Actualité | Economie | Entreprise | Finance | Grand Public | Lire, Voir, Entendre

Rechercher :
  
Edition


Administration
Articles » Actualité
Islamistes, détenus, mais des êtres humains avant tout

Auteur :
Publier le : February 24, 2005

Depuis quelques temps, la prison Outita II située près de Sidi Kacem fait parler d'elle. L'on évoque des conditions inhumaines de détention. L'on évoque également torture, exactions, bavures commises à l'encontre des détenus islamistes, absence de conditions adéquates de vie décente, insuffisance d'équipement et d'hygiène, manque de rations alimentaires, prestations médicales défaillantes,  visites de familles non autorisées...Bref, les prisonniers islamistes incarcérés dans ce pénitencier seraient, tout simplement, brutalisés. Ces derniers, au nombre de 300, ont tous en commun d'être des détenus condamnés dans le cadre des actes terroristes du 16 mai. Est-ce, pour autant, une raison d'être traités ainsi? Les ONG des Droits de l'Homme ont fait, d'ailleurs, de cette histoire leur cheval de bataille pour relativiser le processus de démocratisation des institutions du Maroc. Depuis qu'une grève de faim a été observée en décembre dernier par ces détenus et qui a duré près de 20 jours, les critiques et les rapports n'ont pas cessé de reprocher à l'appareil judiciaire marocain l'absence de conditions adéquates de vie décente dans cette prison et dans bien d'autres. Juriste de formation et ministre de la Justice, M. Mohamed Bouzoubaâ a coupé court à ce niveau et ordonné l'ouverture d'une enquête sur les lieux. Actuellement, un rapport vient d'être remis au Procureur du Roi près la Cour d'Appel de la ville de Meknès relatif à la situation qui prévaut dans cette prison. Volonté ferme de poursuivre, dans le cadre de la loi, les présumés coupables des actes d'atteinte aux Droits de l'Homme, dit-on au département de la Justice. Premier résultat concret : six fonctionnaires de la prison de Outita II ont été convoqués par le Juge d'Instruction de Meknès dont le directeur de cet établissement. Dans le même sens, le Juge d'Instruction vient d'ordonner l'ouverture d'une expertise médicale pour déterminer si ces détenus ont véritablement subi des exactions de nature physique ou morale. De nouveaux médecins ont été désignés pour compléter ces examens. Il s'agit d'un généraliste, un psychologue et un dentiste. Par ailleurs, le ministre de la Justice n'a pas lésiné sur les moyens pour permettre aux pensionnaires de cet établissement de se distraire. Une douzaine de téléviseurs a été mise à leur disposition et des "guides de prisonniers" leur ont été distribués et englobent tout ce qui touche de près ou de loin les droits des détenus. Des promenades quotidiennes ont été instaurées en leur faveur, des couvertures et une douzaine de plaques-chauffantes leur ont été également distribuées ... De quoi améliorer, en fait, les conditions de leur détention. Du côté de l'Association Ennasser pour les détenus du 16 mai, ces initiatives du ministre de la Justice sont jugées courageuses et audacieuses. Des prises de positions qui, selon cette association, inclinent à de l'optimisme quant à l'avenir des Droits de l'Homme et accompagnent, dans le cadre de la légalité, la philosophie et l'objectif essentiel pour lesquels se bat depuis des mois l'IER, à savoir la réconciliation et la cessation des violations des droits humains au Maroc.

H.Z



 

Hebdomadaire marocain paraissant le jeudi - Directeur de la publication: Fahd Yata 320 BD Zerktouni, angle rue Bouardel - Casablanca - Maroc
Tel : +212 (0) 22 42 46 70 (7 lignes groupées) | Fax : +212 (0) 22 20 00 31
eMail :  
courrier@lanouvelletribune.com | www.lanouvelletribune.com