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Eriger une vraie majorité parlementaire Discours royal du 8 octobre 2004

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On ne peut plus clairement, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a, de nouveau, insisté sur l'élaboration d'un cadre juridique organisant la vie partisane marocaine. Son discours dans la haute instance représentative du pays a mis les points sur les "i" au sujet de la pratique partisane au Maroc. "Aussi, avons-nous jugé opportun de focaliser notre discours sur la nécessité de renforcer le rôle des partis, en mettant en place un cadre législatif rénové. Un cadre efficient, permettant au parti politique de puiser sa légalité juridique dans sa légitimité démocratique", a dit le Souverain. Voilà un point de non-retour qui vient d'être marqué par le Monarque. Il s'agit là, en fait, d'une optique qui veut rompre avec "le consensus superficiel et improvise" réalisé à la hâte à la veille d'une échéance électorale et "qui ne fera qu'accentuer la balkanisation de la carte politique du pays". Ainsi, l'on se souvient bien des résultats spectaculaires des élections législatives du 27 septembre 2002. L'avènement d'un technocrate à la tête de l'exécutif le 7  novembre de la même année avait  surpris plus d'un.  Ces échéances législatives qui devaient marquer la fin de l'Alternance politique et le début d'une réelle démocratie n'étaient finalement qu'une chimère. Le spectre politique s'était trouvé en fin de compte face à un gouvernement dépourvu de toute légitimité populaire. Constat qui a poussé certains à dire qu'imputer au Premier ministre, Driss Jettou, la débandade des troupes de "sa majorité" prêterait plutôt à rire. " Qui jamais a pu croire que Jettou était le chef politique de cette majorité?". Il n'est que le chef désigné d'un exécutif hétéroclite, de gauche et de droite sans même l'apparence d'une prééminence politique comme ce fut le cas avec le gouvernement Youssoufi. Très vite, la course aux portefeuilles ministériels s'annonça chaude sous la coupole. On a été profondément dépité par l'attitude opportuniste du parti de Abbas El Fassi quant à la nomination des ministres. Les dirigeants de l'Istiqlal n'ont pas eu froid aux yeux en se précipitant à proposer leurs progénitures à des postes ministériels. Ceci implique donc automatiquement que la question de la majorité parlementaire soit tranchée et examinée dans les plus brefs délais et bien avant les élections législatives 2007. C'est pourquoi, S.M le Roi a tenu à préciser dans son discours du 8 octobre 2004 : " Par ailleurs, nous attendons en particulier de ce projet qu'il nous permette de disposer, dans la perspective des élections 2007, d'une carte politique claire, nous laissant la faculté de confier, en fonction du verdict des urnes, la responsabilité gouvernementale à une majorité parlementaire homogène dans ses programmes et sa polarité, à charge pour la minorité de jouer le rôle d'opposition parlementaire constructive, dans le respect de ses droits". On serait, par ailleurs, mal fondé de sous-estimer l'importance centrale conférée à la nécessité de restructurer les formations politiques. Ces dernières ne se sont pas trompées puisqu'on constate actuellement divers mouvements en leur sein. Il y a d'abord la reprise des concertations entre les formations de la Koutla afin d'élaborer une approche commune lors des débats qui se préparent aussi bien au niveau gouvernemental que parlementaire. Les trois partis de la Mouvance populaire sont à nouveau à la recherche d'une formule unificatrice. Il n'est pas aussi fortuit que des formations comme l'UC ou le PND qui naguère devaient tout à leur statut de " partis administratifs, se sentent obligées, même si cela parait encore assez emprunté, de se chercher une identité "idéologique libérale", estime un observateur. Dans ce sens, le Souverain a souligné que " ce projet de loi que nous vous exhortons à débattre en vue de son adoption au cours de cette année législative, est de nature à contribuer à la rationalisation, la rénovation et l'immunisation du paysage politique national. Il est susceptible également d'inciter les partis politiques homogènes à se fédérer en pôles forts et solides".
En attendant, l'on peut toujours se demander si une loi sur les partis politiques permettra-t-elle une mise à niveau de la scène politique marocaine autour de choix clairs? De l'avis d'un observateur, en contraignant les partis politiques au respect d'un minimum de règles et en fixant des seuils dissuasifs pour toute représentation dans les instances élues, il est évident qu'un nouveau contexte sera ainsi délimité . Pour le reste, tout dépendra de l'apport des forces en lice au débat et de leur capacité à promouvoir des actions tangibles sur le terrain.
Autrement dit, en matière de gestion de la chose politique au Maroc, rien ne sera comme avant.

Hassan Zaatit



 

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