Le Maroc a réalisé des avancées notoires, en termes de droits de l'homme. En attestent la mise en place des instances Equité et réconciliation et Diwan Al Madalim ainsi que le nouveau code de la famille, qui sont incontestablement les Evénements majeurs de l'année écoulée. Pour autant, force est de constater que des droits continuent d'être bafoués ici et là. Les cas de violences à l’encontre des femmes en sont une parfaite illustration. Discrimination sexiste et violence accrue sont, en effet, le lot quotidien d'un bon nombre de femmes. Les résultats d'une enquête, réalisée par le CIOFEM (Centre d’Information et d’Observation des Femmes Marocaines), entité de la LDDF (Ligue Démocratique des Droits des Femmes), affiche une triste réalité.. Menée entre 2000 et 2003 dans quatre villes du Maroc, cette enquête a ciblé un échantillon de près de 3800 victimes de violences. Il en ressort divers types de violences. Sexuelle, physique, morale ou intellectuelle. La violence physique, elle, représente près de 21% de l'ensemble des cas de violences traités, avec une nette augmentation par rapport aux enquêtes précédentes du genre. Selon les enquêteurs, les femmes violentées représentent 30 à 40 % des personnes qui arrivent au service des urgences du CHU Ibn Rochd et des hôpitaux de la région de Casablanca. Les cas de viol (individuel ou collectif ) seraient de l'ordre de 5% sur l'ensemble des femmes traitées à l'hôpital Mohamed V à Hay Mohammadi. Si les taux de violence varie d'une ville à une autre et selon la nature de la fonction, il n’en demeure pas moins qu’on retrouve tous les types de violence dans les quatre villes objet de l’enquête.
A ce titre Rabat compte le taux le plus élevé des auteurs de violence dans le corps de la sûreté et le corps militaire avec 14% contre 8,5 % à Beni mellal et Marrakech et seulement 0,7% à Casablanca. Tandis que les chauffeurs se tailleraient la part du lion à Casablanca avec près de 18% contre 10,4 % à Rabat et 11,1% et 10% à Beni Mellal.
Pas plus tard que cette semaine, plusieurs cas de violence à l’égard des femmes ont défrayé la chronique. Une femme séquestrée pendant 7 ans par son mari, un nourrisson tué par son papa parce que son épouse lui réclamait la pension alimentaire etc.
Interpellé par cette situation consternante, Amnesty Maroc a saisi l’occasion du SIEL pour attirer l’attention sur les abus dont font l’objet certaines femmes. Des études et enquêtes qui reflètent parfaitement cette réalité sont exposées au stand d’Amnesty Maroc. L'objectif étant de mettre en avant des situations, "souvent cauchemardesques" auxquelles sont confrontées les victimes. Selon M. Abdellaoui, le fait d’avoir ce stand émane d’une volonté de sensibiliser les petits et les grands sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Le salon attire bon nombre de monde, et il est estimé que c’est là une opportunité idoine de toucher un maximum de personnes.
Pour Mlle Souad Taoussi, assistante sociale à Solidarité féminine, c’est une excellente idée d’avoir un stand réservé à la question de la violence contre les femmes. “On a beau faire des campagnes, cela reste très ponctuel, donc, l’idée de profiter des manifestations de ce genre pour attirer l’attention de la population sur ce problème me parait pertinente, donc au lieu d’avoir une ou deux campagnes par an, on peut faire durer cela dans le temps en accompagnant d’autres événements et il en existe tout au long de l’année.”
L'objectif étant une adhésion pleine et entière à l'esprit du temps caractérisé notamment par l'universalité des droits de l'homme. Le Maroc a ratifié les conventions internationales des droits de l’Homme et doit de ce fait se plier à leurs normes.
L’initiative d’Amnesty Maroc est intéressante, on gagnerait justement à la greffer à d’autres événements pour arriver un jour à réduire le taux de violence à l’égard des femmes en persuadant les hommes de ranger au placard, une fois pour toutes, leur côté primaire.
Leila Ouazry