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Forte mobilisation pour les prisonniers marocains de Tindouf

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Publier le : February 10, 2005

Pour commencer l’année 2005 en beauté, voilà une série de stupidités et d’absurdités où s’entassent, pêle-mêle, les extravagances d’un Ali Lamrabet et celles d’un militant des Droits de l’Homme du nom d’Abdelhamid Amine, le tout empreint d’une sorte de “jusqu’au boutisme”. Sûrement, vous l’avez bien lu ou vous en avez entendu parler. Normal! une «connerie» circule beaucoup plus qu’une information sérieuse, objective et déontologiquement correcte. A lire ce qu’a écrit un collègue, vous en serez d’ailleurs totalement convaincus. Vous y trouverez-ceci: «Les habitants des camps de Tindouf ne sont pas marocains, ils n’ont aucune envie de retourner au Maroc et ils sont libres, non séquestrés et non assignés». De telles futilités, seul Ali, bien sûr, en est capable. Dans ses déclarations à quelques organes de presse espagnols sur sa visite dans les camps de Tindouf il a prétendu que les habitants de ces geôles ne sont pas marocains, n’ont aucun désir de retourner au Maroc et qu’ils sont libres, non séquestrés et non assiégés. Ce qu’a avancé ce journaliste porte atteinte à la dignité des Marocains des provinces du Sud qui dénoncent, à l’unanimité, ces déclarations provocatrices et humiliantes. Mais, où veut-il en venir? Sans aucun doute, cherche-t-il à minimiser la souffrance des Marocains séquestrés arbitrairement en territoire algérien en méconnaissant de la sorte totalement la gravité du siège, de la privation de liberté et de la séquestration? Et dire qu’il a lui-même souffert les affres de la privation et de la détention! Abdelhamid Amine, lui, est Président d’une ONG des Droits de l’Homme, mais, il semble que les droits de ces Marocains séquestrés dans les camps de Lahmada n’ont aucune importance dans sa démarche de Droits de l’Homme. Sa déclaration à une agence française de presse en dit long sur ce qu’il pense  de la liberté et du droit à la liberté (à la vie...quoi!). En sa qualité de Président de l’AMDH, il estime que les réactions de la population des provinces du Sud aux déclarations de Lamrabet sont sévères et visent à faire taire ce dernier et à l’empêcher d’exercer son droit d’exprimer son opinion. “Vous avez tout compris!” Parfois quand on court après les formules et autres jeux de l’esprit, on risque de côtoyer la sottise! À Tindouf, et c’est notoire,  des prisonniers (bel et bien) marocains continuent de souffrir. C’est un fait avéré quoi qu’en disent certains. En tout cas, les nombreuses réactions soulevées un peu partout, en disent long sur le sujet.

Soutien et indignation

Ainsi, des associations, des acteurs politiques et des défenseurs des droits humains des provinces du Sud n’ont pas tardé à réagir: « Nous, nous sommes déterminés à militer sans relâche pour barrer la route à tous ceux qui tenteront de porter atteinte à l’honneur et à la dignité de nos frères séquestrés dans les camps de Tindouf, au sud de l’Algérie». Dans un appel dit «Appel de Rabat», rendu public à la suite de l’organisation de sit-in devant les sièges du ministère de la Communication, du Parlement et de l’AMDH, ces  derniers dénoncent à haute voix les déclarations irresponsables de Ali Lamrabet à certains journaux sur sa “fameuse” visite dans les camps de Tindouf. Parallèlement, trois sit-in de protestation devant trois lieux symboliques ont été organisé récemment à Rabat. Ces personnalités du monde associatif et politique n’ont pas manqué, toutefois, de reprocher aux responsables étatiques et politiques leur aphasie. « Grand est notre étonnement face au mutisme observé par le gouvernement, le parlement, la classe politique, les syndicats, les ONG ...», disent-ils et d’ajouter que c’est « une situation d’autant plus étrange, que nous nous sommes retrouvés seuls sur la scène, mais épaulés par des réactions et des articles de presse de nos frères des provinces du Sud qui dénoncent ces déclarations provocatrices et humiliantes. C’est d’autant plus grave que ce qu’à prétendu Lamrabet porte atteinte à la dignité des fils du Sahara et à leurs frères séquestrés en faveur desquels nous continuons à lutter pour la levée de leur siège et pour mettre à nu les complots et les manoeuvres du Polisario». Et pour ce qui est des déclarations de l’AMDH, ils attendent toujours que cette association clarifie son attitude sur les déclarations de son Président qui a feint, estiment-ils, ignorer le calvaire des Marocains séquestrés à Tindouf.

Collectif Watanouna

Lundi 7 février,  Casablanca, le Collectif Wattanouna créé récemment par une vingtaine de femmes venues des associations et d’horizons divers, lance son appel au nom de la morale et du droit de tous à la dignité: « Tous pour la libération des Marocains séquestrés à Tindouf». Celles et ceux qui ont assisté à la conférence de presse de ce collectif ont pu certainement remarquer la présence de plusieurs personnalités politiques et autres du monde associatif. L’idée de base de ce Collectif qui remonte à quelques mois a germé, mûri, et a pris forme au fur et à mesure pour devenir l’action principale du Collectif Watanouna et son objectif majeur:
« Tous pour la libération des Marocains séquestrés à Tindouf». Dans le même sens, Watanouna compte organiser deux actions: une marche nationale le 6 mars à Rabat. Le choix de la date est symbolique. Pour les organisateurs, il coïncide avec la journée mondiale de la femme qui reste une occasion propice pour attirer l’attention de la communauté internationale qui se tourne ce jour là vers toutes les initiatives féminines. Le Collectif a choisi de dédier cette journée aux Marocains séquestrés dans les camps de la honte. Dans le même ordre d’idées, la journée du 8 mars sera célébrée à Laâyoune avec au programme un hommage à des femmes sahraouies. En outre, une carte postale a été conçue et réalisée pour recueillir des signatures de soutien qui seront remises aux Nations Unies. Un million de cartes circuleront à travers le Royaume pour permettre au plus grand nombre de Marocains d’exprimer leur soutien aux Marocains retenus dans les camps de Tindouf depuis plus d’un quart de siècle. Parmi les membres fondateurs de ce Collectif, l’on trouve Saïd Nacir, Naïma M’charki, Ahmed Ghyat, Najat Atabou, Nezha Skalli, Basima Hakkaoui...Bref, des acteurs, des comédiens et des chanteurs connus pour leur popularité. Dans tous les cas, la conférence de ce lundi a mis en harmonie plusieurs sensibilités de la société civile. Cette première « psychothérapie de groupe» a permis de dégager un certain nombre d’idées, mais aussi de tordre le cou à quelques convictions bien implantées chez certains. Un peu comme si les temps ont changé ou ont obligation de le faire. En tout cas, ce lundi 7 février 2005, tous ont voulu y croire...très fortement.

H.Zaatit



 

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