Après avoir été longtemps éclipsé par son ministre de tutelle, Mohamed El Gahs, Secrétaire d’État chargé de la Jeunesse, sort de l’isolement par une campagne médiatique des plus fortes en cette période estivale. Attendue, la conférence du mercredi 18 juin à Rabat, l’était sur tous les plans. Car il était question de l’annonce des mesures prises pour l’organisation des prochaines colonies de vacances. Placée sous le signe «vacances pour tous», cette opération semble être un véritable défi pour le nouveau Secrétaire d’État chargé de la jeunesse puisqu’il est question d’en faire bénéficier près de 100 000 enfants. «Le défi (vacances pour tous) marque notre objectif de généralisation de l’accès de l’enfance et de la jeunesse marocaine à des vacances, quels que soient le niveau social ou le lieu de résidence», devait annoncer le ministre, en guise d’introduction. La couleur étant ainsi annoncée, il n’a cessé de souligner, tout au long de son intervention, sa volonté de traduire dans les actes le programme gouvernemental en matière d’encadrement et de divertissement de la jeunesse marocaine. D’ailleurs, le fait que le nombre de bénéficiaires ait atteint, au titre de l’année 2003, près de 100 000 enfants contre 49 000 auparavant atteste bien que El Gahs n’entend pas y aller de main morte dans ce domaine. Pour ce faire, il compte réhabiliter et élargir la capacité d’accueil des colonies de vacances et des centres d’accueil existants. Les mots ne manquent pas non plus pour qualifier sa démarche : «Action de masse par excellence», «démarche de proximité». L’autre aspect important, et non des moindres, de cette mobilisation est la volonté du nouveau ministre de faire des colonies de vacances un lieu d’apprentissage et de formation, le tout dans une ambiance bon enfant. Pour ce qui est de l’opération «vacances pour tous» proprement dite, elle va se dérouler au niveau des Centres permanents, des Centres urbains et des internats d’un certain nombre de collèges et lycées. Le nombre des Centres permanents des colonies de vacances est passé de 27 à 31 après que le Secrétaire d’État ait procédé à l’ouverture de 3 nouveaux ensembles à Foum El Oued à Laâyoune, à Sidi Rahal (Settat) et à El Hajeb. Dans le même cadre, des travaux d’aménagement ont été lancés dans la plupart des sites depuis mars 2003 pour la construction des plates-formes (sur lesquelles les tentes seront installées). Même constat de grandeur au niveau des Centres urbains de colonies de vacances, leur nombre passera de 17 à 30 pour la prochaine saison. Ce réseau a été également renforcé par 12 nouveaux sites. Leur capacité a atteint 30 800 bénéficiaires. Sur le plan de l’amélioration des conditions d’accueil, il faut dire qu’un progrès a été accompli puisque des mesures ont été prises dans ce sens. D’ailleurs, comme l’explique El Gahs, les conditions d’hygiène et de sécurité ont été fixées autant pour les services du Secrétariat d’État chargé de la Jeunesse que pour le mouvement associatif par le biais d’un cahier des charges et d’une charte étique. Mieux, 9 700 personnes sont mobilisées pour assurer l’encadrement. En effet, pour garantir la réussite des colonies de vacances, le Département de la Jeunesse veille à dispenser annuellement une formation adéquate aussi bien aux cadres proposés par les associations œuvrant dans les domaines de la jeunesse et de l’enfance que ceux bénéficiant de l’action directe de Département. Un autre volet, salutaire de cette opération, est l’inclusion des enfants de régions enclavées. À ce niveau, et pour permettre l’accès aux vacances à cette catégorie de la population , les services du Secrétariat d’État chargé de la Jeunesse se chargent directement de cette opération par l’action directe. Enfin, le budget global consacré à l’opération «vacances pour tous» est de l’ordre de 27 009 131 dirhams. Pour sa part, le budget de fonctionnement est de 20 246 031 tandis que celui consacré à l’investissement est d’environ 6 763 100 dirhams. De l’avis de tous, cette opération d’envergure est de nature à faciliter l’intégration, la cohésion sociale. Les événements tragiques du 16 mai sont là pour le dire crûment.
M.S.
Qu’en est-il des maisons de jeunes
Il y en a près de 303 dont 198 en milieu urbain et 105 en milieu rural. Elles sont fréquentées annuellement par environ 3.857.194 jeunes. Trois millions (3.000.000) bénéficient des activités de rayonnement et 740.000 des activités permanentes. Il s’agit d’espaces socio-éducatifs destinés aux associations de jeunesse et aux jeunes de quartiers pendant leur temps libre.
Leurs activités visent l’épanouissement de la personnalité du jeune et son adaptation à la vie moderne en lui donnant les moyens de s’exprimer et de développer ses connaissances et ses aptitudes. Les maisons de jeunes constituent des espaces de rayonnement des activités de jeunesse et un lieu de rencontres et d’échanges d’idées où se concrétisent aussi bien les activités entreprises par l’État au profit de la jeunesse que les initiatives prises par les associations en faveur des jeunes dans une atmosphère de coopération, de compréhension et de collaboration. Outre les activités éducatives, culturelles et artistiques, des cours d’alphabétisation sont dispensés au sein de ces établissements. Le nombre de bénéficiaires de cette action est de l’ordre de 18.000 par an.