Soyons lucides: le PJD est un parti pressé et stratège. Il ne joue pas avec le temps. Il sait bien qu'une véritable course de vitesse est engagée entre fondamentalisme et modernité démocratique. Et qu'on le veuille ou non, c'est une formation qui fait de la politique. La politique du temps. Et sa rentrée 2004 le prouve. Et pour dire juste, celle-ci a une touche correctement politique. D'entrée de jeu, le parti de Saâd Eddine El Othmani s'exprime sur l'article 7, tenez-vous bien, d'une mouture du projet de loi sur les partis datant de juin 2000, interdisant expressément la création de partis fondés sur la religion, la race ou la région. Voilà qui annonce la couleur des débats sur le futur texte. Gare aux amalgames! "Ils veulent soit nous dévier de notre voie, soit nous pousser dans l'illégalité", avait lancé dans le même sens Abdelilah Benkirane à une foule exaltée lors d'un meeting organisé à Salé. Tout y est. Avant cette déclaration, c'est le S.G du parti qui est monté au créneau en annonçant, avec délectation, l'intention et les conditions que le PJD exige pour participer au gouvernement. Ainsi qu’une autre déclaration selon laquelle le parti a la volonté de collaborer avec toutes les formations politiques nationales, y compris l'USFP. Devant ces arguments, se dressent évidemment certaines questions d'ordre politique. Le PJD est-il en train d'arrondir les angles, faire passer la pilule et offrir des garanties et des assurances à la veille de la rédaction d'un texte juridique sur les partis politiques et dont le premier des concernés ne serait que la formation du bon docteur? Le parti serait-il en train de tabler sur un raz de marrée des barbus en 2007. La question est, peut-être, tranchée. Ce sera les législatives, les communales et après on verra. Avec 38 élus sur 295, le PJD a remporté une victoire indiscutable. Créé seulement en 1996, il a réalisé, lors des législatives de septembre 2002, une progression impressionnante puisqu'en 1997, date de son baptême de feu électoral, il n'avait récolté que 9 sièges. La victoire est aussi importante que le parti n'a été présenté que dans 57 circonscriptions sur un total de 91. Entre les élections de 1997 et celles de 1992, le PJD n'a perdu aucun député. Il est bien le seul. Au niveau local, il est représenté par 593 conseillers.
Dans ces conditions, qui pourra arrêter la marche du PJD devant un USFP, en perte de vitesse ou encore un Istiqlal noyauté ou encore une Mouvance populaire qui demeure sans véritable impact politique?
H.Z.