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Les travaux du Casablanca City Center devraient démarrer incessamment Un conflit en passe d’être résolu

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Publier le : December 23, 2004

C’est vers un dénouement heureux que l’on se dirige dans l’affaire, (maladroitement médiatisée d’ailleurs), du Casablanca City Center, ce projet qui devrait, sous l’égide du groupe Accor et de son fonds d’investissement Risma, constituer, grâce à l’implantation d’unités hôtelières, d’une galerie commerciale, d’un ensemble de bureaux et de plusieurs centaines de places de parking, la première réalisation concrète du plan Casablanca 2012.
Situé en plein centre ville, juste en face de la gare de Casablanca Voyageurs, derrière l’Avenue des FAR et à quelques dizaines de mètres du marabout de Sidi Belyout, le " CCC " a pour ambition première de moderniser, développer et réhabiliter un espace aussi important que sinistré, en plein cœur de la métropole économique.
Pour cela, les initiateurs du projet, c’est-à-dire le Groupe Accor, son levier d’investissement, Risma (qui compte plusieurs institutionnels nationaux prestigieux) a fait valider et accepter l’idée de la construction de trois hôtels, de catégorie différentes, pour donner à Casablanca des capacités d’accueil dignes de ses ambitions, mais aussi pour créer un pôle de développement et d’animation dans une zone singulièrement laissée à l’abandon depuis des dizaines d’années. C’est ainsi que le 4 avril dernier, en présence des plus hautes autorités locales (Wali, Maire, corps élus, etc), de M. Adil Douiri, Ministre du Tourisme, l’un des deux présidents d’Accor, M. Gérard Pélisson, accompagné de son staff parisien et de M. Marc Thépot, Directeur général d’Accor Maroc, a officiellement inauguré le projet, après que la diligence du Groupe Alliance, maître d’ouvrage délégué, eût permis en quelques heures de nettoyer et d’assainir un terrain, jusque-là dédié aux agapes plus ou moins salaces et licencieuses de pauvres hères des deux sexes…
Ce qui était un parking en déshérence, devait devenir, en quelques mois, le siège d’un Sofitel, d’un Novotel, d’un Ibis, trois des enseignes hôtelières du Groupe Accor qui se proposait, après avoir signé un accord avec l’OFPPT, d’engager et de former plus de 500 jeunes Marocains et Marocaines pour y travailler. Le projet prévoyait également des immeubles de bureaux, une galerie commerçante, des restaurants, deux parkings, afin de donner au centre ville une image à la hauteur des ambitions de la première agglomération du Royaume.

L’Administration, facilitateur ou inhibiteur de projets ?

