Un titre aguichant donc pour lecteurs à la Janus, heureux de l’existence d’un “Makhzen” qui protège et garantit leurs intérêts de possédants et dans le même temps envieux et jaloux de la discrétion des “nouveaux puissants” qui, du fait d’un style à l’opposé du leur, montrent indirectement qu’ils n’appartiennent pas au même monde.
Alors, pour exhaler sa frustration, pour relativiser sa jalousie, on se rabat sur “le journal”, ce titre qui jouit de la solide réputation d’un opposant résolu au Makhzen, de redresseur de torts médiatique, de “concombre masqué” de la presse nationale.
Peu importe aux lecteurs des beaux quartiers que l’hebdomadaire en question soit aujourd’hui une coquille doublement vide, à la fois dépourvu de statut juridique clair et abandonné par ses maîtres et fondateurs, partis officiellement pour “étudier à l’étranger”…
Peu importe à nos opposants par procuration ou transfert (les lecteurs) que cette publication qu’ils achètent parce qu’elle prétend condamner et stigmatiser toutes les outrances, tous les dépassements, toutes les atteintes, soit le rejeton d’une entité qui a disparu après une faillite frauduleuse en laissant des impayés aussi gros que la conscience d’Ali Amar.
Peu importe aux commentateurs du lundi matin (“t’as lu l’article sur Himma et Majidi” ?) que les condamnations pour diffamation pleuvent sur un Directeur de publication aussi infatué de sa personne que Bob Jamaï, (il convient d’américaniser le prénom quand on est en exil volontaire aux States parce qu’on a fourgué une interview pourrie à un autre “z’héros” de la plume, qui se la coule douce à Barcelone en servant la soupe aux héritiers de Franco (El Mundo) et à Driss Basri à la fois, le bafouillant et enveloppé Ali Lemrabet).
Non, ce qui compte, c’est se repaître de bêtises, d’amalgames, de raccourcis qui donnent à croire (aux naïfs surtout) qu’une lutte sourde se déroule au sommet de l’État, entre deux hommes, lesquels pourtant ont des responsabilités et des zones d’influence aussi précises que bien délimitées…
Majidi contre Himma, Himma contre Majidi, Majidi et Himma contre Chami, Chami et Majidi contre Himma, voilà le tissu de conneries, (c’est le seul mot qui convient à ce galimatias), commis par trois “journalistes”.
Mais, que valent l’absence de véracité des faits, l’incohérence de la démonstration, les raccourcis réducteurs quand on peut se payer dans la même foulée le Directeur du Secrétariat particulier de Sa Majesté, le Ministre délégué à l’Intérieur, le Président de la CGEM, une belle brochette d’hommes d’affaires et de managers ?
Oubliés, les votes des “grands groupes” en juin dernier contre le président sortant réélu à une courte majorité, ce qui compte aujourd’hui, c’est d’exciper de la présence de
M. Hassan Chami, (qui doit apprécier le fait d’être ainsi mis entre EL Himma et Majidi…), à Paris aux côtés de M. Hokimi, PDG du Groupe ONA, pour évoquer un retournement d’alliance. Pourtant, le Groupe ONA pouvait-il aller devant les membres du MEDEF sans inviter à cette réunion le président de la corporation des patrons marocains ?
Enfoncés, ces jeunes et dynamiques opérateurs du secteur privé, patrons de grands groupes cotés en bourse soumis aux règles strictes de la transparence et de l’audit (Amhal, Akkhennouch, Ben Salah), qu’on place sous la coupe d’un “sécuritaire” à qui il serait interdit d’avoir des amis, des contacts, des connaissances, sous peine d’être accusé d’entrisme dans le monde des affaires.
Ont-ils oublié, les trois rédacteurs de l’enquête, les nombreuses entrevues de leurs patrons (en “fuite volontaire” à l’étranger) avec certaines personnalités haut placées lorsqu’il s’agissait de lancer le Journal ou de “préparer” des dossiers bien précis (“Cet homme-là doit partir”) ?
Grillé, ce jeune (et sans doute ambitieux) président d’une fédération du textile, dirigeant d’une entreprise familiale de qualité, proche d’une certaine gauche et placé dans le giron de M. Majidi. En demandait-t-il autant le jeune Tazi qui ne pourra peut-être plus, après un tel article, ambitionner de prendre un jour la place de M. Hassan Chami ?
Détestable et scandaleuse pratique que celle des faussaires de l’information, des jivaros de la plume qui salissent et détruisent réputations, ambitions, démarches, y compris celles qui visent à investir, à créer de la richesse, à développer un pays pour la satisfaction des besoins urgents des plus nombreux.
Pourri, le procédé employé qui cherche à réduire le rôle des uns et des autres (y compris M. Jettou que le Journal défendait, il n’y a pas si longtemps) pour donner du Royaume et de ses élites économiques une image repoussante, archaïque, anachronique, afin de renforcer le sentiment de défaitisme, de laxisme et d’impuissance, litières de l’extrémisme islamiste que le titre de “Bob et Al” n’a jamais vraiment condamné !
Fallait-il être haineux et irresponsable pour décrire ainsi les circuits économiques, sans évoquer une seule fois les grands enjeux de ce pays, les urgences sociales, les défis du développement ?
Fallait-il être inconscient et ignare pour assimiler ainsi la répartition toute normale des responsabilités au sein d’une équipe dirigeante, royale en l’occurrence, à une cour de récréation d’école alors que les mécanismes juridiques les plus sophistiqués régissent les modalités d’action des holdings les plus connus et que jamais la transparence et le respect de la légalité n’ont été aussi probants aux plans politique et institutionnel ?
La bêtise crasse et la volonté délibérée de nuire ne doivent pas rester sans réponse et c’est toute la grandeur de notre jeune démocratie que de permettre la publication d’âneries aussi manifestes.
Comme c’est tout notre honneur que de vouloir vivre et se battre dans ce pays quand des pisseurs de copie, par internet interposé, se présentent en donneurs de leçons, en défenseurs de l’opprimé, à partir de Londres ou de New York.
À ces pleutres de la plume, une seule réponse, “mieux vaut manger l’herbe de son pays que le pain de l’étranger”…
Fahd Yata