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Casablanca veut, enfin, préserver son patrimoine Architecture

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Publier le : January 23, 2003

Depuis sa nomination à la tête de la Wilaya de Casablanca, M. Driss Benhima fait preuve d’un dynamisme et d’un pragmatisme sans conteste. Plusieurs chantiers ont vu le jour au sein de la ville de Casablanca. Dans cette lancée, la Wilaya , l’Agence Urbaine et certaines Association ont recensé quarante sept bâtiments pour être classés comme monuments historiques. Selon un architecte de la ville, Casablanca a une grande histoire et son passé récent est riche en événements. Elle possède autant d’atouts que d’autres métropoles mondiales. “La capitale économique du Maroc est une aventure urbaine unique du xxème siècle. Avec beaucoup d’efforts et une prise de conscience générale de la part des habitants et des responsables, elle peut devenir une ville très attractive par son patrimoine architectural et culturel.”Il a ajouté que malheureusement ce  patrimoine est menacé d’un danger imminent qui est le phénomène de démolition de certains bâtiments de prestige. En effet, le développement urbain a pris beaucoup d’ampleur ces dernières années et plusieurs bâtiments d’un grand intérêt historique et architectural ont été démolis pour que soient édifiés des espaces d’habitation  et des plateaux de bureaux, surtout au centre de la ville. De nombreux exemples sont à citer comme l’immeuble “Paris Casablanca” de la place Mohamed V, la piscine municipale, les arènes de Casablanca, plusieurs villas art déco au boulevard Rachidi ou au quartier Ghautier, sans parler du patrimoine végétal  devenu rare dans une ville aussi polluée que la nôtre. Selon Rachid Andaloussi, architecte de la Wilaya, il faut tirer la sonnette d’alarme parce que la ville de Casablanca est en train de perdre sa mémoire. Et une ville qui perd sa mémoire perd son identité. C’est dans ce sens que de nombreuses associations ont multiplié leurs actions pour sensibiliser la population et les dirigeants sur l’importance de la préservation du patrimoine architectural de la capitale économique du Maroc. Dans ce cadre, la Wilaya a entamé un processus de sauvegarde dans le Parc de la Ligue Arabe notamment pour la cathédrale du “Sacré Cœur”et la Casablancaise qui ont été transformées en espaces culturels. Actuellement,  la Wilaya, l’Agence Urbaine et certaines Associations ont conjugué leurs efforts pour recenser quelque quarante sept bâtiments les plus expressifs de l’histoire de Casablanca qui ont ensuite été répertoriés par le plan d’aménagement de l’Agence Urbaine pour profiter d’un programme de préservation. “Il y a tout un travail de mise à niveau. Il faut déjà une préservation, une conservation et une protection de ces bâtiments. Notre espoir est de voir un jour ce patrimoine mis en valeur,  retravaillé et retracé. Notre première bataille a été gagnée, à savoir le cas d’un hôtel du centre de la ville que le propriétaire veut laisser en dégradation jusqu’à sa destruction naturelle. Nous avons pris le dessus en le proposant comme monument historique. C’est vrai qu’il n’est pas encore considéré comme tel  car le processus est long mais le premier pas a été entamé” a affirmé M.Andaloussi. Pour le moment, la première préoccupation des autorités concernées, en l’occurrence la Wilaya de Casablanca, est que ces bâtiments classés et répertoriés comme monuments historiques ne disparaissent pas parce que c’est une fierté pour les Casablancais. Le concept général, à travers cette opération, est d’encourager le tourisme culturel dans cette ville en préservant cette richesse et cette concentration architecturales. Selon un responsable de la Wilaya, c’est un cri de cœur et une action citoyenne qui ont été lancés pour une campagne de sensibilisation générale. “ Il est désolant que 46 ans seulement après l’indépendance, on prenne enfin conscience de la richesse patrimoniale de Casablanca. C’est vrai que cette richesse est un leg d’un passé traumatisant qui est le protectorat mais nous ne devons pas oublier que c’est une main-d’œuvre marocaine qui a réalisé ces œuvres architecturales. Il faut peut-être se réconcilier avec ce passé pour apprendre aux Casablancais à porter un nouveau regard sur leur ville” a déclaré M.Andaloussi. Il est vrai que ce process d’inscription n’est pas une mince affaire puisque l’inscription ne se fait pas du jour au lendemain. Comme l’a affirmé un spécialiste du bâtiment, il faut inventorier, répertorier et recenser tous les bâtiments concernés. C’est à dire que le propriétaire d’une villa classée monument historique peut jouir d’un joyau et posséder une construction avec une valeur ajoutée, sans pour autant la faire démolir ou transformer à défaut de l’accord du Ministère de la culture. 
In fine, l’ambition finale des autorités à travers cette action est de présenter d’autres bâtiments devant faire de la ville de Casablanca une cité universelle, pour une reconnaissance universelle.

Loubna Bernichi



 

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