Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Lire, Voir, Entendre
Abdelkader Lotfi : “ je veux jouer le rôle d’un homme bon, comme je le suis dans la vie ” Entretien

Auteur :
Publier le : January 23, 2003

La Nouvelle Tribune: Que pensez vous des différents avis sur le supposé échec de la deuxième partie du sit-com “Lalla Fatima”?
M. Lotfi Abdelkader :
La première partie de ce sit-com “ Lalla Fatima” était un travail nouveau pour le téléspectateur marocain. C’était un événement audiovisuel qui a nécessité un travail rigoureux. Je pense que cette partie était intéressante car elle a surpris le public. C’était une réussite grâce un travail collectif. N’oublions pas que tous les comédiens qui ont participé à ce sit-com sont des professionnels et ont une longue carrière dans le domaine, exceptés les enfants bien évidemment. Il y avait même des invités de marque pour certains épisodes, qui ont brillé par leur talent. Je vais vous dire une chose,  si la deuxième partie avait été diffusée en premier, elle aurait eu le même succès que la première. Je pense que le public est nostalgique.

Ce qui est reproché ce n’est pas le jeu des comédiens, ce sont plutôt  les sujets abordés dans certains épisodes
La difficulté de l’écriture réside dans le respect des délais. Lorsque l’on doit rédiger des textes sur commande et dans un laps de temps, le résultat n’est  pas toujours bon car le génie créateur ne peut pas être commandé. Personnellement, j’ai vécu une expérience similaire. Une maison de production m’a sollicité pour écrire 105 épisodes dans un délai limité pour une émission de radio. Pour 45 épisodes, je m’en suis bien sorti et le résultat était satisfaisant mais pour le reste, j’étais pris par le temps et c’était catastrophique.
Le temps nous rattrape, c’est pour cela que parfois des choses médiocres sont écrites. Personnellement, j’ai joué un rôle dans un épisode de “Lalla Fatima” que je n’ ai pas beaucoup apprécié mais je l’ai fait quand même parce qu’on me l’avait demandé. Je devais faire l’enfant à mon âge et ce n’est pas très drôle!


Comment voyez vous le jeu de Lotfi Abdelkader?
Je joue naturellement et je joue des situations très différentes. Je ne veux pas être lourd vis-à-vis du public et je demande tout le temps au metteur en scène si le jeu est correct. Il ne faut pas oublier que j’ai une grande expérience nationale et internationale. J’ai dû certainement donner satisfaction, mais moi je n’ai jamais été content de mes prestations. Ce que je souhaite, c’est d’être fidèle à moi-même. J’ai joué le rôle de commissaire plusieurs fois, d’un avocat, du traître, du riche sans scrupule. Bref, toujours le rôle du méchant. J’aimerais bien un jour, jouer un rôle d’un homme bon qui ne fait que du bien. Je ne comprends pas…c’est peut-être mon visage qui inspire ce genre de rôles. Dans la vie, je suis quelqu’un de différent de ce que je suis au cinéma. La trahison est le défaut que je n’ai pas parce que j’ai été éduqué autrement. Vous savez, j’ai vécu pendant le protectorat, j’étais parmi les enfants qui inscrivaient sur les murs “ Vive le Roi, Vive la liberté”. J’ai toujours su que trahir son pays était une tare impardonnable et que les traîtres sont des gens hideux alors que, dans mes rôles, j’incarne souvent le traître!
 
Comment faites vous alors pour entrer dans la peau du personnage ?
Je vais revenir à mes premières années au conservatoire. J’ai eu les meilleurs professeurs de l’art dramatique comme Taïeb Laâlaj et Taïeb Seddiki pour la technique théâtrale et la mise en scène. Ils m’ont inculqué plusieurs  techniques qui ont fait de moi un comédien professionnel. Par exemple, la première recommandation était de comprendre le personnage , d’étudier son environnement , de connaître son rôle dans l’histoire avant de l’interpréter. Personnellement, à chaque interprétation, je préfère avoir le scénario pour m’imprégner de l’histoire globale et connaître le rôle de mes différents partenaires afin de mieux jouer mon personnage. Je vous donne un exemple, je dois jouer le rôle d’un soûlard alors que je n’ai jamais bu d’alcool de ma vie. J’essaye d’observer les différents tics et mimiques d’un ivrogne dans le but de mieux les adapter sur scène.

Quel est le personnage qui vous a le plus marqué dans votre carrière cinématographique?
J’ai dû jouer dans plus de soixante films nationaux et internationaux. C’est difficile de se rappeler le personnage le plus marquant. Mais, j’ai deux personnages qui me tiennent à coeur: celui d’un juif dans “l’Algérie des chimères” et celui d’un épicier rapporteur dans la série Hitchckok, avec Mohamed Khalfi. Le premier m’avait beaucoup plu par ses expressions de visage et ses gestes. C’était un personnage sans scrupule qui défendait les droits de la communauté juive en Algérie. C’était un rôle très difficile surtout que les répliques étaient longues mais je les avais bien apprises, à la grande satisfaction du metteur en scène. Le deuxième personnage, c’était un petit rôle où je devais espionner mon entourage.  En général, je fais mon travail avec beaucoup d’application tout en suivant les directives du metteur en scène. Je ne me pose jamais la question de savoir si ça va plaire au public. Je vis le moment présent et je laisse le metteur en scène seul juge de mes prestations. Il faut savoir que s’il y a une bonne direction, le jeu ne sera que meilleur. Malheureusement, il y a certains acteurs qui n’apprécient pas les remarques du metteur en scène et ça se répercute sur leur jeu.

Quelle est votre relation avec le théâtre?
Le théâtre est mon premier terrain. Mes débuts, je les ai faits sur les planches avec la troupe du conservatoire, avec qui j’ai interprété plusieurs pièces classiques. Par la suite, j’étais Président de la troupe de théâtre “les amis de Casablanca” et on a monté deux spectacles dans ce cadre. Je trouve que dans le théâtre, il y a beaucoup à faire  parce qu’on joue directement devant un public. Nous recevons à chaud leurs réactions. Nous ne nous permettons pas de faire des erreurs parce que devant une caméra on peut rectifier le tir mais pas sur les planches. Au théâtre, il y a une espèce de communication avec la salle. C’est formidable. Il est vrai que j’ai coupé avec le théâtre pendant une dizaine d’années, mais j’ai repris.

Votre première expérience dans le domaine de la communication est une parution dans une publicité étrangère, pourquoi ce choix?
J’avais pris la position de ne jamais associer mon image à tel ou tel produit et, souvent, les agences de communication marocaines payent mal les acteurs. J’étais sollicité pour une publicité marocaine mais j’ai refusé parce que j’estime que c’est du commercial. Pour la publicité étrangère, j'ai passé le casting parmi de nombreux acteurs marocains et j'ai été choisi. Mon contrat, je l'ai bien négocié. J'ai imposé mes conditions, à savoir que ce spot publicitaire ne soit diffusé sur aucune chaîne nationale. La rémunération était très honorable. Prochainement, je vais tourner dans un spot publicitaire pour promouvoir un produit australien.

Pour le moment, avez vous des projets?
Je suis sur plusieurs projets notamment la troisième partie du sit-com “Lalla Fatima”, un long métrage avec Cherif Tribek, le tournage du spot publicitaire que j’ai déjà cité, un projet d’un téléfilm avec 2M. Pour le moment, j’ai du pain sur la planche.

Propos recueillis par
Loubna Bernichi



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com