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Budget 2005, AMO, Retraites, CIH et Transports, les priorités d’un Jettou serein et déterminé

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Cette réunion, agrémentée d’un dîner, a permis à la fois de faire le point sur l’état d’avancement du projet de contrat programme, en cours de discussion actuellement entre les pouvoirs publics et le secteur de la presse, notamment par le biais de la Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux, mais également de recueillir les impressions et les sentiments du Premier ministre qui n’hésite pas à avouer, dans un sourire franc et quelque peu désarmant, que "communiquer n’est pas sa principale qualité".
Sans pour autant se faire violence, le Premier ministre a longuement expliqué les grands axes de sa démarche, les priorités de son équipe, les acquis déjà engrangés deux années après sa nomination par SM le Roi.
Abordant les contraintes inhérentes à toute préparation d’une Loi de Finances, M.Jettou a reconnu qu’elles étaient "sérieuses" cette année, notamment du fait d’une facture pétrolière alourdie par les prix internationaux du cours du baril, la flambée du butane (sic !), reconnaissant au passage, (ce qu’exposait La Nouvelle Tribune dans son numéro de la semaine dernière), que "la Caisse de Compensation ne pourrait faire face durablement à de telles pressions inflationnistes".
Le chef du gouvernement, sans entrer dans le détail de la procédure d’arbitrage entre les exigences de "départements ministériels ambitieux et donc budgétivores" et la tendance traditionnelle du Grand Argentier soucieux de serrer les cordons de la bourse, a néanmoins précisé que sa tâche était ardue, sans pour autant reconnaître que les disponibilités financières de l’Etat seraient inférieures pour le budget 2005. En effet, selon M. Jettou, même si le Trésor devra se suffire de la seule introduction en bourse d’environ 15% du capital de Maroc Telecom, ce sont les recettes fiscales  (en hausse notable) qui permettront de boucler la Loi de Finances 2005.

Les constats et les dossiers de M.Jettou

Abordant les acquis de l’action de son équipe, le Premier a évidemment souligné les avancées réalisées dans le domaine du tourisme, avec la confirmation de l’embellie constatée depuis plusieurs mois (cf. LNT 415 du 2 septembre 2004 ou http://www.lanouvelletribune.com), l’avancement des réalisations infrastructurelles, (stations balnéaires, Tanger-Med, habitat social, autoroutes), les effets positifs de l’open sky alors que RAM, qui lance Atlas Blue, sa compagnie "low cost", est tenue de "se comporter comme toute société anonyme et non comme une entreprise soumise aux caprices de l’Etat actionnaire".
Au chapitre des dossiers sensibles ou lourds à gérer, M. Jettou a cité la question des retraites, qu’il fallait "régler avec courage et détermination, parce qu’il s’agissait d’une véritable bombe à retardement susceptible de produire des effets catastrophiques dès 2006-2007". C’est dans cet esprit que le gouvernement a programmé une hausse triennale des cotisations, mais également le règlement des arriérés de l’Etat à l’endroit des caisses de retraite, soit la "bagatelle" de 11 milliards de dirhams!
Autre question délicate, celle de l’Assurance Maladie Obligatoire, dont l’entrée en vigueur suscite bien des espoirs au sein de la population marocaine. Pour M. Jettou, c’est un dossier complexe et difficile à boucler du fait des contraintes et des enjeux (financiers notamment) qui  le caractérisent. Mais, assure-t-il, "on est dans la dernière ligne droite et l’AMO sera effective à la date annoncée".

