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Nouveaux témoignages de disciples de Sidi Hamza Paroles soufies

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Le travail spirituel est une œuvre de longue haleine, qui exige patience et persévérance. Il ne faudrait pas croire que tout va changer en claquant des doigts, simplement parce que l’on se rattache à un guide vivant. Si le secret divin est effectivement tout entier contenu dans le pacte initiatique, il nous appartient ensuite de le découvrir par nous-mêmes, et de le faire fructifier. “La sagesse est dans le cœur. Celui qui veut avoir de l’eau dans son puits doit creuser. Plus il creuse, plus l’eau est abondante. S’il arrête de creuser, l’eau ne dépasse jamais le niveau initial ”, explique Sidi Hamza. Il nous faut purifier notre cœur, et ceci exige beaucoup de travail. Ce qui permet d’accomplir ce travail, c’est notre aspiration spirituelle. “ Certains viennent à moi avec une demande comparable à un dé à coudre, et je remplis ce dé à coudre. D’autres viennent à moi avec une demande comparable à un océan, et je remplis cet océan : à chacun selon sa demande ” nous dit Sidi Hamza. Le Shaykh est ainsi l’échanson qui verse le vin spirituel dans la coupe de notre cœur, selon sa capacité à recevoir et l’intensité de notre soif de Dieu. Cette soif d’ailleurs ne fait qu’augmenter, au fur et à mesure qu’il nous est donné de goûter à ce vin : “ A un certain degré, le besoin de Dieu devient comparable au besoin d’assistance qu’éprouve une personne en train de se noyer, et qui appelle désespérément au secours. Ce besoin détruit tout désir autre que Dieu ”. C’est donc ce besoin, cette énergie, qui va nous faire cheminer. Car Dieu répond à l’appel de son serviteur. Et le Secours divin qui en résulte devient de plus en plus tangible, de plus en plus concret, pour celui qui veut bien ouvrir les yeux. Certaines choses qui paraissaient impossibles auparavant se mettent en place d’elles-mêmes, sans que l’on ait le sentiment d’avoir fait un effort, et lorsqu’un jour on  regarde en arrière, on est surpris de constater le chemin parcouru.
Il ne s’agit pas de s’imposer des choses trop difficiles, mais d’accepter de se laisser guider, tout en restant vigilant par rapport aux ruses de notre ego. Comme on le dit souvent dans cette voie, il s’agit de “ faire ce que l’on peut, et un peu plus ”. Il faut éviter de se bloquer sur tel ou tel point de fixation, il vaut mieux laisser les événements aller d’eux-mêmes par la volonté de Dieu, tout en restant fermement ancré dans ses pratiques. Pour celui qui veut dompter son âme, il n’est pas question de la brusquer et de la forcer au risque qu’elle se brise, mais seulement de veiller à maintenir une certaine tension spirituelle, suffisante pour l’empêcher de s’abandonner à ses passions. Ici comme ailleurs, le résultat est entre les mains de Dieu. Et si l’on peut véritablement parler de combat lorsque l’on évoque ce cheminement au niveau de l’âme passionnelle, on ne peut plus parler que d’amour lorsqu’on l’examine sous le rapport de la grâce divine.
On dit souvent que “ l’amour est la couronne des œuvres ”. Ceci revient à dire que d’une certaine manière, toutes les pratiques que nous venons d’évoquer n’aboutissent en fait qu’à une chose, à allumer et à renforcer dans le cœur du disciple la flamme de l’amour divin. Une fois que cette flamme s’est allumée, alors elle brûle tout, et les notions mêmes d’effort ou de travail perdent tout leur sens. Cela ne signifie pas que les pratiques sont alors abandonnées, mais qu’elles deviennent ce qu’elles sont vraiment, c’est-à-dire des actes d’adoration. Pour citer à nouveau notre guide (mais qui mieux que lui pourrait nous éclairer sur ces choses ?), “ La mer se forme, la pluie tombe sur la mer, qui devient houleuse et déborde sur le rivage, sur le sable, et tout ce qui se trouve devant elle est emporté. Alors il ne reste plus que la mer. C’est ainsi que Dieu, le jour où il veut faire bénéficier Son serviteur de Sa Grâce, insuffle dans son cœur un souffle d’amour ”. “ C’est l’amour qui met les cœurs à l’œuvre, en mouvement, qui fait agir. L’amour est la monture des esprits, c’est à travers lui que l’on connaît toute chose ”. “Quand l’amour habite dans le cœur, on éprouve une saveur dans tout ce que l’on fait. Rien ne parait difficile, on tire profit de tout ce qui nous arrive. Ceci vient du fait que grâce à l’amour, le voile qui nous sépare de la réalité devient de plus en plus tenu. On éprouve une joie profonde du fait de cette proximité, et on est alors envahi par la perception de la beauté. Le monde est comme une ombre éphémère; l’ombre est une chose qui ne perdure pas. Le soleil se lève sur un objet et cela fait de l’ombre pendant un moment, et puis cela se dissipe. C’est la même chose pour ce monde par rapport à la réalité ”.

Par Ahmed Rachik



 

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