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Automobile: faut-il craindre un retournement du marché ?

Auteur : Hassan Zaatit
Publier le : May 12, 2008

La machine Auto chez nous risque-t-elle de se gripper? En tous cas, ça ne semble pas être pour aujourd’hui! Le marché est en plein essor. Les chiffres sont là et parlent, d’ailleurs, d’eux-mêmes: Plus de 103 000 véhicules vendus en 2007 contre 27 256 en 1996, soit une progression de près de 278%. A l’occasion de la sixième édition du salon Auto Expo qui se tiendra du 9 au 18 mai à Casablanca, environ 200 000 visiteurs sont attendus et plus d’une cinquantaine de nouveautés seront exposées. Les analystes expliquent cette embellie par la nature de plus en plus concurrentielle du marché local qui comprend actuellement plus de 44 marques fortement représentées au Maroc .
Chacune de ces marques s'efforce d'offrir des produits nouveaux, de qualité et d'un niveau d'équipement varié et riche en options. Parallèlement à cela, des efforts considérables ont été fournis en matière de budget. En général, les prix baissent timidement sans pour autant altérer l'équilibre traditionnel du rapport qualité/prix. Les campagnes de communication de plus en plus fines et les actions commerciales souvent attirantes ont aussi largement contribué à ces résultats en sensibilisant les consommateurs sur l'évolution de l'esthétique et des qualités générales des nouveaux modèles.
Autre volet, autre enjeu: la passion automobile. Cet aspect gagne aujourd’hui de plus en plus l'usager marocain qui devient, désormais, plus sensible aux nouvelles tendances automobile, à savoir les berlines, les monospaces, les coupés, les cabriolets, les SUV, les citadines... Bref, toutes les nouvelles vogues trouvent, entre autre, des échos favorables dans notre paysage automobile.
Il semble aussi que, depuis le lancement du projet de la voiture économique en 1995 et la libéralisation du secteur, le parc automobile national a connu des changements profonds. A l'exception de l'année 2000 où les ventes se sont un peu stabilisées, le taux de croissance a souvent été supérieur à 10%, dépassant même le taux de croissance du PIB.

Ombre et lumière...
En 2001, et malgré une conjoncture économique difficile caractérisée par un blocage de l'investissement et par une succession de trois années de sécheresse, le marché des VP a connu une croissance de 11,5% avec des ventes s'élevant à 31.881 véhicules. Le marché de l'utilitaire a lui aussi connu une croissance de 6,7% avec 14.661 unités vendues.
Pourtant, tous ces efforts n’ont pas suffit, jusqu'à présent, pour booster comme il se doit le secteur automobile. D’après des professionnels “on peut toujours faire mieux”. Comment? Les arguments se limitent au niveau de la réduction des droits fiscaux : “il est toujours possible de développer le secteur automobile si l'on décide de réduire les droits de douane qui s'élèvent à 32,5% pour les VP et, paradoxalement, à 40% pour les VUL en plus d'une TVA à 20%”, dit-on auprès de l’AIVAM. Et de poursuivre que pour la levée des freins au développement du marché de l'automobile, il est urgent de mettre un plan d'action qui devrait être axé sur la baisse des prix des voitures à travers la réduction des droits de douane, l'encouragement du rajeunissement du parc ainsi que le développement du crédit : “le développement du marché de l'automobile est intimement lié à l'amélioration du pouvoir d'achat. Cela est possible si l'on cesse de considérer la voiture comme un produit de luxe et si l'on augmente le pouvoir d'achat de certaines catégories socio-professionnelles”, disent-ils.
Toutefois, beaucoup reconnaissent aux concessionnaires le fait qu'ils ne ménagent aucun effort pour impulser le marché, en agissant autant sur les prix des voitures avec notamment des compressions de marge, que sur les produits en offrant les dernières nouveautés. Ce qui a changé à leurs yeux se situe au niveau des transferts des ventes d'un segment à un autre ou éventuellement d'une marque à une autre. Il leur est reproché également un SAV peu probant. D’ailleurs, plusieurs concessionnaires ont promis la publication des résultats des sondages qu’ils auraient réalisé auprès de leurs clientèles, mais rien de cela n’a été fait jusqu’à présent...
Après tout et comme on le voit, maintenir le trend haussier du marché automobile reste un véritable défi pour l’ensemble des intervenants dans le secteur, qui semblent souvent craintifs pour l’avenir de l’automobile, même s’ils n’osent toujours pas parler clairement de baisse des ventes. Alors que les qualificatifs de blocage, stagnation, ralentissement... reviennent ça et là pour qualifier le marché. Une raison pour laquelle, ils ne cessent de solliciter les autorités compétentes pour une nouvelle approche de la branche automobile, en mesure d'évoluer dans un décor des plus positifs... Faut-il alors craindre dans ces conditions un éventuel retournement de situation ?


 

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