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MM. Slimani et Laâfoura dans le box des accusés Justice

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Publier le : February 10, 2005

L’information est confirmée! L’affaire Abdelmoughit Slimani et Abdelaziz Laâfoura vient de quitter le bureau du juge d’Instruction pour atterrir le 16 février 2005 à la Chambre criminelle près la Cour d’Appel de Casablanca. Le magistrat Lahcen Tolfi qui se chargera de cette affaire aura à examiner un rapport de 600 pages. Au menu des chefs d’inculpation: ces deux figures de proue du sérail de l’ex ministre d’Etat à l’Intérieur Driss Basri sont accusés de la mauvaise gestion des affaires communales de la capitale économique du pays, des irrégularités dans l’attribution et la passation des marchés publics, l’abus de pouvoir dans le but de faciliter l’obtention de financement de certains marchés particuliers, dilapidation de deniers publics, falsification de documents administratifs et bancaires... On les accuse également de mauvaise gestion caractérisant les anomalies qui ont été constatées dans deux grands projets dont l’un a été réalisé et l’autre ne l’est toujours pas. Il s’agit du projet du complexe résidentiel de Oulad Ziane et celui de Fouarate. Une affaire donc qui s’est rapidement transformée en une sorte de jeu de poupées russes, dont la fermeture d’un chapitre aboutissait à l’ouverture d’un autre, avec en prime des listes de personnes qui s’allongent à vue d’oeil. L’ex-gouverneur de Hay Mohammadi Aïn Sebaâ et l’ex Président de la CUC et 20 autres suspects étaient alors les nouveaux interpellés de l’ex-CSJ. Une affaire, non moins recombolesque, qui venait rejoindre les autres dossiers, notamment, ceux du CIH, APM, BP, Erramache, CNSS...On le savait et ce ne seraient un secret pour personne, les craintes de voir des scandales révélés au grand jour donnaient et continuent de donner des sueurs froides à plus d’un responsable et plusieurs hommes d’affaires. Les poursuites engagées contre Slimani, Laâfoura et compagnie n’étaient que le début d’une série d’affaires qui devraient resurgir parallèlement ou dans le cadre de leur procès. Comme on le voit donc, l’affaire promet de sérieux rebondissements. Il ne s’agit pas là d’un simple fait divers ou une affaire ordinaire qui prendra fin avec la prononciation du verdict de la Cour à l’encontre des prévenus. Bien au contraire, cette affaire dépasse de loin l’aspect judiciaire. Elle devrait être à l’origine de tout un processus de réflexion sur un système de gestion locale dont les énormes failles ont été relevées à l’occasion de l’enquête menée par les services de la BNPJ. Car, lorsqu’on parcourt le récit détaillé et fastidieux des actes reprochés aux accusés, l’on est littéralement sidéré par une absence totale de retenue. Des responsables locaux qui auraient agi avec la certitude éhontée et inébranlable d’une impunité acquise: ils n’auraient pas imaginé un instant qu’ils pourraient être rattrapés par leurs présumés méfaits, que les services de l’ordre et la Justice pourraient s’intéresser à leurs stratagèmes de haut vol. Dans l’autre registre, l’affaire Laâfoura et Slimani met en lumière la responsabilité politique de nos formations qui ont accepté d’enrôler dans leurs rangs des individus aux pratiques douteuses, induisant ainsi une forte perte de crédibilité des partis et de leurs élus auprès de la population locale. A rappeler que Slimani était à l’époque membre du B.P de l’Union Constitutionnelle.

H.Z.



 

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