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S’unir pour rehausser le blason de Meknès Développement durable

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Publier le : February 6, 2003

Comment faire pour profiter sainement du potentiel colossal de la ville de Meknès? Ou comment sortir cette cité de sa situation paradoxale de ville quasi-sinistrée? C’est pour répondre à ces interrogations que s’est tenue à Meknès (6ème ville du Royaume, 540.000 habitants) la seconde étape relative aux Ateliers Consultations de Ville, du round du Maroc Aux Villes Propres, du 30 au 1er février. Comme l’a annoncé M. Monceyf Fadili, Coordonnateur National du programme Agendas 21 Locaux en milieu urbain, comment ne pas être abasourdi quand on sait que Meknès qui a un patrimoine historique unique n’en profite guère. S’appesantissant sur les innombrables atouts de la ville, il a souligné son intégration au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996, la beauté de la porte Bab El Mansour, aujourd’hui immortalisée par les peintures de Delacroix et les 25 km de muraille et autres remparts, ... Enfin, a-t-il noté, cette ville, qui jouit d’un arrière pays unique, vit aujourd’hui une situation de repli en ce sens qu’elle n’a pas su trouver les relais nécessaires avec sa région et subit de gros ennuis qui ont trait à l’assainissement, la pollution de l’eau ... A la croisée des chemins entre les agglomérations de Khémisset, Oulmes, El Hajeb, Fès, Sidi Kacem et à quelques encablures des sites historiques de Volubilis ou de Moulay Idriss Zerhoun, la ville de Meknès a tout pour connaître un développement économique florissant, pourtant... 173 industries, soit 2,8% du total national, 28 hôtels dont seulement la moitié est classée. Pour résoudre ces problèmes, l’Agenda 21 Local est une sorte de panacée et les responsables de la ville ont accueilli la rencontre avec joie. Tout ce que compte la ville Impériale de dignitaires, d’universitaires, de responsables de la société civile, ..., a répondu présent au Palais des Congrès de la Municipalité Hamriya de Meknès, lors de la séance d’ouverture du round de la ville, le 30 janvier dernier, dans le cadre du Programme Maroc aux Villes Propres-Agendas 21 Locaux (2001-2005).

Un joyau économique en puissance

Rappelons que cet Agenda 21 Local définit les objectifs et les moyens de mise en oeuvre du Développement Durable du territoire. Le Développement Durable étant selon les termes du Rapport de la Commission Brundtland: “un développement qui permet à la génération présente de répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins.” Vu que cet Agenda repose sur une démarche participative de tous les acteurs, il était tout à fait normal que les différents acteurs de la ville soient présents.
Les différents intervenants ont à juste titre sur la connotation locale des solutions à apporter, car la mise en oeuvre de l’Agenda 21 Local passe par l’adoption d’une nouvelle approche du développement local centré sur les collectivités locales comme principaux acteurs de la gestion locale. L’avantage d’une telle démarche est de promouvoir des initiatives locales à l’échelle de la ville, dont l’objet est de développer les capacités locales pour une planification et une gestion rationnelles à même d’améliorer le cadre environnemental et les conditions de vie des habitants. Donc, elle constitue un véritable atout qui permet à tous les  partenaires concernés (élus locaux, représentants de l’État, associations locales, et opérateurs privés) non seulement de situer les problèmes de leur ville, grâce à un diagnostic qui dépeint le profil environnemental de la ville, mais aussi et surtout, de travailler ensemble pour trouver les solutions adéquates. Toutefois, a insisté M. Ranaivondrambola, Représentant Adjoint du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Rabat, une telle démarche n’a de sens que si elle est empreinte de complémentarité sur les plans géographique et historique, économique, social... 
Le diagnostic de la ville de Meknès effectué par les universitaires Mohammed Abdouh, Abdellatif Atrouz et Abdessalem Mechkouri a servi de canevas pour les travaux des trois ateliers (Gestion de l’eau au service du développement durable, Valorisation du patrimoine historique et perspectives de développement, et Amélioration du cadre de vie et promotion de la ville comme pôle régional). A partir des constats issus de ces diagnostics, des objectifs ont pu être fixés et des actions en cours répertoriées et d’autres, envisagées.
Un tel programme ambitieux ne va pas sans moyens, mais le PNUD se réjouit du partenariat qui le lie avec le Ministère et réitère sa volonté d’accompagner la réalisation d’actions-pilotes intégrées. Ce qui ne veut pas dire, en aucun cas, un retrait de l’engagement des pouvoirs publics.

Daouda MBaye

 

L’Agenda 21 Local
C’est un programme d’actions qui vise la promotion du développement durable en milieu urbain, dans le cadre d’une démarche fondée sur la concertation, la participation et le partenariat entre les différents acteurs du développement local . C’est un processus basé sur un diagnostic, qui va permettre d’établir un programme, évalué périodiquement et réorienté en fonction de l’évolution du contexte. C’est une approche qui est issue du document “Agenda 21”, plan d’actions (de 2.500 recommandations) adopté lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992. Rappelons qu’il considère qu’il ne peut y avoir de politique de développement urbain viable sans protection de l’environnement.

Propos de M. Ranaivondrambola, Représentant Adjoint du PNUD à Rabat
Nous sommes là pour discuter des problématiques qui ont été identifiées lors du diagnostic de la ville de Meknès. Sur la base de ce diagnostic, il y aura tout un processus de planification. Quant à la réalisation de ce programme qui est envisagé, il n’y a pas lieu d’être sceptique après ce travail préalable de diagnostic. Nous allons accompagner les collectivités, les autorités et les services extérieurs dans la réalisation d’actions pilotes. Quant à des réticences, nous n’en avons rencontré aucune. Aujourd’hui, toutes les autorités sont présentes et il règne un certain enthousiasme pour assurer un développement durable de la localité et surmonter les dysfonctionnements qui ont été constatés çà et là.

Trois questions à  M. El Yazghi, Ministre de l’Aménagement du Territoire, de l’Eau et de l’Environnement

La Nouvelle Tribune: Comment percevez-vous ce programme?

M. Mohamed El Yazghi : Pour les Agendas 21 locaux, nous avons une coopération avec le PNUD concernant actuellement trois villes, à savoir Agadir, Marrakech et Meknès, sur la période 2001-2005. Il faut savoir que ces Agendas 21 sont, en quelque sorte, une perspective de mise à niveau de nos villes. Ces trois villes ont un potentiel extraordinaire, non seulement au point de vue patrimoine civilisationnel, mais également par le potentiel régional, technique, de la formation et des ressources humaines. Cette mise à niveau amènera d’abord une solidarité entre les habitants, ensuite une action participative de tous les secteurs, c’est-à-dire, l’Etat, les Collectivités Locales, les Organisations Non Gouvernementales , les Universités et les Média. Cela fera que la planification pour faire face aux problèmes que connaît cette ville, sera élaborée en commun. En un mot, cela ouvre les possibilités d’une mobilisation très large.

N’est-ce pas là une fuite en avant des pouvoirs publics devant leurs responsabilités?
Loin de là, car l’Agenda 21 a été élaboré au Sommet de la Terre en 1992 et le Maroc est parmi les pays signataires qui ont adhéré à cette démarche. Nos trois villes font partie des quelques 6.500 cités à travers le monde qui ont adopté un Agenda 21. Il est certain qu’un problème de financement pour l’assainissement par exemple se pose. 

En un mot, vous êtes optimistes pour l’avenir?
Très optimiste  parce que la ville de Meknès et la ville de Fès doivent constituer un pôle de développement de toute cette région du Grand Saïs.

Propos recueillis par
Daouda MBaye



 

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