Le recensement que le Maroc est en train de vivre s'inscrit, sans aucun doute, dans le cadre d'un système institutionnel plus large d'information statistique et scientifique. Il s’agit, c’est certain, d’un outil précieux pour mieux évaluer le degré d'évolution de notre société dans tous les domaines. Cette finalité, pourtant logique, n’est pas perçue ainsi par une frange de la population qui, ne comprenant pas suffisamment ce qui se passe, se pose de plus en plus de questions: " Qu’attend, en fait, l’État de cette action: déterminer le nombre de Marocains ou comptabiliser ce qu’ils possèdent?". "En quoi cela intéresse-t-il le recensement, que l’on ait un portable ou deux , un numérique ou on ne sait plus quoi encore?". "S'agit-il d'une opération destinée réellement à des données statistiques ou d'un contrôle fiscal détourné, en catimini ? Toujours selon elle, est-ce une action de collecte d'informations pour un centre d'étude et de recherche se disant indépendant ou d'une enquête à caractère policier? Un amalgame de taille s'est vite instauré dans les esprits de beaucoup de gens. Une confusion qui risque de fausser quelque peu les résultats, faute d’une campagne d’information (d’ed’éducation ?) préalable précoce, plus percutante et plus explicative!
Très réservé et jaloux de tout ce qui touche de près ou de loin à ses biens, le Marocain lambda n'aime pas beaucoup qu'on s’intéresse de près à ses affaires personnelles et familiales... Les explications fournies par le département que dirige M. Lahlimi sont pourtant claires et sans équivoque : tout ce qui est demandé aux citoyens servira exclusivement aux statistiques. Mais est-ce suffisant comme argument? Est-ce que la campagne de communication afférente à cette action était lucide, efficace, perspicace? Le volet commenté du questionnaire, support de cette prestation nationale et concernant les biens des citoyens, ne semble pas avoir été abordé dans les campagnes lancées à ce sujet, ou très peu, et certainement sans conviction. Ce qui a laissé dire aux “recensés” que ce qui est leur est demandé à travers cette campagne n’est pas conforme à ce que l’on voit sur le terrain!
Peut-on, par conséquent, ne pas comprendre une telle méfiance de leur part, sachant parfaitement que la population visée vient d’émerger d’un passé très douteux et très ambigu ( celui qui a été mordu par un serpent prend peur, à la vue d’une simple corde!). Certains voient carrément en leurs visiteurs des “interrogateurs” en puissance.
En fait, se demandent-ils, qui est chargé du recensement de ces recenseurs...
Hassan.Zaatit