Les chiens aboient, la caravane…

Répondant aux interrogations sur le sort du CIH, que d’aucuns ont déjà "vendu" à la CDG, M.Jettou a judicieusement rappelé aux rédactions trop rapides dans leurs conclusions, que la Caisse de Dépôt et de Gestion était déjà un actionnaire de référence du CIH, tout comme la BCP d’ailleurs.
Pour l’avenir, le gouvernement, avec un nouveau PDG à la fibre sociale bien marquée, (M. Khalid Alioua, figure de l’USFP), prévoit à la fois le remboursement des créances les plus lourdes du Crédit Immobilier et Hôtelier (dont celles des ex-Erac, qui ont déjà restitué 800 millions de dirhams, du Ministère de l’Intérieur qui doit 500 millions de dirhams) et une recapitalisation prochaine avec la CDG, certes, mais sans que cette banque spécialisée dans l’immobilier ne tombe totalement dans l’escarcelle de M. Bakkoury. Le CIH, qui aura également des institutionnels étrangers comme actionnaires, sera dédié à l’habitat social, en réaction au constat gouvernemental d’une lacune dans l’action de financement des logements par le système bancaire classique, lequel ne descend pas en deçà de certains seuils dans sa démarche d’octroi de crédits immobiliers aux ménages nationaux. M.Khalid Alioua donc, loin de présider au sabordage organisé du CIH,  (à l’opposé donc de ce qui a été fait pour la BNDE), sera chargé de promouvoir et de financer l’habitat auprès des milieux populaires les moins favorisés.
Parmi les autres points abordés au cours d’un dîner aussi informel que sympathique, celui du transport a longuement été évoqué, tant par M. Jettou que par son (jeune) homologue, M.Benabdallah. Avec "la loi des séries" constatée ces derniers mois, alors qu’il ressort des statistiques une nette diminution du nombre de victimes des accidents de la circulation urbaine et de la route, les terribles drames du transport routier, intérieur ou hors de nos frontières, interpellent douloureusement les pouvoirs publics. M. Jettou qui préside, avec M. Ghellab, une commission ad hoc, est particulièrement déterminé à lutter efficacement contre cette situation catastrophique. C’est dans cet objectif qu’il a annoncé que toute la politique des agréments serait fondamentalement révisée. De plus, les propriétaires de véhicules (autocars, grands taxis, etc), devront se soumettre à des règles très strictes de transparence et de conformité avec la législation du travail. La "location à la course" de chauffeurs, la procédure des visites techniques de complaisance, le non-respect des feuilles de route seront très prochainement bannis pour une mise à niveau du parc national, laquelle démarche prévoira également des fonds d’aide pour l’acquisition de véhicules neufs, sachant que l’âge moyen des autocars et autres camions au Maroc est de 25 ans (un quart de siècle !).
Evoquant à son tour cette problématique, M. Nabil Benabdallah a notamment annoncé que le gouvernement prévoyait la mise en place prochaine du permis de conduire à points (comme cela existe en France notamment), mais aussi des systèmes techniques qui limiteront impérativement la vitesse des véhicules lourds ou de transport collectif. C’est donc une guerre sans faille aux chauffards et aux véhicules déficients qui est désormais déclarée a précisé le ministre de la Communication en soulignant que 72 % des accidents de la route avaient pour origine une défaillance humaine !
Bonhomme et chaleureux avec ses hôtes, M. Driss Jettou n’a paru nullement affecté par l’esquisse de la nouvelle campagne politicienne et de presse déclenchée il y a quelques jours contre son équipe. Affirmant avec force sa qualité de chef de la majorité parlementaire, soulignant la cohésion de ses collègues (toutes étiquettes confondues), ravi des nouvelles recrues (MM. Bousaïd, Mezzouar et El Harrouchy), l’occupant actuel de la Primature a insisté sur la pérennité de l’action gouvernementale et la mission qui lui a été confiée par SM le Roi. Répondant à l’obligation de résultat, comme tout entrepreneur qui se respecte, M. Jettou et ses ministres veulent aller au bout du mandat qui leur a été confié par le Souverain dans le cadre de l’actuelle législature. Quant au PJD, qui fait de l’esbroufe pour amuser la galerie, sans programme ni orientations claires, il se contentera de brasser du vent, pour le plus grand plaisir de rédactions en mal de copie…

Fahd YATA



 

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