| | Articles » Actualité | | La politique, mais... autrement ! Alliance Des Libertés |
|---|
Auteur : Publier le : April 7, 2005
La désaffectation du politique ? Ali Belhaj, patron d'Alliance Des Libertés, lui attribue plusieurs facteurs parmi lesquels, le manque de confiance de la population à l'égard des élections, le peu de pouvoirs dont bénéficient les instances élues, la non transparence dans la vie des partis...Bref, c'est un phénomène à multiples causes. C'est d'ailleurs sincèrement convaincu, satisfait, presque soulagé qu'il estime qu'il faut s'armer d'espoir et d'optimisme en l'avenir du politique au Maroc: "Pour cette raison, c’est notre rôle de démontrer qu'au Maroc il est toujours possible de faire de la politique en obéissant à certaines règles de transparence, en donnant la chance aux jeunes...autrement dit, en faisant la politique autrement". Le Président de Maroc 2020, engagé depuis environ trois ans dans l'action partisane par le biais d'un nouveau parti conçu comme une alternative au clientélisme politicien, compte étendre l'essentiel du travail de sa formation auprès de la population. Une façon de dire que le vrai travail de terrain est seul acteur de production politique: "Alliance Des Libertés continue son chemin et sa construction. Et comme c'est un parti jeune, nous continuons sa fondation sur des bases solides. Actuellement, nous sommes en phase de préparation de notre 4ème congrès qui se tiendra ce mois d’avril. Une occasion pour nous de débattre les questions relatives au programme de notre formation, à la nouvelle loi sur les partis, au renouvellement des instances du Conseil National et nous allons prévoir quelques amendements au règlement intérieur du parti...Tout cela témoigne de la vivacité de cette formation". Quid de l'action sur le terrain? M.Belhaj commence par annoncer la tenue de quatre grandes réunions avec les élus locaux du parti qui sont au nombre de 450 environ . "Ce sont des sessions de formation mais aussi des lieux de rencontres et de débats. Nous organisons aussi cinq à quatre fois par an des rencontres régulières avec les conseils coordinateurs du parti et nous allons continuer notre plan d'action et notre politique de formation au niveau local". Il s'agit, poursuit-il, de consolider là où nous sommes présents avant de s'attaquer à d'autres endroits et de nous donner réellement les moyens nécessaires d’influer réellement sur la société par un travail de fond. Dans la même logique, trois associations accompagnent le parti dans sa démarche: l’une est constituée de médecins, une autre de juristes et la troisième est réservée aux jeunes. S'il avoue avoir gagné en expérience à l'issue des dernières élections et des résultats peu probants enregistrés par ADL, c'est pour mieux réaffirmer sa conviction du bien-fondé de sa démarche politique. Un tel enthousiasme, remarquable en ces temps de désaffection du politique et de découragement généralisé, incite, quand même, à la curiosité: mais comment la formation de Belhaj entend-elle faire de la politique autrement: "Ce que nous essayons de démontrer à l'opinion publique, c'est que nous voulons faire la politique autrement et loin du traditionnel. Nous savons que cela prendra du temps, mais nous ne sommes pas pressés. Nous ne sommes pas dans l'opportunisme politique", nous dit l'ex-député du PPS. En réponse à la démagogie des politiciens, le fondateur d'ADL commence précisément par mettre le doigt sur le problème crucial: la crédibilité de l'action politique des partis : "Car si les gens aspirent à renouveler le personnel politique, ils veulent sans doute aussi que cette novation s'étende aux idées et bien entendu à la manière et au style. Faute de quoi, nous nous engagerons dans une nouvelle ère de "brouillonnement", inapte à réhabiliter la noblesse de l'acte politique". En posant le problème ainsi, il affirme son credo: Transparence, valorisation de l'individu et action de proximité. Des bases sur lesquels compte jouer un nouveau modèle politique qui se dessine de part et d'autre. A la question de l'heure, M. Belhaj ne va pas par quatre chemins pour rappeler la tradition du Maroc tellement à l'aise dans sa pratique de l'Islam. "Pour moi, la religion est une affaire personnelle. Elle ne doit pas régir la vie des partis. Il est inconcevable de distinguer et affronter les gens sur des critères religieux, tant que nous sommes dans un pays musulman, de tradition et de tolérance et d'ouverture et nous devons nous battre pour cela. Encore une fois, le Maroc est pays musulman mais la croyance religieuse doit être une affaire personnelle". Et le PJD dans tout ça? La réponse du chef d'ADL dit beaucoup de choses, mais autrement: "Le PJD au Maroc a une histoire qui date de longues années. C'est l'aboutissement de travaux de plusieurs associations. C'est un réseau national qui dispose d'importants moyens. Actuellement, c'est un parti qui se développe rapidement au Maroc. Pour notre part, notre objectif consiste à apporter un plus au débat politique national, de défendre nos idées, d'essayer de reconquérir le coeur de la population pour ce qui est du politique. C'est un travail de longue haleine. Notre mission ne consiste pas à combattre le PJD. Loin de là, notre mission consiste essentiellement à défendre notre vision et nos idées". Une déclaration impressionnante, voire de bonnes intentions...mais cela suffira-t-il à redresser la barre? Hassan Zaatit
|
|