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Plus de 21 Mrds ont été investis dans l'eau depuis 1972 M. Ali Fassi Fihri, Directeur Général de l'ONEP

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La Nouvelle Tribune: Peut–on avoir une idée sur le taux d’accès à l’eau potable du territoire du Royaume ?
M. Fassi Fihri :
Notre pays a enregistré d’importants acquis sur la voie de la généralisation de l’accès à l’eau potable aux citoyens dans les meilleures conditions de service et de qualité. Il est à rappeler que depuis la création de l’ONEP en 1972, plus de 21 Milliards de Dirhams ont été investis permettant ainsi de satisfaire la quasi-totalité des besoins en eau potable du milieu urbain, puisque 89% de la population urbaine est alimentée par branchement individuel, le reste étant alimenté par bornes fontaines. L’alimentation en eau potable en milieu rural  n’a malheureusement pas connu la même évolution ce qui a amené l’état en 1995 à mettre en place un programme national d'alimentation en eau potable des agglomérations rurales: le PAGER. Cet important programme a permis de faire passer le taux de desserte de 14% en 1995 à 54% à fin 2003, au profit d’une population d’environ 6 millions d’habitants.

L’État a entrepris au cours de ces dernières années une politique ambitieuse visant à permettre l’accès à l’eau potable aux zones rurales. Peut-on connaître à l’heure actuelle le bilan de cette politique ?
L’accroissement des besoins en eau d’une part, la sécheresse et l’inégale répartition des ressources hydriques d’autre part, ont amené aujourd’hui les décideurs à adopter une nouvelle politique visant une gestion intégrée et durable de l’eau selon une approche par la demande. Cette nouvelle démarche découle des  hautes orientations Royales émises lors de la tenue de la 9 ème session du Conseil Supérieur de l’Eau et du Climat en juin 2001. Ces directives ont été officialisées par la déclaration gouvernementale à fin 2002, qui a mis au devant l’objectif de généralisation  de l’accès à l’eau potable en milieu rural pour atteindre un taux d’accès de plus de 90 % à l’horizon 2007 et dont  la concrétisation a été confiée à l’ONEP. La période 2004-2007 sera marquée par une accélération notable du rythme d’investissement avec une enveloppe budgétaire de l’ordre de 18.7 milliards de dhs dont  6.4 milliards  de dhs pour l’alimentation en eau potable en milieu rural, ce qui permettra d’alimenter une population rurale de l’ordre de 12 Millions d’habitants à l’horizon de ce programme.

Dans ce cadre, où en êtes-vous avec votre programme de dessalement de l’eau de mer, en particulier dans les provinces de Sud ?
En ce qui concerne les zones déficitaires en ressources en eau conventionnelles telles que les provinces du sud, l’ONEP a recours de plus en plus au dessalement de l’eau de mer et à la déminéralisation des eaux saumâtres, comme c’est le cas à Lâayoune, Boujdour, Tarfaya et Smara. Pour renforcer ses capacités de production dans ces centres, l’ONEP prévoit un investissement, pour la période 2004 -2007,  de l’ordre de 1milliard de dhs en utilisant les mêmes procédés de production.  Ce procédé de dessalement sera étendu incessamment  à d’autres villes du Royaume comme Tantan et Agadir.

L’ONEP a réalisé de bons résultats au terme de l’exercice 2003. Il n’en demeure pas moins que dans la majeure partie des villes, l’Office perd de l’argent. Pouvez- vous expliquer les causes de cette situation ?
L’exercice 2003 a été marqué par un résultat net s’élevant à 126.8 MDh contre 64.5 MDh en 2002. Il est bien entendu que ce résultat englobe l’ensemble des portefeuilles d’activités de l’Office y compris la distribution de l’eau potable où l’ONEP disposait à fin 2003 de 862.746 clients répartis sur l’ensemble du territoire. Toutefois, l’essentiel de l’activité de la distribution concerne des petits centres où les ressources à mobiliser sont de plus en plus lointaines et donc les projets à réaliser de plus en plus coûteux et à faible économie d’échelle. Néanmoins, les résultats financiers consolidés de l’Office sont bénéficiaires grâce à une péréquation inter-portefeuilles et à la mobilisation des ressources humaines de l’Office qui ne cessent de contribuer à l’amélioration de la productivité (le nombre client par agent est passé à 129 contre 121 en 2002)  et de la richesse créée qui s’est élevée à 1851 MDh en 2003 enregistrant une hausse de 3% par rapport à 2002. Il est à signaler que le maintien de cet équilibre financier est tributaire d’une augmentation régulière des tarifs.

