La Nouvelle Tribune : Quelle est votre première analyse après la tenue du premier Conseil d'administration de l'Agence du Sud ?
Ahmed Hajji : La tenue de ce premier conseil d'administration est un grand moment pour l'Agence et ses différents partenaires puisqu'il vient couronner des mois de labeur intense. C'est aussi le point de départ d'un programme ambitieux qui va répondre aux attentes de la population et donner une impulsion décisive au développement de ces provinces si chères au cœur de tous les habitants du Royaume.
Quel est le rôle de la société civile dans ce programme ?
Bien entendu, la société civile tient un rôle majeur dans l'exécution du programme de développement des provinces du sud.
Tout d'abord, il y a lieu de noter la dimension "proximité" pour laquelle un fonds a été mobilise pour accompagner les initiatives socio-économiques locales et dans laquelle les ONG et la société civile seront des pivots opérationnels autour desquels une dynamique importante s'articulera.
Par ailleurs, la société civile sera mobilisée pour garantir la réussite des projets où la dimension sociale est prépondérante comme les projets relatifs à l'éradication de l'habitat insalubre, ceux liés à la protection de l'environnement comme l'assainissement liquide ou la valorisation des oasis.
Quels sont les projets spécifiques relatifs à la valorisation des potentialités agricoles ?
La valorisation du potentiel agricole concerne pour l'essentiel la région de Guelmim pour laquelle un certain nombre d'ouvrages hydrauliques sont prévus. Ces ouvrages permettront la mobilisation des ressources en eau, soit directement soit par le biais de la recharge de nappes. Par ailleurs des expériences pilotes concluantes ont été menées dans la région de Dakhla, qui se sont notamment appuyées sur la mobilisation des eaux souterraines ainsi que sur des systèmes garantissant l'utilisation rationnelle de la ressource. Ces expériences prometteuses permettent de tracer de nouvelles perspectives pour le développement du secteur de l'agriculture dans cette région.
Quelles sont les priorités dans le programme global de développement, et quand les projets vont-ils réellement démarrer ?
Conformément aux hautes directives Royales, la priorité a été donnée à deux axes clés: l'éradication de l'habitat insalubre et la mise en place d'un réseau de villages de pêches sur le littoral des provinces.
La mise en œuvre opérationnelle du programme, débutera comme cela a été annoncé avant la fin de l'année. Concrètement c'est plus de 44% des 229 projets prévus pour la période quinquennale 2004-2008 qui vont être lancés durant 2004-2005. C'est une mise en oeuvre nécessaire, grâce à la mobilisation de tous les partenaires et à l'important travail engagé, pour donner à ce programme ambitieux l'impulsion qui lui est due.
Entretien réalisé
par Mamady Sidibé
Agence du Sud
Une compétence aux commandes
Toutes les personnes qui ont fait le voyage avec le Premier ministre, pour le Conseil d'administration de l'Agence pour la promotion et le développement des provinces du Sud, ont dû remarquer cet homme affairé, au milieu de la foule, et qui n'avait pas de minute à perdre. Cet homme c'est Ahmed Hajji, le Directeur Général de l'Agence du Sud. Une personne affable aux compétences avérées. Un homme au parcours incontesté dans la gestion des entreprises. Respectueux et peu bavard, M. Hajji ne cède jamais à la facilité. Pour lui, le succès n'a pas de solution miracle. C'est le fruit d'une abnégation. Comme on dit: "aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années. Ahmed Hajji a vu le jour en 1961 dans la capitale administrative du royaume. Il a poursuivi ses études secondaires au lycée Descartes où il a décroché son baccalauréat série "mathématiques”. Nous sommes déjà dans les années 1979. Très tôt il fait montre de son sérieux et de son assiduité. Ce qui l'a amené à faire les classes préparatoires au lycée Lakanal à Sceaux (France) avant de poursuivre ses études d'ingénierie à l'Écoles des mines de Paris. Auréolé par son diplôme, il regagne le pays pour occuper plusieurs postes de responsabilité. C'est que M. Hajji a exercé au sein du Groupe ONA avant de rejoindre le Crédit Immobilier et Hôtelier (CIH) en septembre 1989 pour y occuper successivement les postes de chargé de mission auprès du PDG, puis de responsable du développement du portefeuille "entreprise". en juillet 1994, A. Hajji prend en charge le Département développement au sein de la même banque où il traitera notamment de la mise en place des nouveaux instruments financiers à savoir la titrisation, gestion collective, crédit bail immobilier etc. Missionnaire accompli, l'actuel Directeur Général de l'Agence du Sud sera nommé en 1997 à la tête de la SNEC (Société nationale d'équipement et de construction). Par sa vision et sa démarche pragmatique, il lui donnera, durant cinq ans, une impulsion décisive en s'appuyant sur une équipe pluridisciplinaire ainsi que sur une stratégie appropriée au secteur (assainissement du portefeuille, programme des zones d'urbanisation nouvelles, zones industrielles, partenariat privé-public). Homme de dialogue et d'écoute, l'ancien patron de la SNEC assurera également la présidence de l'Institut de formation à la maîtrise d'ouvrage et de communication (GIE regroupant les entreprises sous tutelles du département de l'habitat) de mai 2000 à avril 2002. Sur la même lancée, il sera le futur Secrétaire Général de l'AMIM (Association marocaine des ingénieurs diplômés des mines de Paris, Nancy et Saint-Étienne). Volant de succès en succès, A. Hajji est honoré par Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui le nomme, le 10 février 2002, à la tête de l'Agence pour la Promotion et le Développement des Provinces du Sud. Une distinction, un honneur. Ahmed Hajji a suffisamment de cordes à son arc pour mériter la confiance du souverain et répondre aux attentes de la population du Sud.