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Conférence APDM : «Le Maroc a besoin d’un nouveau souffle de réformes», F. Oualalou

Auteur : Propos recueillis par Rachid Hallaouy

La Nouvelle Tribune : Crise financière, crise économique, crise sociale,…Quel regard portez-vous sur la conjoncture ?


Fathallah Oualalou : Le plus important, c’est de comprendre cette crise dans le cadre d’une vision globale et de jauger notre capacité à négocier la sortie de crise. Tout d’abord, il faut avoir en tête que c’est la première crise de la globalisation et qu’elle est due au décalage entre l’offre et la demande. En outre, elle est la conséquence de la mauvaise répartition des richesses et des revenus et du désengagement des Etats au profit des financiers qui ont octroyé des crédits avec à la clé la financiarisation des économies et la prédominance du secteur financier sur l’économie.


Ceci a eu pour incidence directe le changement de mode de gouvernance au niveau  des nations avec le retour de l’Etat régulateur, d’accélérer la transformation du mode de gouvernance et le G 20. Et enfin, la crise a permis l’émergence de nouvelles forces motrices avec l’économie verte. Sur ce dernier point, je pense que l’intérêt accordé à l’environnement et au développement durable va s’inscrire sur la durée. Au moins sur les 40 prochaines années.


 


Qu’entendez-vous par négocier la sortie de crise ?


Le centre des négociations a aujourd’hui changé de…centre de gravité avec l’émergence de blocs régionaux et des logiques économiques asiatique, américaine et européenne. L’hégémonie relative des USA se traduit par une nouvelle réalité. Le monde a toujours besoin des Etats-Unis d’Amérique mais les Américains ne peuvent plus rien faire seuls. Pour preuve, la place et le rôle de la Chine dans l’économie américaine. C’est le moteur de relance des économies développées. Il faut savoir que malgré la crise, la Chine a réalisé un taux de croissance de 8 %. Certes, ce taux reste insuffisant pour ce vaste pays car il lui faut une croissance à 2 chiffres pour faire face au défi social (8 % de croissance équivaut à environ 30 millions de chômeurs supplémentaires), mais cela lui a permis de financer son plan de relance sans trop de difficultés. Et surtout, le monde attend de pied ferme que la Chine retrouve son trend haussier en matière de croissance.


 


Selon vous, à qui profite la crise ?


Ceux qui profitent de la crise sont les pays qui ont su tirer avantage de la mondialisation.


 


Et le Maghreb, le Maroc face à tout cela ?


Nous devons consolider le train des réformes mais surtout diversifier les sources de croissance par le renforcement du marché intérieur. Pour rappel, notre croissance est soutenue par les marchés domestiques d’où l’importance et l’obligation de verrouiller nos canaux de croissance. Un nouveau souffle de réformes doit souffler sur le Maroc. C’est essentiel et fondamental. En outre, on doit interpeller les Européens pour qu’ils se « méditerrannisent »...


L’Union européenne a besoin de nous et nous avons besoin d’eux. D’autre part, je suis convaincu que la demande alimentaire de l’Afrique va constituer un enjeu stratégique pour les 50 prochaines années. Rappelons-nous de 2007 et le double  choc énergétique et alimentaire provenant de la demande des pays émergents avec la fameuse liste des pays menacés de famine. Ces deux chocs sur fond de crise vont se reposer à nouveau. C’est une certitude.



 

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