Après Rabat, l’Instance Equité et Réconciliation a prévu dans son programme la ville de Casablanca. Mais pour des raisons qu’elle n’a pas voulu dévoiler, les prochaines étapes se feront plutôt à Figuig, Errachidia et Khénifra. La date de la séance des auditions de Casablanca n’a pas encore été fixée. L’autre changement tient à la retransmission télévisée. Rappelons qu’il était question d’une retransmission télévisée quotidienne étalée jusqu’en février. Seulement, la donne a complètement changé juste avant les premières auditions en décembre. L’agenda des programmations a été revu à la baisse. Les premiers témoignages y sont-ils pour quelque chose? L’IER s’est-t-elle vue obligée de changer de stratégie et de démarche? Que s’est-t-il alors passé entre temps? La réponse à ces questions se trouverait, sans aucun doute, dans l’initiative de l’AMDH d’organiser, en parallèle, des séances d’écoutes publiques pour les victimes des années de plomb où ces dernières auront la possibilités de citer les noms des responsables et de leurs tortionnaires. En effet, lors de sa dernière réunion du 27 décembre, cette ONG avait déclaré son intention d’organiser ses propres séances d’auditions publiques en vue de permettre aux témoins de revenir avec plus de détails sur les sévices qu’ils ont subis. Autre raison invoquée par l’AMDH: sa liste n’a pas été prise en considération par l’IER. Pour Driss Benzekri, Président de cette instance, point d’inquiétude. Rassurant, ce dernier estime que cela n’a aucune incidence sur le travail de l’Instance. « Nous continuons notre mission jusqu’au bout et avec le même dynamisme». Par ailleurs, dans l’entretien qu’accordé le Souverain à El Païs, ce dernier a été catégorique au sujet des auditions publiques de l’IER.
« Evidemment, je ne suis pas d’accord. J’insiste, il ne s’agit pas, comme certains le prétendent, d’une initiative qui va diviser le Maroc en deux. Il n’y a ni juges, ni personnes jugées. Nous ne sommes pas devant un tribunal. Il s’agit pour nous d’examiner, sans aucun complexe ni honte, cette page de notre histoire. C’est à partir de là que nous pourrons avancer dans de meilleures conditions. Des personnes qui n’ont à rien à voir avec le véritable militantisme, et qui ont fait des droits de l’Homme leurs fonds de commerce, veulent nous empêcher de travailler, d’avancer et de répondre aux aspirations des Marocains. Je pense que le moment est venu de leur dire: Ecoutez, maintenant que ce dossier est en train d’être éclairci et que nous n’avons plus de complexe dans ce domaine, nous devons aller de l’avant». No comment !
H.Z.
Les précisions de la famille
El Ouassouli
«Notre famille tient à affirmer devant l’opinion publique qu’aucune vérité et de quelque nature qu’elle soit ne la choquerait pourvu qu’elle soit établie et à l’appuie de preuves irréfutables. Nous affirmons que pour nous, le choc ne réside pas dans la vérité car c’est ce que nous réclamons depuis toujours....Alors que nous avons adressé une lettre à l’IER datée de 10 janvier 2005 et suite à l’article paru dans Assahifa pour demander qu’on mette terme à notre attente interminable, nous étions surpris de voir dans Alayam ce qui peut ressembler à la réponse à la dite lettre et avec des informations contradictoires et inquiétantes. Il ne nous a pas été permis de savoir l’origine de ces informations diffusées par la presse, mais nous sommes en droit de nous interroger pour savoir si l’IER use d’un tel procédé et si c’est le cas pour quelle finalité? Il serait aujourd’hui prématuré d’aborder les questions de fond car l’urgence pour nous est de pouvoir accéder à toutes les informations dont l’IER dispose. Celle-ci avait déclaré en fin d’année 2004 qu’elle est parvenue à élucider le sort de certains disparus, qu’elle va informer les familles au moment opportun et selon les modalités qui leur conviennent.
Au programme également...
Parallèlement à ces séances d’écoute, l’Instance organisera 12 auditions thématiques consacrées à des questions intimement liées aux violations que le Maroc a connues, dans leurs dimensions juridique, historique, politique et psychologique. Les sujets retenus pour ces séances thématiques concerneront: les survivants de la disparition, les événements de l’Atlas de 1973, les événements du Rif, la torture, la détention arbitraire, les femmes et les violations graves des Droits de l’Homme, l’exil, les événements du Sahara, les centres secrets de détention, les émeutes urbaines et les familles des disparus. Pour ce qui est des séances d’écoute, le coup d’envoi vient d’être donné à Rabat pour ce programme qui s’étendra sur dix semaines et qui concernera les villes de Casablanca, Khénifra, Al Hoceïma, Tantan, Smara, Errachidia, Figuig, Fès et Tétouan. Au total, 200 victimes des années de plomb apporteront leurs témoignages.