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Le politique mène le bal Rentrée parlementaire

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Dans un contexte politique marqué par des alliances contre-nature et par une majorité éparpillée, on est tenté de dire que la première session ordinaire de la troisième année du mandat du gouvernement Jettou promet d'être agitée et studieuse. Les yeux sont, bien sûr, rivés sur la majorité gouvernementale (si majorité il y a). Les communales de septembre 2003 ont fortement démontré, à l'excès, sa fragilité et l'hétérogénéité de ses composantes. Le mode de scrutin par liste n'a fait qu'accentuer ces lignes de division et aggraver la dispersion de la représentation politique. De l'avis d'un analyste, imputer au Premier ministre, Driss Jettou, la débandade des troupes de "sa majorité" prêterait plutôt à rire. " Qui jamais a pu croire que Jettou était le chef politique de cette majorité?", se demande-t-il en ajoutant qu'en fait, il n'est que le chef désigné d'un exécutif hétéroclite, de gauche et de droite sans même l'apparence d'une prééminence politique comme ce fut le cas avec le gouvernement Youssoufi. Le brouillage du champ politique marqué par le nombre élevé de partis politiques, l’absence du règlement intérieur et la non adoption jusqu'à présent de la loi régissant les formations politiques ainsi que la faiblesse de l'opposition illustrent bel et bien que des efforts restent à faire pour la mise à niveau du fonctionnement de la haute instance représentative du pays.

Opposition masquée

Ce qui rend encore l'action législative peu probante est la nature composite de l'opposition actuelle. Ces partis, notamment, le PND, l'UC, la GSU et le PJD, la pratique a démontré qu'ils demeurent une force de contestation uniquement pour la forme.
Doit-on rappeler dans ce sens que l'on peut rien attendre des discours et actions des partis de la Droite et du Centre, actuellement dans les rangs de l'opposition ( à l'exception du RNI, MP et MNP) puisque la plupart de leurs dirigeants ou cadres ont déjà exercé le pouvoir exécutif et sont bien implantés dans l'administration centrale et locale. La seule force d'opposition demeure le PJD. Dans le même ordre d'idées, un ex-député du PPS invoque l'existence d'une opposition déguisée. Il a tenu à préciser sur ce point que la majorité est en mesure de faire office d'opposition puisque beaucoup de députés ne sont pas très contents des résultats des dernières communales et déçus quant à la manière dont ont été formées les mairies des six grands villes ainsi que les présidences des Conseils Communaux. Résultat, ajoute-t-il: le camp de l'opposition sera renforcé par ces députés mécontents et s'ils vont voter en faveur du gouvernement Jettou, ils n'hésiteront pas à s'y opposer dans la pratique. L'on se trouve donc, selon lui, en plus de l'opposition officielle, avec une opposition de facto qui sera conduite par les députés des partis participant au gouvernement et par conséquent ce dernier souffrira cette fois-ci terriblement au niveau des débats. Dans ce contexte, conclut-il, le contrôle exercé par l'opposition pourrait n'être ni suffisant ni satisfaisant pour obliger les élus comme les décideurs à être effectivement imbus de leurs responsabilités publiques, sociales et économiques. Tel est malheureusement le cas, lorsqu'ils sont motivés par des intérêts égoïstes ou partisans. Les tentatives actuelles de constituer des regroupements plus au moins crédibles battent leur plein. Les trois partis de la mouvance populaire (MP, MNP, UD) sont à nouveau à la recherche d'une formule pour donner corps à leur projet d'unification (à laquelle le MDS de Mahmoud Archane voudrait se joindre mais des dirigeants comme Laenser y sont hostiles). Sentant le vent tourner, les formations de l'ex-Wifaq, quant à elles, cherchent désespérément à garder la tête hors de l'eau : l'UC, menacée par ses propres divisions internes, peine à calmer les esprits alors que le PND de Abdellah Kadiri s'est vu obligé de compenser les défections qui l'ont anémié en lançant une nouvelle alliance avec deux groupuscules (le parti de la Réforme de M.Kohen et parti de l'Initiative et de la Citoyenneté de M.Benhamou). Quant au RNI de M. Ahmed Osman, ce parti n'est pas non plus à l'abri de remous devenus aussi endémiques que la contestation du leadership de son Président. 

Un agenda chargé

Si l'on revient au programme prévu en cette rentrée parlementaire, deux sujets semblent occuper les devant de la scène de l'actualité. Le premier relève de l'exercice virtuel de chaque début d'année législative. Il s'agit notamment de la loi de finances. Le budget 2005 suscite un intérêt sur fond social au delà des constats sur l'habituel et répétitif respect des grands équilibres macro-économiques et les prévisions classiques sur le volume des recettes et autres projections des investissements publics. Le débat parlementaire sur le projet de loi de Finances risque de traîner. Le second point à l'ordre du jour concerne le texte sur les partis politiques. Ce sujet continue de susciter une multitude de débats relatifs à des questions aussi variées que celles relatives au référentiel idéologique de la structure même du paysage politique. Le dossier social, pour sa part, pèsera de tout son poids lors de cette session ordinaire du Parlement. Toutefois, plusieurs secteurs qualifiés par le gouvernement de grands chantiers attendent jusqu'à présent leur sort. Il s'agit entre autre de la couverture médicale, la lutte contre l'habitat insalubre, la promotion des investissements, l'artisanat, le développement du monde rural, en particulier la question de l'eau, la pêche, l'éducation et la formation. Les députés auront également à examiner quelques revendications salariales.
Comme on le voit, ce ne sont pas les dossiers en suspens qui font défaut. Reste à savoir s'il y aura vraiment des avancées significatives sur ces différents dossiers vu l'éclatement de la majorité gouvernementale suite aux élections communales passées. Il va sans dire que des querelles inutiles risquent de perturber encore plus le déroulement des débats et bloquer des dossiers portant sur de grands chantiers. La loi sur les partis permettra-t-elle de remettre la pendule à l'heure? En attendant, une chose est sûre, dans un tel contexte politique, la rentrée sera certainement chaude et une éventuelle recomposition des alliances n'est pas à écarter avec la dernière déconvenue de l'USFP et de l'Istiqlal à Salé.

H.Zaatit



 

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