| | Articles » Actualité | | Election du Président de la Chambre des Représentants : Abdelouahed Radi, Président de la Chambre, à moins que... |
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Auteur : Publier le : March 31, 2005
La session parlementaire du printemps débutera le 8 avril. Par la même occasion, des élections seront organisées pour élire le Président de la Chambre des Représentants. En attendant, les spéculations font rage. Et voilà, c’est parti pour une belle partie de démonstration de forces! Les partis en lice, à savoir l’USFP, la Mouvance populaire et l’Istiqlal (bien sûr) ne ratent pas l’occasion et bombent le torse pour défendre jalousement leur pré-carré. La logique qui a prévalu à la constitution de la majorité du gouvernement Jettou, quant à elle, est mise à l’index. Ni Jettou, ni la politique étatique dans son ensemble ne supporteraient les conséquences d’une éventuelle déstabilisation de la majorité gouvernementale. Sachant que sa fragilité n’est plus à démontrer , les communales de septembre 2003 ayant fortement révélé, à l’excès, l’hétérogénéité de ses composantes. L’enjeu demeure donc de taille et l’on peut dire sans risque de se tromper que l’élection du Président de la Première Chambre devait être du «déjà vu». Pourtant, ce sont les principaux partis formant la coalition gouvernementale qui reviennent à la charge en faisant savoir à l’opinion publique leur intention de présenter leurs candidats au perchoir. Et chacun de ces partis invoque les raisons qui lui sont propres pour pourvoir ce siège. Pour l’USFP, le problème ne devrait même pas se poser. Il s’agit là pour les amis d’El Yazghi d’un «compromis» à la base de la participation de leur formation dans l’actuel exécutif. Une logique apparemment implacable chez les Usfpeïstes: la participation de l’USFP au gouvernement Jettou est justifiée, d’après le Premier Secrétaire du parti, par le devoir de soutenir et d’appuyer les réformes en cours. “Notre participation, dit-il, voulait éviter au pays les conséquences d’une crise susceptible de faire régresser le processus politique en considérant que le retour à la démarche démocratique requiert un minimum de stabilité et de consensus”. Et d’ajouter qu’“au sujet de la présidence de la Chambre des Représentants, les choses sont claires depuis le début et l’élection d’Abdelouahed Radi au perchoir était la première action réalisée par la majorité parlementaire réunie autour du Premier ministre Driss Jettou”. Autrement dit, la non reconduction du n° 2 de l’USFP, en l’occurrence, Abdelouahed Radi, à la tête de la Chambre des Représentants fait dire aux Ittihadis que rien ne pourra plus justifier la participation de leur parti au gouvernement Jettou. Déjà cette participation continue de faire l’objet de beaucoup de polémiques et critiques à l’USFP et si Radi n’était pas reconduit à la tête de la Première Chambre, les choses risqueraient de prendre d’autres tournures. Autre volet, autre enjeu: le soutien d’El Yazghi en faveur de Radi aura certainement un prix à quelques encablures du VII ème congrès de l’USFP, soit du “donnant-donnant”. Pour l’Istiqlal, ses ambitions «schizophrènes» de voir un Istiqlalien au perchoir ne datent pas d’aujourd’hui. A chaque fois que l’occasion se présente, Abbas El Fassi et ses amis font des mains et des pieds pour s’approprier la présidence de la Chambre des Représentants. Cette formation ayant excellé dans le jeu des «trouble-fêtes» avec des positions ambiguës, le parti a toujours attendu le moment opportun pour dévoiler ses critiques et ses aspirations en public . Sa démarche d’être à la fois officiellement avec et officieusement contre se déclenche là où il faut et au moment qu’il faut. Voilà depuis quelques mois, le parti de l’Istiqlal fait la chasse aux députés du pôle haraki, critique l’action du gouvernement auquel il appartient et s’éloigne de la Koutla en convoitant un poste détenu par l’USFP, un parti «ami» et membre de ce pôle. L’Istiqlal risque-t-il dans ces conditions de se priver d’un allié stratégique pour les échéances à venir? La réponse ne peut être que négative. Le microcosme politique au Maroc a démontré à maintes reprises qu’en période électorale, la logique des alliances contre-nature prime sur toute autre considération. L’on se souvient des alliances constituées au lendemain des législatives de 2002 entre le MP, le MNP, l’Istiqlal et le PJD, en réaction contre la série d’alliances conduite par l’USFP, le RNI l’UD (qui est membre du pole haraki) et le FFD. Pour cette raison, le parti de Abbas El Fassi n’a rien à perdre, ne craint rien et ne veut en aucun cas avoir l’USFP comme seul interlocuteur. Fort de 57 sièges, l’Istiqlal estime qu’il est de son droit de briguer la présidence de la Première Chambre. Même son de cloche chez la Mouvance harakie. Numériquement première force politique représentée au Parlement (76 députés), elle estime que l’éthique politique voudrait qu’elle occupe une place de choix. « S’il est difficile actuellement de revoir l’architecture du gouvernement, rien n’empêche un rééquilibrage au niveau du Parlement», dit-on au pôle haraki qui table sur Omar Bahraoui, l’actuel maire de Rabat qui avait déjà vaincu les socialistes de l’USFP en 2003 dans la bataille électorale pour la présidence du Conseil de la Ville de la capitale administrative. Une victoire qui n’aurait pas été possible sans le soutien de l’Istiqlal et les Islamistes du PJD. Une carte que les Harakis entendent rejouer pour décrocher le perchoir. Dans tous les cas, si actuellement le nom du socialiste Abdelouahed Radi comme Président de la Chambre des Représentants fait l’unanimité autour de lui, il n’empêche que toutes les écuries essaient de placer leurs poulains dans la course. Comme à la base, les règlements de compte politiciens font légion, tous les coups sont, semble-t-il, permis. Pour l’instant, le chef du gouvernement, Driss Jettou, laisse faire ses lieutenants sans réagir, au risque de voir son autorité s’effriter face aux forces en compétition. Un défi de plus pour lui qui est dans l’obligation de garantir la stabilité dont il a besoin pour sa majorité. Arrivera-t-il à le tenir? Verdict le 8 avril prochain. Hassan Zaatit
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