La Nouvelle Tribune : Certains cites historiques à Méknès ont été classés par L’UNESCO, Patrimoine Mondial. Cependant la plupart de ces sites, les remparts par exemple continuent de tomber en ruine.
Ameur Hamid: C’est seul le ministère de la Culture qui, en principe, prend en charge la restauration de ces monuments. Mais avant toute chose, les monuments appartiennent d’abord à la population, donc aux Communes. Mais malheureusement, la Commune ne fournit aucun effort en matière de restauration. Contrairement aux villes de Marrakech, Fès, El Jadida... Car le ministère ne peut continuer de s’occuper à lui seul, de la tâche de la restauration. Pendant les deux dernières années, à titre d’exemple, 10 millions de DH ont été consacrés à la restauration de certains monuments à Méknès. Et c’est loin d’être suffisant. Avec l’appui de M. El Wali, des négociations sont en cours avec la Banque Mondiale pour essayer d’élaborer un plan de sauvegarde.
En tant que Délégué de la Culture à Méknès et Inspecteur des Monuments historiques, pensez-vous que d’autres acteurs doivent contribuer à la tâche de la restauration et de la sauvegarde ?
Pour faire face à toutes les demandes, il faudrait faire appel au mécénat. Il n’y a pas de mécénat à Mèknès. Pas de partenariat...Les communes sont pauvres. Il faut que d’autres ministères mettent la main à la patte: le ministère de l’Habitat, du Tourisme et pourquoi pas celui de l’Artisanat...
Une restauration doit être avant tout professionnelle, elle doit répondre aux normes internationales, être plus au moins fidèle à l’histoire du site. Cependant à Méknès ce n’est pas toujours le cas et c’est d’ailleurs un phénomène propre à la restauration en général au Maroc.
Nous avons pris les mesures nécessaires pour que la reconstitution puisse répondre aux normes de restauration en vigueur...
Si on prend les remparts à la sortie du Palais Royal, ils ont été restaurés tout récemment. Ils sont en train de s’effriter...
Vous voulez parler du côté droit en sortant du Palais. La dégradation est assez vieille. On y a posé une porte métallique. On a rebouché avec du ciment. Nous n’avons pu récupérer que ce qui pouvait être récupérable. le mortier utilisé répond parfaitement au mortier ancien, à savoir qu’il n’ y a pas de ciment. Chose qui est tout a fait interdite par l’UNESCO et par la charte de restauration de Rome.
Et les remparts de Moulay Ismaël, ils continuent de tomber en ruine...Au quartier Zitoun, où la chute du grand mur a causé des dégâts, il y a quelques années, celui des anciens combattants...
IL s’agit de 40 kilomètres de remparts. C’est immense. C’est un travail qui ne peut se faire en une semaine... Il faut compter des années et des années. C’est pour cela que j’ai parlé tout à l’heure d’une mobilisation de l’ensemble des acteurs locaux, tous ceux qui doivent participer à la revalorisation du patrimoine national.
En attendant Méknès est en train de se délabrer.
Les négociations avec la Banque Mondiale sont très avancées. Si par bonheur le prêt nous était accordé, on pourrait sauver la plupart des sites de la capitale ismaëlite.
Propos recueillis par
Ilham Khalifi