Peut-on avoir une idée sur le coût de production de l’eau au Maroc ?
Les coûts de production sont évidemment variables d’un centre à l’autre et intimement liés à la nature de la ressource en eaux utilisées et sa situation géographique par rapport au point de livraison ainsi que la taille du centre à desservir. A titre d’exemple, le coût de production pour la ville de Lâayoune (dessalement de l’eau de mer) est environ 10 fois supérieur à celui de la ville de Khouribga. Cependant, sur le plan tarifaire et grâce au principe de la solidarité nationale, le prix à la distribution appliqué par l’ONEP est le même pour tous les centres et villes où la distribution de l’eau potable est prise en charge par l’Office.

Où en êtes-vous avec le problème de fiscalisation des dons octroyés  par certains organismes étrangers ?
Suite à la signature du protocole d’accord avec la direction générale des impôts en mai 2001 (suite au contrôle fiscal), les dons et subventions accordés ont été fiscalisés et considérés comme faisant partie du chiffre d’affaires soumis à l’imposition de l’IS et ce en application des dispositions de la loi 24-86 instituant l’impôt sur les sociétés. Bien que l’impact de cette fiscalisation soit important sur les résultats de l’Office, l’ONEP, en tant qu’entreprise citoyenne, s’acquitte et de manière régulière de l’ensemble de ses dettes fiscales. Néanmoins, et dans le cadre de sa politique d’optimisation fiscale, l’Office et à l’occasion de chaque loi des finances, introduit des propositions d’amendement de la loi sur l’IS afin que les subventions et dons soient exclus du chiffre d’affaires imposable.

Très franchement qu’en est–il de la qualité de l’eau potable au Maroc ?
La qualité de l’eau brute au Maroc subit une dégradation sans précédent à cause notamment des rejets des eaux usées dans le milieu récepteur. Cette situation a amené les Pouvoirs Publics à instaurer un programme d’urgence en assainissement liquide. C’est ainsi que l’ONEP s’est vu confier en 2002 la responsabilité de ce secteur dans les centres où il assure la distribution de l’eau potable. En ce qui concerne la qualité de l’eau produite, elle est traitée conformément aux normes internationales  en utilisant les techniques et les procédés les plus récents. De plus, les installations de production (traitement), stockage et distribution d’eau sont contrôlées en continu pour assurer la production d’une eau de qualité conforme à la norme marocaine relative à la qualité des eaux d’alimentation humaine qui s’inspire des directives de l’OMS entre autres. Au niveau de la distribution, la qualité de l’eau est  garantie et contrôlée régulièrement par les autorités sanitaires et les organismes chargés de la production et de la distribution de l’eau.

Enfin qu’attendez vous de la tenue de cette manifestation internationale sur l’eau prévue à Marrakech ?
L’Association internationale de l’Eau (IWA) est un réseau international de professionnels dans le domaine de l’eau potable et l’assainissement liquide qui regroupe plus de 13 000 adhérents provenant d’une centaine de pays. Cette manifestation internationale sera l’occasion pour notre pays pour faire valoir son savoir- faire et son expertise  dans le domaine de l’eau, sans compter les retombées positives sur le plan touristique puisque pas moins  de 3000 congressistes venus de différents horizons sont attendus à cette rencontre. Par ailleurs, ce congrès, qui est un espace d’échange et d’information par excellence, permettra aux Marocains de s’enquérir des dernières avancées scientifiques et technologiques enregistrées dans ce secteur.

Propos recueillis
par Hassan Zaatit



 

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