300 mille Dh et l’Union Européenne qui nous a octroyé une aide de 150 mille Dh.
Avez-vous une vision future concernant la prochaine édition du FITUC?
Je pense intégrer un grand nombre d’étudiants dans la préparation de la prochaine session 2004. On vient de créer au sein de la Faculté un espace réservé à la presse, aux étudiants. Un endroit de concertation, d’échange d’idées, de visions, d’opinions... Mais comme je l’ai dit au début, il faut savoir rester optimiste.
Ilham Khalifi
Bref aperçu sur Abdelhak Hamam
Abdelhak Hamam est né le 19/10/1959 à Casablanca.
Ses diplômes: -PhD English en Philologie au State University, Moscow (USSR); 1987-89, un MA English, State University Maurice Thorez 1985/86 et un Master of Arts en Pédagogie, traduction et interprétation linguistique.
Il est Doyen de la Faculté des Lettres Ben M’Sik, Université Hassan II depuis 2000.
Ses expérience professionnelle
-1992-1997 professeur d’anglais et de traduction
-1991-92 institut des langues étrangères- Maurice Thorez
-1988-1990 Attaché au département de traduction, Genève