Auteur : Fahd Yata
Les élections communales, considérées pratiquement par tous, acteurs politiques, presse et analystes, comme une consultation de portée nationale, seront indéniablement un moment fort, à la fois par les tendances qu’elles révèleront, en termes de participation électorale, que par les enseignements et appréciations qu’elles susciteront après leur tenue.
On ne se risquera pas, ici, à établir des pronostics et autres prévisions, mais plusieurs évidences s’imposent déjà à l’esprit. Le scrutin du 9 juin, en effet, sera celui où deux forces politiques, sinon antagonistes, du moins concurrentes, auront à montrer que leurs force et implantation justifient leurs ambitions.
On aura compris que ce sont le PJD et le PAM qui seront ainsi l’objet de toutes les attentions au soir du scrutin et surtout lors de la phase de constitution des équipes municipales et communales.
La formation au référentiel islamiste a, comme on sait, une revanche à prendre. Les changements intervenus dans sa direction après les législatives, le retour au bercail du fondateur du MUR, M. Raïssouni, les multiples sorties médiatiques de Abdelilah Benkirane et la relative modération oratoire des principaux zaïms du PJD, tout cela donne à penser que ce parti entend bien cette fois-ci apparaître comme l’un des acteurs essentiels de la scène politique nationale. Cela sera-t-il ?
Le PAM, incontestablement, sera le deuxième «larron» de cette consultation, lui qui devra prouver à ses géniteurs, mais aussi aux observateurs et à l’opinion publique, que sa fondation, son développement rapide et les atouts originels dont il a disposé étaient pleinement justifiés
Les amis de MM. El Himma et Biadillah réussiront-ils dans leur objectif de constituer une alternative crédible dans la perspective de la recomposition du champ politique national ? Telle est, sans doute, la question et l’enjeu majeurs de ce scrutin pour le Parti au tracteur qui, pour l’instant, n’a pas vraiment réussi dans le traçage de sillons électoraux, à Marrakech, Safi ou ailleurs…
On attendra donc avec une impatience certaine les résultats du 12 juin et leurs prolongements communaux et municipaux, sachant que les autres formations, notamment le Parti de l’Istiqlal, mettront en œuvre tous les moyens pour ne pas subir de désaveu électoral, même si des formations comme le MP, l’USFP ou le PPS auront fort à faire pour conserver leurs scores précédents…
Car, sans qu’il n’y paraisse vraiment et comme le donnent à croire certaines déclarations lénifiantes récentes de M. El Himma, c’est vers une bipolarisation de la scène politique nationale que l’on s’achemine, une perspective longtemps caressée par le «Makhzen» et que la qualité si médiocre de la classe dirigeante actuelle pourrait pleinement justifier.
Les communales de juin seront peut-être le premier acte de cette nouvelle geste, qui sera encouragée ou freinée par les performances des uns et des autres, anciens et nouveaux.
Même si aucune formation ne pourra présenter des candidats dans toutes les communes, ce qui réduira la portée des analyses «globalisantes», même si la transhumance ne sera pas sanctionnée avant que les formations ouvertes à tous les opportunistes n’aient fait le plein, le sentiment que le Maroc politique est en phase de transition prend de plus en plus de force.
Celle-ci est assurément nécessaire, mais on aurait pu rêver à d’autres acteurs…
Le mouvement national, patriotique et progressiste, devra, un jour, reconnaître qu’il a failli, lui qui avait si bien négocié et réussi la transition institutionnelle…
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