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Impliquer les investisseurs locaux Entretien avec M. Hassan Derham, opérateur économique du Sud

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La Nouvelle Tribune : En tant que député et opérateur économique dans les régions du Sud, comment appréhendez-vous le Conseil d'administration de l'Agence, qui vient de se tenir ?
M. Derham Hassan :
Tout d'abord, cette visite s'inscrit dans le cadre des efforts développés par le royaume pour les provinces du sud. Il s'agit d'un événement très important où les provinces du Sud verront des investissements énormes dans les semaines et les mois à venir et ce dans tous les secteurs notamment touristique, économique et social sans oublier les infrastructures de base. Cela fait deux ans que nous étudions toutes les orientations. Le Conseil d'administration de l'Agence du Sud a été l'occasion de signer des partenariats pour la concrétisation des projets ainsi retenus. Cela va se traduire par la réalisation de zones franches. Si l’Etat a fait un grand pas pour le développement des provinces du sud, il appartient désormais aux opérateurs économiques et à la société civile de faire autant en s'associant à ces efforts ainsi lancés dans les régions. Le secteur de l'agriculture est un domaine très porteur que les gens ignorent et peut-être qui leur paraît bizarre dans une région où l'on parle de sahel. Personnellement, à Dakhla, nous employons plus de 1000 personnes dans l'agriculture et nous comptons augmenter ce chiffre jusqu'à concurrence de 6000. La province de Dakhla compte énormément de potentiels dans ce domaine. Pour ce qui est du tourisme, nous avons de très grandes plages. En plus, nous avons l'avantage 'd'avoir près de nous les Îles Canaries avec lesquelles nous avons signé des accords  dans le cadre de la MACARONISIA

En quoi consistent ces accords ?
La MACARONISIA est un groupement de 6 pays de la région. Il s'agit du Portugal, les Îles Canaries, le Sud du Maroc, la Mauritanie, le Sénégal et le Cap vert. Nous  avons signé des accords dans ce sens. Le Maroc fait partie de ce groupement qui dépend de Bruxelles. Le Maroc occupe le poste de trésorier de cet organisme. Le premier projet qui va être lancé prochainement est la création de la zone franche allant de Laayoune et à Dakhla. Et nous pensons également qu'avec la MACARONISIA, il sera possible de lancer d'autres projets car il s'agit d'un espace économique au profit de ces 6 pays.

Vous venez de parler des potentialités agricoles de Dakhla qui ne sont pas connues des investisseurs nationaux ou étrangers. A votre avis, qu'est-ce qui explique cet État de fait ?
Effectivement, il y a une désinformation sur la région véhiculée par les ennemis de l'intégrité territoriale du royaume. En la matière, nous avons surmonté énormément de difficultés. Avec l'Agence du Sud et les différents projets, qui seront lancés très prochainement, le moment est donc venu pour les gens du Sud, les investisseurs sahraouis marocains commencent à voir les choses plus claires. Dans ce domaine, il n'y avait que des études mais maintenant tout est devenu palpable. Il faut se mettre donc au travail.

Dans le contexte actuel, quelles sont les priorités des provinces du Sud ? Est-ce l'eau, l'électricité, l'habitat ou le désenclavement ?
Concernant les infrastructures de base, l'État a fait de gros efforts et ils se constatent sur place. Concernant l'électrification, toutes les demandes ont été satisfaites. Pour la pêche, le nombre de ports est actuellement de 5 réalisations. Quant aux routes, toutes les provinces sont aujourd'hui accessibles. Donc le vrai problème se trouve au niveau social. Mais comme tout le monde le sait ce qui prime aujourd'hui est l'économie. Nous pensons que si les problèmes économiques sont résolus, nous pourrons aisément résoudre les questions politiques et sociales. Car ce que la politique n'a pas pu résoudre, jusqu'à présent, les opérateurs pourront le faire. Car face aux problèmes sociaux, nous allons créer de la richesse, de l'emploi. Il faut le dire que le chômage touche actuellement les cadres, les ingénieurs. Bien entendu, beaucoup de ces diplômés chômeurs attendent fortement de ce programme de développement des provinces du Sud. Le moment est venu pour que ces gens trouvent de l'emploi correspondant à leur vocation.

Propos recueillis
par Mamady Sidibé

Habitat insalubre

L'Agence, en application des directives Royales, a élaboré un programme pour l'éradication de toute forme d'habitat insalubre et ce en concertation avec les autorités locales et les différents partenaires publics. Ce programme nécessite un investissement de l'ordre de 1 657,07 MDH. Il vise la mise en valeur optimale de toutes les potentialités régionales et fournit des solutions différenciées selon les besoins et les capacités financières des différents ménages concernés.  Dans la pratique, ce principe s'exprime principalement par le degré de finition des produits mis à la disposition des ménages à savoir les logements finis, semi-finis, lots équipés et mise à niveau de l'habitat sous équipé. . Ainsi à terme, sur les opérations de Laayoune-Boujdour-Sakia El Hamra, Guelmim-Essemara et Oued Eddahab-Lagouira, ce sont 7 430 logements, 18 712 lots d'habitat et 754 lots industriels et d'activité qui vont être produits. Par ailleurs, 40 000 ménages pourront, dans ce cadre, bénéficier des opérations de mise à niveau. En effet, le programme d'éradication de l'habitat insalubre permettra de répondre aux besoins et aux attentes des populations, de moderniser et d'harmoniser la structure urbaine des villes du Sud, proposer des produits adaptés au niveau de solvabilité des ménages cibles, de valoriser les lots produits de façon spécifique à amorcer le processus d'auto construction. Le programme vise également à traite1r de façon spécifique le cas des populations des campements qui attendent leurs logements à l'instar des ménages déjà servis et de dynamiser le marché de la promotion immobilière.



 

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