Le nouveau Code de la route devrait entrer en application en octobre 2010. Question de laisser suffisamment de temps au gouvernement pour préparer les infrastructures routières nécessaires et permettre aux usagers de la route de se familiariser avec ce nouveau cadre juridique. En tout, ce sont près de quatre-vingt amendements qui ont été adoptés. Les amendes, sources de grandes controverses, ont été réduites. Ainsi, dans son article 165, le texte modifié prévoit en cas de blessures causées sans préméditation par un conducteur, une peine allant de un mois à un an d'emprisonnement et une amende 1 200 DH à 6000 DH seulement. Avant, le conducteur était passible, outre la prison d'une amende de 2 000 DH à 10 000 DH. Toutefois, cette peine est doublée si le conducteur ayant commis l'infraction était sous l'effet de l'alcool ou d'un médicament prohibé lors de la conduite. Autre modification du nouveau texte : seule la production d'un certificat médical attestant l'incapacité provisoire de 21 jours peut mener un contrevenant à la prison. Avant, un certificat de 6 jours suffisait. Dans son article 167, (accident ayant provoqué un handicap permanent sans préméditation), l'amende a été revue à la baisse. La peine prévue était de 1 mois à deux ans de prison et 4 000 à 20 000DH d'amende. Selon la nouvelle version, la peine d'emprisonnement est maintenue mais l'amende sera de 2 400 à 10 000 DH.
Dans son article 169, le texte amendé stipule que tout conducteur ayant provoqué involontairement la mort d'une personne, est passible d'une peine de 3 mois à 5 ans de prison et d'une amende 7 500 à 30 000 au lieu de 10 000 à 40 000 DH fixés auparavant. De même, le fautif peut se voir retirer son permis pour une durée de 1 à 3 ans (au lieu de 5 ans auparavant). Les amendes en cas de contravention ont été allégées également. Pour rappel, celles-ci avaient causé un tollé chez les syndicats et les organisations professionnelles qui les avaient jugées exorbitantes et non adaptées au contexte marocain.
Ainsi, dans son article 180, le code amendé prévoit pour les contraventions de premier degré une amende allant de 700 à 1 400 DH au lieu de 900 à 1 800 DH fixés auparavant. Parmi les contraventions concernées par cette amende : dépassement de la vitesse limite de 30 à 50 km/h, conduite de nuit sans éclairage (sans allumage des feux), stationnement de nuit sans allumer les feux en dehors des agglomérations, non respect de la priorité, non respect d'un arrêt obligatoire (stop ou feu rouge), circulation en sens interdit…. S'agissant des contraventions de second degré, le nouveau texte prévoit des amendes de 500 à 1 000 DH au lieu de 600 à 1 200 DH. Ces contraventions concernent principalement, le dépassement de la vitesse limite de 20 à 30 km/h, le non respect de la priorité des piétons, le transport d'enfants de moins de 10 ans au mépris de la réglementation en vigueur Pour ce qui est des contraventions de troisième degré, l'amende de 300 à 800 DH a été ramenée à une amende de 300 à 600 DH. La mouture finale stipule aussi que les victimes affirmant avoir été blessées sont tenues de présenter un second examen médical, pour empêcher que des plaintes sans fondement ne soient déposées devant les tribunaux. Quant aux peines de prison elles-mêmes, les dispositions actuelles du Code pénal restent en vigueur. Toutefois, une clause fondamentale concernant la recherche de la responsabilité a été ajoutée pour garantir que seules les personnes responsables d'accidents feront l'objet de poursuites. Des modifications ont également été apportées au nouveau système des permis à points. Les automobilistes débuteront avec 30 points, et non plus 24, et ces points seront retirés pour chaque infraction aux règles de la circulation…Autrement dit, rien ne sera plus comme avant en la matière. Tant mieux, diront beaucoup, car l’objectif à atteindre est noble : sauver des vies humaines et mettre un terme à la guerre sur les routes.