La Nouvelle Tribune : Le premier Conseil d’administration de l’Agence du Sud se tient dans un contexte politique très chargé au Sahara avec la tournée de l’envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies dans la région. Quelle analyse faites-vous de ce contexte ?
M. Mohamed Yazghri : Le choix de la date de la réunion du Conseil d’administration de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du Sud ainsi que le lieu ont une signification très importante. Effectivement, cette réunion se tient après le début de la tournée du nouveau représentant personnel du Secrétaire Général des Nations Unies, le Péruvien M. Do Soto, ce qui pour nous veut dire que la page Baker a été tournée. Maintenant, nous avons affaire à un nouveau représentant personnel, qui constitue une nouvelle phase dans le débat du conseil de Sécurité sur la question du Sahara. Cette réunion intervient également quelques jours avant la remise du rapport du Secrétaire Général au Conseil de Sécurité. Elle démontre enfin que le Maroc pense non seulement à l’avenir, dans le moyen terme mais aussi dans le long terme, en donnant une structure et des mécanismes qui permettront demain une gestion régionale des affaires de la population.
Quel est le commentaire de l’USFP au sujet de la formation d’un groupe parlementaire majoritaire ?
C’est une thèse que nous avons défendue au moment de la constitution du gouvernement de M. Driss Jettou. A cette période, nous avons parlé de la méthodologie démocratique. Cette méthodologie veut dire que le gouvernement doit être dirigé par le chef de la majorité, issue des élections. Nous sommes donc absolument satisfaits de la décision royale qui a été annoncée solennellement lors de l’ouverture de la session parlementaire. Bien entendu, notre prochain Congrès va nous préparer, précisément, à présenter au peuple marocain un projet de société, cohérent et très fort pour aller aux échéances de 2007. Nous sommes un parti qui est décidé à se battre et qui ambitionne un projet de société qui convienne à nos valeurs et nous le ferons en concertation avec nos alliés du Bloc démocratique.
Pensez-vous que la loi sur les partis verra le jour sous la législature en cours ?
Naturellement, au cours des prochains débats parlementaires, nous allons en discuter. L’essentiel est que le gouvernement d’alternance avait séparé le Code sur les associations du Code sur les partis politiques. Le Code sur les associations est déjà passé au Parlement et nous allons présenter celui concernant les partis politiques. Ce qu’il faut dire est que cette loi doit permettre aux différentes formations de travailler à l’encadrement de la population comme le prévoit la constitution mais aussi les obliger à appliquer un certain mécanisme démocratique dans leur gestion, entre les directions et leurs membres ou encore entre les partis et la population. Ceci pour éviter les dérapages que peuvent constituer soit l’utilisation de la religion dans le champ politique, soit l’utilisation du régionalisme. Autrement dit, il faut faire en sorte que le nouveau texte permette une vie partisane très avancée et en même temps évite à notre pays des dérapages qui aboutissent soit à une mosaïque de partis politiques soit à une structure obsolète dans le domaine politique.
Un mot sur les élections législatives partielles de Salé. Qu’est-ce qui s’est finalement passé ?
Il s’est passé quelque chose de très grave lors de ces consultations partielles: C’est la participation très réduite. Qu’un député soit élu par 8 000 voix, 205 000 voix, cela constitue une sonnette d’alarme que nous prenons très au sérieux.
Propos recueillis
par Mamady Sidibé