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Bouazza Ikken a le coeur gros La querelle pour le perchoir

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Publier le : April 7, 2005

C’est un Bouazza Ikken requinqué et confiant en l'avenir, après les différentes tentatives qui ont failli lui ravir la présidence du parti, qui nous a reçus au siège de sa formation, Route des Zaër à Rabat. Regard attentif, le Président de l'Union Démocratique en a gros sur le coeur car sa forte présence numérique au Parlement ne lui a pas valu un seul Département ministériel. Un fait qui l'a visiblement marqué. Pourtant, tout a été fait par l'UD pour éviter cette "exclusion". "Nous avons constitué un pôle depuis plusieurs mois et nous avons même été plus loin en formant un seul groupe parlementaire au niveau de la première Chambre. Chose que nous n'avons pas pu faire au niveau de la 2ème Chambre en raison des textes réglementaires qui sont différents." Pour le Président de l'UD, la première session parlementaire de 2005 doit être l'occasion de rétablir l'équilibre au sein de la majorité. Un calcul politicien qui a déjà lancé la bataille pour la Présidence même si entre les trois partis de la Mouvance Populaire, rien n'est encore décidé. À ce sujet, souligne M. Ikken, "l'enjeu de cette rentrée parlementaire est la présidence. Pour ce qui concerne la Mouvance populaire, à travers les trois partis qui la constituent, nous avons reçu une délégation de députés envoyés par le groupe pour manifester leur désir de choisir leur candidat. Mais aucune décision n'a été prise pour l'instant. Il est vrai que nous sommes dans la majorité et par conséquent, il y a des règles qu'il faut respecter. La tradition veut que le groupe présente un candidat soutenu par la majorité. Mais nous allons nous réunir très prochainement pour prendre une décision."

Compensation et reconnaissance

Dans cette optique, le souci de M. Ikken est d'éviter toute fissure au sein de la majorité. "Ma vision pour que la majorité ne s'émiette pas est que le groupe parlementaire qui arrive en tête présente un candidat et que celui-ci soit soutenu par l'ensemble de la majorité. Mais il se trouve qu'il y a des contestations. Il y  a ceux qui ont pris pour base le classement fait au lendemain des élections et ceux qui ont opté pour la fusion faite entre certains partis. Pour ces derniers, il faut tenir compte du classement actuel." Seulement, a fait remarquer notre interlocuteur, il n'y a pas que le candidat de la Mouvance Populaire qui pose problème. Il y a l'USFP qui maintient sa candidature et il y a également l'Istiqlal qui a présenté son candidat et qui conteste le classement par le nombre. M. Ikken précise que "le Premier ministre, étant responsable de la majorité, il doit réunir celle-ci pour trouver une solution avant d'ajouter que, dans ces conditions, tous les partis présenteront un candidat et au deuxième tour, celui qui sera le mieux placé sera soutenu par les autres. Dans le cas contraire, il faudra opter pour la solution radicale qui consiste à présenter un candidat en déhors de la majorité. Heureusement, que nous sommes encore loin de ce scénario extrême car le Premier ministre est appelé à penser au maintien de l'équilibre au sein de la majorité. Il faut donc rendre justice à tout le monde et il a les moyens de le faire. "

Alternance au Perchoir

À la question de savoir si le moment est venu pour l'alternance à la présidence du Parlement, le Président de l'UD répond: "Oui ! nous le souhaitons et nous le voulons. Mais nous ne voulons pas être à l'origine d'une cassure au sein de la majorité. Nous voulons que tout le monde soit ramené à la raison. Pour cela, des solutions ou des compromis existent à même de satisfaire tous les groupes parlementaires sans aller jusqu'à l'affrontement des candidats. Il s'agit de trouver des compensations." Une récompense que M. Ikken explique à sa façon. "Par exemple, mon parti n'a pas eu de postes ministériels. Il se trouve enlisé dans l'histoire de la Mouvance Populaire et il ne peut pas aller ailleurs. Or, le MP et le MNP sont au gouvernement. Pour ma part donc, l'UD est prête à renoncer à la Présidence du Parlement contre des portefeuilles ministériels. Sur un autre plan, des gouverneurs de l'USFP, de l'Istiqlal et d'autres partis ont été nommés alors qu'aucun député de l'UD n’a été concerné par ces vagues de nomination. Il y a lieu de penser donc à l'équilibre au sein de la majorité car dans ce genre de situation, il ne faut pas oublier ceux qui mettent en avant l'intérêt général pour aider et soutenir l'action du gouvernement". Alors, on peut se demander ce que le MNP et le MP ont fait pour que l'UD puisse bénéficier de cette reconnaissance au sein de la majorité . Sans détour, Bouazza Ikken répond : absolument rien. "Au moment de la formation du gouvernement, chacun a défendu sa position. C'était un travail individuel et les deux autres partis n'ont pas été solidaires avec l'Union Démocratique. Mais notre formation n'a pas posé de problème, parce qu'elle est dirigée par des gens raisonnables et patriotes estimant qu'il ne faut pas insulter l'avenir. Nous sommes donc restés au sein de la majorité, tout comme dans la Mouvance Populaire, à attendre pour que justice nous soit rendue." Dans ces conditions, en cas de non acceptation de ses propositions, l'UD va-t-elle quitter la Mouvance Populaire ou la majorité ? Absolument pas ! soutient M. Ikken. "Notre présence au sein de la MP est une décision irrévocable. Nous y resterons quel qu’en soit le sacrifice. C'est une question de conviction et nous sommes sûrs que la Mouvance Populaire sera un grand pôle. Cependant, il n'y aura pas de fusion. Cela n'est pas dans l'intérêt de notre parti. Je suis pour le pôle qu'il faut organiser, consolider et doter d'un statut démocratique. Nous garderons nos différences dans la complémentarité et dans l'union."
Mamady Sidibé

 

Mahjoubi Aherdane et les autres

L'attitude de M. Mahjoubi Aherdane au sein de la Mouvance Populaire ne fait plus l'unanimité dans la mesure où ce vieux routier de la politique entend garder les rênes de ce pôle. Pour arriver à cette fin, il propose une fusion à ses "frères". Une attitude qui risque de faire éclater ce bloc car les deux autres formations ne veulent pas de ce cadeau. Pour certains responsables, M. Aherdane veut diriger la Mouvance Populaire à sa manière. Donc point de contestation. Résultat : ce Bloc, qui est pourtant appelé à devenir le contrepoids de l'omniprésence et de l'omnipotence de l'USFP et l'Istiqlal, semble devenir une coquille vide. D'autres n'hésitent même plus à qualifier la formation harakie de mort-née. D'ailleurs, la mésentente au sein de ce Bloc pour désigner un candidat unique pour la présidence du Parlement illustre bien cette réalité qui est loin du temps de l'euphorie qui avait marqué la naissance de la Mouvance Populaire, même si à l'UD on continue de croire encore en l'avenir de ce bloc.



 

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