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Annahj Addimocrati prend position Droits de l’Homme/IER

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Publier le : January 6, 2005

Lors de sa réunion ordinaire, tenue à Casablanca le 25 décembre 2004, le Secrétariat national de Annahj Addimocrati, a débattu des deux premières «audiences publiques» réservées  aux témoignages des victimes des atteintes graves aux droits humains au Maroc. Il déclare que les audiences publiques des 21 et 22 décembre 2004 constituent une dénonciation sans appel aux crimes  commis par le pouvoir tout au long de la période qui s’échelonne entre 1956 et  1999, malgré:
-L’absence de transparence quant aux critères définis pour le choix des intervenants ;
-Les contraintes auxquelles  les témoins sont assujettis, surtout pour ce qui touche la révélation  des noms de leurs tortionnaires ; 
-L’intrusion d’un témoignage dont l’auteur ose léguer aux victimes une partie de la responsabilité, en feignant d’oublier que particulièrement le mouvement Marxiste-léniniste marocain qui s’est opposé radicalement au pouvoir dictatorial, et dont les militants ont subi toutes sortes d’humiliations, n’a jamais commis de violations graves envers des individus ou des groupes de personnes.
Le Secrétariat National considère, aussi, que la  dénonciation à grande échelle, même partielle, d’une partie des crimes commis constitue un acte positif mais, il reste vigilant quant à l’aboutissement  de ces audiences et vis-à-vis de la démarche poursuivie par le pouvoir en vue de «clore le dossier». Cette démarche qui s’intègre dans un processus qui vise à miroiter  un semblant de concessions  qui n’altèrent  en rien les assises du pouvoir ( La royauté érigée en système de pouvoir personnel et autoritaire, les services secrets sécuritaires et militaires  et les classes dominantes) mais vise plutôt à contenir les aspirations du peuple marocain et les forces démocratiques qui militent pour une démocratie véritable. En effet,  le pouvoir s’attache toujours à l’impunité des crimes politiques et économiques commis et refuse tout changement constitutionnel qui tiendrait compte des aspirations du peuple marocain pour une démocratie radicale.
Pour se donner une légitimité démocratique, le pouvoir prétend opérer une «rupture» avec son passé et tente d’insinuer la prise de décisions «ultimes» et «courageuses» pour que les crimes commis tout au long de la période 1956 – 1999  ne soient plus réédités! Nous, nous estimons que c’est tout à fait le contraire, car la caractéristique principale de l’évolution du pouvoir, dans la situation actuelle, ne constitue pas une rupture vis-à-vis du passé mais elle s’inscrit plutôt dans la continuité du régime de Hassan II. Cette continuité ne s’explique pas seulement par la persistance  de la structure makhzanienne héritée, mais aussi par les violations graves aux droits humains suite aux  actes criminels du 16 mai 2003,  et  la recrudescence de la répression violente des mouvements sociaux revendicatifs des diplômés chômeurs, des travailleurs, des paysans, des étudiants … Ajoutant à cela l’adoption de toute une panoplie  de lois  remettant en cause certain acquis en renforçant la restriction des libertés: La loi sur la lutte contre le terrorisme, le Code du travail … Et, la préparation de  Projets de lois similaires:  Projet de Loi sur le droit de grève,   Projet de loi sur les partis politiques …
Annahj Addimocrati considère que la liquidation du registre relatif aux atteintes graves aux droits humains et l’avancement sur la voie démocratique dépend essentiellement de la lutte de notre peuple et de l’unité d’action de ses forces démocratiques en vue de :
- Dénoncer, non seulement les violations de la période 1956-1999,  mais aussi les atteintes graves commises  dans la période que nous vivons et que l’on dénomme  «l’époque nouvelle» ;
- De révéler toute la vérité et de juger tous les responsables impliqués dans les crimes politiques et économiques qui ont causé la destruction des richesses du peuple marocain et le pillage des deniers publics condamnant ainsi plusieurs générations a vivre dans l’enfer de l’analphabétisme, de la pauvreté, du chômage et de la délinquance ;
- De dissoudre les services secrets impliqués dans tous les crimes commis et soumettre l’appareil sécuritaire au contrôle populaire ;
-  D’instaurer une constitution démocratique et de mettre en place  un appareil judiciaire indépendant, juste et compétent.



 

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