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Le camouflet Billet

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Publier le : February 17, 2005

L'attitude de Jacques Chirac, depuis le début de la crise que vit aujourd'hui le peuple togolais, interpelle à plus d'un titre. Après avoir déploré la mort de "l'ami de la France et de l'ami personnel", le Président français a adopté une attitude plus réservée. Un état de fait qui a mis le gouvernement de Jean Pierre Raffarin dans une situation des plus délicates. Car comment accepter le "coup d'État" dans un pays, considéré comme le dernier rempart de l'influence française en Afrique de l'Ouest sans pour autant se mettre le reste du continent sur le dos, aggravé par les réprobations qu'a suscité la prise du pouvoir par Faure Éyadéma à Lomé ? Mais vu la réalité du Togo moderne, dans sa marche démocratique ainsi que l'unanimité de l'Union Africaine, de la CEDEAO et la grande majorité de la communauté internationale à s'opposer au  viol de la légalité, la France est revenue sur ses premières déclarations en parlant de l'organisation d'élections présidentielles et législatives. Un camouflet pour Chirac qui, pourtant, jouit d'une grande popularité en Afrique, après son opposition à la partition de la Côte d'Ivoire. Mais dans ce cas précis, c'est l'Article 35, appelé «ivoirité», qui est contesté alors que dans le cas togolais c'est l'Article 141 qui a été violé.

Mamady Sidibé


Togo, un test pour la CEDEAO

La situation au Togo, après l'auto-proclamation de Faure  Eyadema, (fils de Gnassingbé Eyadéma, décédé le 5 février 2005 à Lomé), constitue un test pour le continent africain, mais surtout pour la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), dans son combat pour l'émancipation démocratique, condition sine qua non d'un développement durable et d'une justice sociale pour le bien-être de la population. Au demeurant, c'est l'étau qui se reserre autour du nouveau pouvoir de Lomé, désormais acculé à faire marche-arrière en respectant la légalité, notamment l'Article 141 de la Constitution togolaise.

Si nous ne sommes pas encore, dans le cas de la révolution orange en Ukraine qui a vu le gouvernement de ce pays faire marche arrière, tout porte à croire que nous rentrons dans une nouvelle ère en Afrique où désormais la prise de pouvoir ne se fera plus par les armes ni par les manèges politico-politiciens. Le respect de la légalité, rien que la légalité, comme le stipule d'ailleurs dans le cas togolais, article 141 de la Constitution. Celui-ci édicte qu'en "cas de vacance de pouvoir, c'est le Président de l'Assemblée nationale qui doit prendre les rênes du pouvoir et organiser des élections 60 jours après". Ce qui ne fut pas respecté par le fils du Président défunt. À ce sujet, la condamnation de la manière dont le Président auto-proclamé, Faure Eyadéma, s'est emparé du pouvoir au Togo est révélatrice à plus d'un titre. La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en brandissant la menace de sanctions à l'égard des maîtres de Lomé remet la pendule à l'heure pour dire à la face du monde que désormais la voie des urnes ou le respect de la légalité constitutionnelle sont les seules et uniques voies pour accéder aux fonctions de Chef d'État. Le résultat de cette fermeté ne s'est pas fait attendre puisque la dernière rencontre des autorités togolaises avec la Délégation de la CEDEAO a été jugée prometteuse. Rappelons que la CEDEAO a clairement suggéré au pouvoir de Lomé de revenir au respect strict de la constitution, c’est-à-dire la démission de Faure Gnassingbé en vue d'organiser des élections libres et transparentes. La délégation de l’organisation, conduite par son Secrétaire Général, Mohamed Ibn Chambas, la ministre nigérienne des Affaires étrangères, Aïchatou Mindaoudou et le ministre nigérian des Affaires étrangères Olu Adeniji, parle de contacts fructueux. Est-ce à dire que Faure Éyadema va démissionner en remettant tout simplement le pouvoir au Président du Parlement en vue d'organiser des élections présidentielles et législatives, comme le stipule la constitution togolaise ? Rien n’est moins sûr. Mais ce qui est certain, c'est que la situation togolaise a valeur de test pour la CEDEAO, laquelle n'entend plus tolérer l'impunité politique ni être complice des pouvoirs dictatoriaux. Devant toutes ces négociations, le temps presse comme le souligne d'ailleurs le ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio pour qui il faut aller vite pour éviter que la crise s'installe dans la durée et  provoque des fissures dans la coalition de la CEDEAO. Du coup, des interrogations fusent de toutes parts. En effet, le retour à la légalité constitutionnelle, exigé par la Communauté Économique des États de l'Afrique de l'Ouest se fera-t-il sans Faure Gnassingbé, ou quelle sera la nature des compromis pour que le Togo finisse par restaurer sa quiétude ? Une chose est sûre, c'est que le train de la démocratie est désormais en marche en Afrique et plus rien ne pourra l'arrêter.

M.S.


Élections en RCA
C'est le 13 mars prochain que les Centrafricains sont appelés à élire leur Président de la République parmi onze prétendants, au terme d'une transition réussie par l'actuel chef de l'État M. François Bozizé, qui est d'ailleurs candidat à sa propre succession. Outre M Bozizé, les autres candidats, conformément à l'accord signé au mois de janvier à Libreville, sont l'ancien président André Kolingba (1981/1993), l'actuel vice-président Abel Goumba, l'avocat Henri Pouzère et l'ancien ministre Auguste Boukanga, dont les candidatures avaient été retenues en premier lieu par la Cour constitutionnelle. S'y ajoutent le dernier Premier ministre de M. Patassé, Martin Ziguélé, l'ex-ministre Charles Massi, l'ex-Premier ministre Jean-Paul Ngoupandé, le pasteur José Binoua, l'ex-ministre Olivier Gabirault et l'ancien ministre de la Défense de M. Patassé, Jean-Jacques Démafouth. C'est une nouvelle expérience démocratique que nous allons vivre dans deux mois.


Rendez-vous
• Fespaco 2005

La 19 ème édition du Fespaco aura lieu du 26 février au 5 mars, sous le thème "la formation et les enjeux de la professionnalisation"  avec un colloque sur ce sujet et une rétrospective des 50 ans de cinéma d'Afrique noire.



 

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