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Y a-t-il encore une place pour Al Badil Al Hadari ? Politique

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La reconnaissance par l'Intérieur en cette rentrée politique 2004 d'Annahj Eddemokrati en tant que parti a encouragé, semble-t-il, Al Badil Al Hadari à insister et de multiplier les efforts dans l'espoir de recevoir son accusé de réception. Tolérée mais non pas reconnue officiellement, cette formation que dirige M. Mustapha Moâtassim s'acharne depuis 2002 à conquérir le champ politique marocain. Produit de la Chabiba Islamia d'Abdelkrim Motiï, Al Badil Al Hadari ne veut en aucun cas lâcher le morceau: " Aller jusqu'au bout pour obtenir notre droit à un parti politique. Un droit constitutionnel". Hésitantes ou méfiantes, les autorités publiques ne se sont pas encore prononcées sur ce dossier ( Une situation de "Wait and see", ainsi peut-on dire). Question, peut-être, d'éparpiller les dirigeants de cette formation à travers les partis existants en vue de récupérer les militants de cette mouvance islamiste en leur offrant un cadre d'action politique afin d'intégrer la scène politique nationale. C'était le cas par exemple du PJD lorsque le leader du Mouvement Populaire Démocratique et Constitutionnel ( MPDC), M. Abdelkrim El Khatib avait accepté d'accueillir dans les rangs de son parti les islamistes du MUR. Ou le cas actuellement du PDI qui est en train de s'inspirer de l'expérience d'El Khatib en ouvrant ses portes aux Islamistes de tout bord qui ont encore envie de faire de la politique. Néanmoins et si l'on revient au cas de Badil Al Hadari, le dilemme repose, jusqu'à présent, sur cette éternelle crise de confiance qui caractérise les rapports entre l'Etat et l'Islam politique au Maroc. De cela découle également la question de savoir si ce "parti" peut servir à contre-balancer le poids du PJD ou encore celui des Islamistes d'Adl Wal Ihssane. Seulement, fera-t-on en sorte qu'Al Badil Al Hadari ne perpétue pas cette tradition de doutes et de suspicion? Car, la même ambiguïté a été entretenue avec l'arrivée du PJD. Mais là, ce n'est pas le problème. Il semble que l'histoire de cette organisation islamiste pèse encore de tout son poids sur cette affaire. Celle-ci a vu le jour à partir de 1981 comme étant un "courant révisionniste" à la suite, bien sûr, de l'éclatement de la Chabiba Islamia des années soixante et soixante dix. La particularité de cette mouvance à peine naissante consistait à s'éloigner dans un premier lieu et de manière progressive des thèses anti-gauche socialiste des Islamistes de la Chabiba. Or comme l'avait fait relever un observateur, en gagnant la réputation d'islamisme de gauche, ce qui est d'autant plus méritoire que certains de ses meneurs ont fait leurs premières armes dans le marxisme-léninisme. Loin de Cheikh Yassine et encore plus loin d'El Khatib qui est soupçoné d'instrumentalisation de l'islamisme, Al Badil Al Hadari s'est contenté au début d'investir le social. Début des années 90, les premiers signes de la rupture avec la doctrine anti-gauchiste des Islamistes de la Chabiba commença alors a se sentir. Le journal "Al Jisr" crée en 1992 exprima sans ambiguïté la nouvelle ligne directrice des amis de Moâtassim. En 1994, cette organisation était parmi les premiers, avant même la gauche, à rejeter le fameux pacte islamique de Cheikh Yassine. Les cordons se coupèrent aussi lors de la manifestation anti-plan d'intégration de la femme de Casablanca où Badil Al Hadari n'a pas participé avec les autres mouvements islamistes. L'idée de se constituer en parti  ne manqua pas de tarauder cette association. En 2002, précisément en été de cette année, les Badilistes déclarent à haute voix que Badil Al Hadari est un parti politique. "Nous sommes organisés en parti politique avec ses statuts, ses instances et ses sections. Nous ne sommes pas encore autorisés, mais sans être interdits, nous sommes tolérés".  Samedi 20 novembre 2004, cette formation a organisé son congrès extraordinaire au siège de la GSU sous le thème " Pour une véritable citoyenneté". Celles et ceux qui ont assisté à la séance d'ouverture des travaux de ces assises, ont certainement pu remarquer les affinités qui existent entre les Gauchistes de la GSU et les Islamistes de Badil Al Hadari. Un constat que M. Mohamed Moujahid, SG de la GSU, qualifie de chose normale." Cela n'est pas nouveau et il ne doit pas par conséquent avoir plus d'importance qu’il ne le mérite. Abstraction faite de nos appartenances idéologiques, notre combat reste le même", nous dit M.Moujahid. Parmi les présents, nous avons bien vu des militants islamistes d'Adl Wal Ihssane, du PJD, Haraka Min Ajl Oumma et autres. Parmi les présents également, des représentants des ONG des Droits de l'Homme, certains membres des partis politiques, notamment, l'USFP, le PPS, l'Istiqlal, PSD, GSU, PSD et bien d'autres. Pour sa part, M. Moâtassim SG de Badil Al Hadari était catégorique: "nous avons un message clair: nous sommes contre l'encadrement sur la base de personnes croyantes contre personnes non croyantes ou encore sur la base d'islamistes contre laïcs". Cela veut dire, explique-t-il, qu'il est encore possible au Maroc de créer un pôle démocratique composé de gauchistes, de libéraux, de nationalistes et d'islamistes dans l'objectif de surmonter les obstacles qui freinent le développement du Maroc. Dans tous les cas, Al Badil Al Hadari joue la carte de l'Islamisme moderniste et est ouvert sur toutes les composantes de la vie politique au Maroc. Et en plus de son soutien au plan d'intégration de la femme, il ne cesse de jeter les ponts avec la gauche et certains protagonistes de la laïcité. Cela suffira-t-il pour autant à atteindre son objectif, à savoir, être reconnu officiellement? Pour l'instant, rien ne l'augure.           

H.Zaatit



 

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