| | Articles » Actualité | | Conférence de M. André Azoulay à Sciences Po Paris : Le Maroc, l’UE et la Rive Sud, l’heure de vérité |
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Auteur : Publier le : March 17, 2005
Dans le cadre d’une thématique générale, " du Mare Nostrum au Mare Vostrum, la Méditerranée, espace d’intégration ou d’exclusion ? ", M. Azoulay a plus spécifiquement traité de la problématique de la perception des enjeux euro-méditerranéens par les Etats et les sociétés de la Rive Nord, pour qui aujourd’hui " l’heure de vérité " a sonné. En effet, exposant les spécificités et atouts du Maroc, développant les traits de sa personnalité si différente de la plupart des Etats et des sociétés de la Rive sud de la Méditerranée, le Conseiller du Souverain, avec le brio et la finesse qu’on lui connaît, a su dégager les concepts constitutifs de cette identité marocaine faite de tradition, d’ouverture et de modernité qui font, indiscutablement, la personnalité du Royaume. Abordant la perception de l’autre, dénonçant le " choc des ignorances et non celui des cultures ", M. Azoulay a magistralement démontré que le Maroc, qui connaît des avancées indéniables dans divers domaines, aux racines arabes et africaines, visible de la côte espagnole, fier des apports multiples qui ont fait la richesse de sa culture, où juifs et musulmans y vivent en bonne intelligence depuis plus de deux mille ans, ne saurait être appréhendé de façon sommaire ou superficielle. Evoquant le processus de rapprochement entre les deux rives du Mare Nostrum initié à Barcelone, il y a dix ans, M. Azoulay a démontré avec pertinence que l’échec relatif de cette initiative, essentiellement aux plans politique et institutionnel, alors que l’économique a pu réaliser des acquis (grâce à MEDA notamment), relevait de la responsabilité de tous les acteurs, européens et méditerranéens. En effet, la dynamique forte et enthousiaste des années 90 a cédé la place à l’indifférence, la marginalisation, alors que la politique d’ouverture à l’Est, fortement voulue par l’Allemagne, ouvrait la voie à l’intégration des pays de l’Europe Centrale, de l’Est et du Nord. Constatant qu’il manque " un champion " au projet d’intégration euro-méditerranéen, alors que la France, l’Espagne, l’Italie notamment, pourraient développer une telle stratégie, le Conseiller de SM le Roi a rappelé qu’il ne saurait y avoir de réel développement, de prospérité et d’intégration réussie en Europe communautaire sans la volonté partagée d’y associer la Rive sud méditerranéenne et ses diverses composantes. C’est donc à la relance du processus de Barcelone qu’il a appelé, tout en évoquant les dernières et positives perspectives qui se dessinent au niveau des rapports israélo-palestiniens et la triste situation de l’Irak secoué par une violence meurtrière et aveugle. C’est une attention profonde et soutenue que les étudiants de Sciences Po Paris du cycle est-européen ont réservée aux propos de M. André Azoulay, alors que se pressaient également dans l’amphithéâtre des personnalités locales, des journalistes, des diplomates et les membres du corps enseignant. A l’issue de l’exposé, un débat riche et ouvert s’est engagé, témoignant de l’intérêt porté par l’intelligentsia juvénile de l’Europe à la question de l’intégration euro-méditerranéenne, mais aussi aux spécificités et caractéristiques du Maroc. Et ce n’est pas le moindre mérite des jeunes organisateurs de cette conférence, un groupe d’étudiants en seconde année, que d’avoir permis aux décideurs et prescripteurs de l’Europe future de comprendre et percevoir les enjeux de cette démarche indispensable envers la Rive Sud sans laquelle l’intégration européenne sera imparfaite, inachevée et porteuse de conflits potentiels. F.Y.
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