Ayant eu finalement la possibilité de s’entendre avec les propriétaires de cet espace (notamment les compagnies d’assurances Al Wataniya et la RMA, la commune de Sidi Belyout et le Ministère des Habous), le groupe Accor, en pleine coordination avec le Centre Régional d’Investissement, l’architecte Patrick Collier et le Groupe Alliance, avait obtenu l’aval des autorités locales pour des dérogations rendues indispensables par les contraintes d’un projet de cette taille et d’un montant estimé dans sa globalité à plus de cinq cents millions de dirhams.
Il ne manquait donc, à l’orée de l’été dernier, que la seule autorisation de lancer les travaux, laquelle autorisation était d’autant plus nécessaire qu’Accor avait entre temps déboursé la bagatelle de 100 millions de dirhams, pour acquérir pour 72 Mdh les parcelles des Habous et des compagnies d’assurances et financer toutes les études préalables à la mise en route du projet.
Quelle ne fut donc pas la surprise des promoteurs du CCC que de se trouver en face d’un "niet " particulièrement ferme de l’Agence urbaine de Casablanca qui, s’appuyant sur les prescriptions du schéma directeur de Casablanca,  (vieux de vingt ans par ailleurs !), opposa son veto à l’octroi d’une autorisation qui, pourtant, ne devait être que la suite logique d’un aval préalable accordé avec enthousiasme à la fois par les édiles locaux et les autorités centrales.
Cette situation, préjudiciable à la fois à l’équilibre financier du projet (basé sur des financements bancaires déjà octroyés, (producteurs donc d’intérêts et d’agios), mais aussi aux engagements moraux et sociaux du Groupe Accor lié à l’OFPPT par un contrat d’embauche et de formation de 500 jeunes, a perduré jusqu’à ces jours derniers, malgré la mobilisation et l’intermédiation de plusieurs instances et autorités afin d’amener à plus de compréhension l’Agence urbaine casablancaise, tandis que des initiatives " journalistiques " maladroites venaient polluer encore plus une atmosphère passablement chargée.
Sans revenir ou aborder le détail des " interventions " et arbitrages qui ont émaillé tout le processus de rapprochement des points de vue entre l’Agence d’une part et le CRI de Casablanca, l’architecte Patrick Collier, le maître d’œuvre délégué Alliance et, in fine, la Direction générale d’Accor au Maroc, d’autre part, on dira qu’un terrain d’entente a été trouvé grâce à la bonne volonté de toutes les parties.
Les promoteurs, à qui l’on demandait de prévoir un passage pour les livraisons de l’hôtel Marhaba mitoyen (encore en phase de réfection !!!) et de respecter le site de Sidi Belyout, ont pris les engagements nécessaires, tandis que la question (juridique) de la dation à Accor du terrain appartenant à la commune devrait être réglée entre les services du Maire, M. Sagid et ceux du Wali de l’Agence urbaine, Mme Imensar.
On ne manquera pas de saluer cette fin heureuse, notamment parce qu’elle permettra le démarrage d’un projet d’envergure, nécessaire au développement et à l’embellissement de Casablanca, à la création d’emplois et de richesses au profit de la population locale, mais aussi indispensable à la pérennisation de la présence dans notre pays de grands groupes hôteliers et touristiques internationaux qui manifestent l’intention (et la réalisent) de s’implanter durablement dans notre pays en associant à leur démarche des investisseurs institutionnels marocains.
Il s’agit d’une question d’autant plus importante que le Groupe Accor apparaît comme une véritable locomotive du développement touristique là où il choisit de s’implanter. Nonobstant la qualité et la valeur de sa présence au Maroc, on rappellera que le départ de ce Groupe de la Guadeloupe française avait causé en son temps un véritable traumatisme pour l’industrie touristique de ce DOM, tandis que le Maire de Paris, M. Bertrand Delanoë, en visite officielle à Casablanca, n’a point manqué de rappeler à son homologue M. Sagid la qualité du partenariat qui unit la Ville de Paris au Groupe Accor (par ailleurs sponsor) dans la perspective de l’organisation des Jeux Olympiques de 2012 pour lesquels la candidature parisienne fait figure de favorite (avec Madrid).
On mentionnera, notamment pour tous ceux qui se gargarisent d’un discours étroit et quelque peu xénophobe, que les Résidents Marocains à l’Etranger et les Français constituent aujourd’hui 78 % de la fréquentation touristique du Maroc et qu’un mouvement éventuel de repli du Groupe dirigé par MM. Pélisson et Dubrulle aurait sans doute un impact fortement négatif sur de telles performances.
Voilà pourquoi le "happy end" de l’affaire du Casablanca City Center est profondément positif car il résonne comme un signal fort à l’endroit des investisseurs, locaux et étrangers, qui s’intéressent à l’industrie touristique nationale, et confirme que l’Administration marocaine a le devoir de mesurer la responsabilité qui est la sienne dans l’indispensable accompagnement des opérateurs et promoteurs privés désireux d’entreprendre dans notre pays. Il est donc attendu que les travaux du CCC commenceront au plus tard dans les premiers jours de janvier 2005, selon des sources fiables et concordantes.
Un sanctuaire maraboutique n’est pas créateur d’emplois, un parking désaffecté n’est pas source de richesses pour la collectivité, et les schémas et règlements n’ont de sens que s’ils permettent de créer, d’avancer, de développer.

Fahd YATA



 

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