Il est clair que cette rencontre de dimension internationale est venue à point nommé pour préparer la future entrée en Bourse de Maroc Telecom. Si les séminaristes n'ont pas manifestement étalé ce dossier, la simple mention du nom de cette entreprise illuminait le visage des invités. Dans les différents exposés, notamment ceux relatifs aux étapes d'introduction d'une société en Bourse, il ressort que cela nécessite une maturité manageriale, une gestion saine et transparente mais aussi et surtout une responsabilité vis-à-vis de ses clients ainsi que des autres sociétés cotées. De ce constat, il ressort qu'une société qui veut entrer en Bourse doit d'abord se préparer à la transparence cimentée par un contrôle interne et surtout une bonne gestion. Pour les experts, cette question ne se pose pas le plus souvent pour les entreprises structurées, du moins de grande structure. Du fait qu'elles ont une large connaissance du marché. Mais les plus gros problèmes se rencontrent dans les entreprises qui ne viennent pas en Bourse avec une culture de transparence financière et de bonne gestion. Pour illustrer leurs propos, les conférenciers ont cité le cas des entreprises familiales. Naturellement, le statut changeant de ce type de sociétés pose problème pour les employés et leurs dirigeants. Donc pour réussir ce cap, il y a des normes à respecter comme le sens de la responsabilité. Ainsi, ce qui sera fait par la société doit être approuvé par ses dirigeants et cimenté par la certification du contrôle interne. Ce qui pourrait situer les différentes responsabilités en cas de violation des règles du Conseil de déontologique des valeurs mobilières. À la Bourse de Casablanca, où la culture boursière s’installe, l'espoir est cependant grand pour les années à venir. M.Amine Benabdesslem, Membre du Directoire et Directeur Marketing à la Bourse de Casablanca, a évoqué ce volet dans sa présentation concernant l'Institution de la capitale économique.
Après une brève présentation de la place financière du Maroc, M. Benabdesslem s'est attelé à démontrer les avantages de la Bourse de Casablanca étant donné son jeune âge mais aussi les opportunités qui s'offrent aux entreprises voulant s'y introduire. Il ne pouvait en être autrement quand on sait que la première étape d'introduction à la Bourse de Casablanca est de 5 mois à 5 ans. Une période suffisante pour se préparer sans oublier qu'aujourd'hui 53 sociétés seulement y sont cotées. De la place pour tout le monde. En terme de perspectives, l'orateur souligne la forte marge de progression de la place financière du Royaume sans oublier que plus de 1061 sociétés sont cotables au Maroc. Mais l'événement majeur actuellement à la Bourse de Casablanca est la prochaine entrée de Maroc Telecom.
Forte marge de progression
Pour M.Benabdesslem, cette introduction de l'opérateur historique est l’ occasion idoine de booster et populariser la Bourse au Maroc. En 2005, d'autres innovations sont attendues notamment le lancement de produits dérivés boursiers, l'élargissement, la liquidité ou encore l'institution du marché à terme. Au regard de tous ces éléments, le gouvernement d'entreprise est dans ces conditions incontournable pour que la Bourse de Casablanca puisse entrer dans la cour des grands. Comme c'est le cas ailleurs. À l'OCDE, c'est en 1999 que les principes de gouvernement d'entreprise ont d'ailleurs été approuvés. Depuis lors, ont expliqué les conférenciers, ils se sont imposés comme référence à l'échelon international pour l'action gouvernement, les investisseurs, les sociétés et autres parties prenantes.
Cependant, ces mêmes principes viennent d'être revus en profondeur afin de tenir compte des évolutions récentes et des enseignements de l'expérience acquise ces derniers temps dans les pays membres et non membres. Selon le rapport établi, à ce sujet, il ressort que les responsables de l'action gouvernementale ont à présent davantage conscience de la contribution qu'un système de gouvernement d'entreprise de qualité peut apporter à la stabilité des marchés de capitaux, au dynamisme de l'investissement et à la croissance économique. Dans ce contexte, les entreprises, quant à elles, comprennent mieux les rouages par lesquels la qualité du gouvernement d'entreprise rejaillit sur leur compétitivité. Ce qui fait dire à un participant que l'intérêt pour le gouvernement d'entreprise va au-delà de l'intérêt porté par les actionnaires aux performances individuelles des entreprises. en effet, le degré de respect par les sociétés de certains principes fondamentaux de bon gouvernement d'entreprise joue un rôle grandissant pour les décisions d'investissement. Et la relation entre les pratiques de gouvernement d'entreprise et l'internationalisation croissante des investissements revêt également une importance particulière. Les flux internationaux de capitaux permettent aux entreprises de se procurer des fonds auprès d'une population beaucoup plus large d'investisseurs. Cependant, pour pouvoir pleinement bénéficier de la mondialisation des marchés de capitaux et attirer des capitaux "patients" à long terme, soutient l'OCDE, les pays doivent se doter de régimes de gouvernement d'entreprise crédibles et lisibles à l'étranger et respecter un socle minimum de principes reconnus. En clair, l'absence de transparence financière et de bonne gestion constituent un frein à toute politique d'investissement de grande envergure. "Même si les capitaux étrangers ne représentent pas la principale source de financement pour les entreprises, l'adoption de bonnes pratiques de gouvernement d'entreprise contribue à accroître la confiance des investisseurs nationaux, réduit le coût du capital, concourt au bon fonctionnement de capitaux, et en définitive confère davantage de stabilité aux sources de financement", recommande l'OCDE. Une vision qui va bien avec les exigences économiques actuelles, dans un contexte d'ouverture du Maroc.
M.S.