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M. Khalid Naciri : «Nous avons une Monarchie agissante »

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La Nouvelle Tribune : Après cinq années de règne du Roi Mohammed VI, comment appréhendez-vous l’évolution du rapport Monarchie / Institutions politiques ?
M. Khalid Naciri :
Une dynamique remarquable a été imprimée à ce rapport. Dans le cadre de ce qui fait le principe même du nouveau système marocain – à savoir la dialectique de la stabilité et du changement – une nouvelle synergie Monarchie / Institutions politiques est en train de s’installer. Sa Majesté souligne fortement l’option de la “ Société démocratique et moderniste ” et cela est appelé à trouver son expression équilibrée dans ce rapport. Nous avons, plus que jamais, besoin d’une monarchie non pas spectatrice, mais agissante, pour impulser l’action des institutions, comme nous avons besoin de dynamiser le processus de démocratisation, pour mieux configurer la fameuse dialectique de la stabilité et du changement. Pour moi, il n’y a pas antinomie entre les deux. Au contraire, c’est cela qui donnera de la consistance à l’article 1 de la constitution “  le Maroc est une Monarchie constitutionnelle, démocratique et sociale ”.

Dans ce contexte, êtes-vous de l’avis  de ceux qui prétendent que lors de ce quinquennat, les formations politiques ont été affaiblies dans le processus de démocratisation ?
Il ne faut pas se tromper de diagnostic : ce n’est certainement pas le processus de démocratisation qui a affaibli les formations politiques, c’est une stratégie méthodique de l’État pendant trente cinq ans. Ce n’est qu’au milieu des années 90 que l’on a compris qu’en tuant les partis crédibles on sciait la branche sur laquelle reposait tout le système. Entre-temps, le mal était fait. Aujourd’hui, il faut réinsuffler une dynamique nouvelle à la synergie État / Partis à fort potentiel démocratique et réformateur. Une action systématique doit être menée de l’intérieur et de l’extérieur: de l’intérieur, les partis doivent continuer leur mue et leur mise à niveau; de l’extérieur, l’État a tout intérêt à conforter leur action et à ne pas les malmener inutilement.

La démocratie et le développement sont indissociables. Comment analysez-vous cette dialectique durant ces cinq ans du règne du successeur de feu S.M. le Roi Hassan II ?
De toute évidence, Sa Majesté le Roi les considère comme totalement indissociables, de sorte que ces deux thématiques me semblent être les deux préoccupations majeures du nouveau Monarque qui leur consacre l’essentiel de l’énergie politique du pays. Les messages forts en matière de démocratie sont multiples, notamment dans  le domaine des institutions de préservation des libertés et droits (et les chahutages ponctuels qui requièrent des corrections franches, ne sauraient mettre en cause l’option stratégique). Pareillement pour le développement, Sa Majesté le Roi suit de près l’action gouvernementale en la matière, ne se contentant pas de décréter les grandes priorités. La démarche royale est opérationnelle et c’est tant mieux.

Entretien réalisé
par Mamady Sidibé



 

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