La réunion de la Commission Administrative de l'USFP, ce samedi 30 octobre 2003, isolée peut-être, a eu le mérite de clarifier beaucoup de choses, mais d'une certaine manière. La date de sa tenue n’a d'ailleurs pas été fixée au hasard. Elle a coïncidé avec l'anniversaire de deux événements qui ont marqué l'histoire du parcours politique et partisan de cette formation. Le premier est celui de l'enlèvement de Mehdi Ben Barka, figure de proue du mouvement Ittihadi et leader fondateur de l'UNFP. Le deuxième est celui de la démission de Me El Youssoufi de son poste de Premier Secrétaire de l'USFP. Ce dernier n'intéresse, bizarrement, plus personne dans ce parti. (Pauvre Youssoufi, il est vite tombé aux oubliettes). Il semble que cette logique est implacable à l'USFP: l'on accorde beaucoup plus d'intérêt aux leaders morts qu'aux leaders vivants. Son successeur, par intérim, El Yazghi mesure, dans ce sens, ce qu'il dit: " Déjà une année, depuis que l'USFP a abordé un moment fondamental de son parcours militant. Nous nous étions alors arrêtés pour examiner sereinement la situation de notre parti et la réalité nationale en vue de surmonter nos subjectivismes et de nous réapproprier les données authentiques de la situation". Sans faire aucune allusion à l'année qu'il mentionne, il présente déjà le bilan de son action: " une année s'est écoulée pratiquement depuis ces moments importants par lesquels nous nous sommes engagés pour la mise à niveau et la modernisation de notre parti. Une année fructueuse en actions et efforts...avec des programmes ambitieux qui ont contribué à la redynamisation de la vie partisane". Tout l'enjeu est là. Entre les signes du malaise, le remue-ménage, l'organisation du VII ème congrès, la consécration du leadership, une chose est sûre: El Yazghi, puisque c'est de lui qu'il s'agit, est en train de revoir ses cartes avec l'optimisme qui lui est, bien sûr, propre: " Nous pouvons dire aujourd'hui que nous sommes sur la bonne voie, nous nous dirigeons vers notre prochain congrès qui va doter notre parti de la force et de l'aptitude nécessaires pour affronter l'échéance de 2007 faisant toujours de l'USFP un parti au service du peuple marocain". Autre volet, autre enjeu: le gouvernement Jettou. L'actuel Premier Secrétaire de l'USFP justifie la participation de son parti au gouvernement Jettou par le devoir de soutenir et d'appuyer les réformes en cours. Notre participation, dit-il, voulait éviter au pays les conséquences d'une crise susceptible de faire régresser le processus politique en considérant que le retour à la démarche démocratique requiert un minimum de stabilité et de consensus. Devant cet argument, se dresse évidement une question d'ordre politique. l'USFP veut-elle consacrer, par là, l'image d'une organisation collée essentiellement aux valeurs et aux conséquences de la démocratie, abstraction faite des résultats des urnes et ceci, bien sûr, confortablement dans les rangs de l'exécutif? Dans tous les cas, sous la conduite d'une direction homogène (visible au moins), les responsabilités sont en train de se définir dans cette formation et il n'y a pas lieu de se cacher derrière des excuses portant sur les exigences de la conjoncture, les intérêts supérieurs de la nation ou le poids des stratégies d'équilibre.
A l'heure actuelle, cette formation semble faire ses choix: l'avenir proche sera pour le combat et le défi. Sur divers fronts, contre diverses sortes de populisme: l'un dit réactionnaire et islamiste, l'autre gauchiste.
H.Zaatit