L'université d'hiver organisée le 9 et le 10 octobre à Bouznika par le PPS sous le thème " Concrétisons les réformes" a marqué, apparemment un tournant dans le ton adopté par ce parti à l'égard du gouvernement Jettou. Soucieux d'accompagner une alternance qu'il avait appelée de ses voeux et qu'il avait soutenue jusqu'au bout, le parti que dirige Ismaïl Alaoui n'avale pas le cours des réformes annoncées par l'équipe Jettou. “Le changement n'est pas seulement une décision politique, mais un processus qui requiert une mobilisation générale face aux mutations que vit le pays: poussée démographique, exode rural, expansion urbanistique et croissance des besoins quantitatifs et qualitatifs de la population, etc.", a lancé Ismaïl Alaoui, S.G du PPS aux participants aux travaux des ateliers de cette université d'hiver. Dans le même sens, il a ensuite énuméré un certain nombre d'anomalies " dont la persistance est due à la non-concrétisation des contenus du discours royal (diplomatie, vide au niveau de certains hauts postes et “chômage” de hauts fonctionnaires, l'absence du Conseil économique et social, du conseil national de la concurrence, etc.)
Oui, mais !
Selon lui, le pays est dans le “besoin crucial d'un dialogue franc et clair et de davantage de transparence” dans la gestion économique, “surtout que nous ne disposons ni de pétrole ni de gaz”. Si ce besoin était satisfait, “nous aurions pu concrétiser, dans des délais très courts, une charte sociale qui réalise la paix sociale et garantisse les droits de tous les partenaires socio-économiques”.
L'orateur, tout en reconnaissant les efforts fournis par le pays dans sa progression, a dénoncé avec force les déviations constatées dans la gestion de la chose publique, aux niveaux national et local. “C'est ce phénomène qui empêche la concrétisation des contenus des discours royaux et nous fait éloigner implicitement du contenu du compromis historique”. Abdelahad Fassi Fihri du Conseil économique et social du PPS a, pour sa part, axé son intervention sur les questions urgentes auxquelles les participants devront apporter des réponses appropriées tant au niveau de la relance de l'économie et de l'emploi, de l'environnement économique et social, du développement humain et de la gestion de l'espace que des ressources naturelles.
Alors, simple revirement politicien d'une formation faisant partie de la coalition gouvernementale? Pas sûr. La liberté de ton des débats durant les deux jours a révélé un pluralisme réel d'avis et d'opinions au sein du PPS. Ce parti qui a participé au gouvernement d'Alternance, s'est beaucoup distingué par la position de son ministre aux Affaires Sociales, Saïd Saâdi et ce, dans le tumulte du fameux Plan pour l'intégration de la femme. Faisant face aux Islamistes et aux partis de la majorité, notamment l'USFP et l'Istiqlal, il a été éloigné du gouvernement d'Alternance lors du remaniement Youssoufi II. Dans tous les cas, fidèle à toutes ses stratégies politiques, le parti vient d'appeler à une sérieuse mobilisation de toutes les forces vives de la société pour accélérer la réalisation des réformes et des chantiers en cours.
H.Z