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Le tourisme va, tout va Des résultats ensoleillés

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Les constats de M. Douiri

Des performances qui permettent de croire que les effets de la crise consécutive au 11 septembre 2001 et les appréhensions nées des tragiques attentats du 16 mai 2003 sont désormais dépassés. Un nouveau cycle, haussier, s’ouvre donc pour le tourisme et l’industrie hôtelière marocains appelés, comme l’explique à La Nouvelle Tribune M. Adil Douiri, Ministre du Tourisme, à gérer avec subtilité cette période de soudure. Période de soudure nous précise-t-il, parce que " les accords passés avec les grands tours-operators européens et les compagnies aériennes, qui profitent désormais de l’open-sky marocain, ont commencé à produire leurs effets bénéfiques ". Mais le risque réel se profile désormais d’une saturation de l’infrastructure hôtelière, parce que la demande à venir sera supérieure à l’offre actuelle. Une transition délicate à assurer donc jusqu’à l’entrée en activité des grandes zones touristiques prévues par le Plan Azur. " Saïdia sera, explique le dynamique ministre, ouverte au second semestre 2006, Mogador-Essaouira suivra au premier semestre 2007 et Mazagan-El Jadida au début d’août 2007. En attendant, il s’agira de gérer au mieux les nouvelles donnes induites par le rebond que l’on constate aujourd’hui et qui signifie sans doute que nous entrons dans un nouveau cycle. L’année 2002 a marqué le bas du cycle et 2003 a constitué l’ébauche d’une reprise qui se confirme au terme des sept premiers mois de l’année en cours".
Voilà pourquoi, sans tomber dans un optimisme béat, M. Adil Douiri espère que les performances globales de 2004 seront supérieures à celles de l’année 2000, avant la crise donc, sachant que l’embellie actuelle est due à la fois aux efforts entrepris par le secteur national et les autorités, mais aussi au regain de croissance qui caractérise les principaux marchés émetteurs, comme la France, la Belgique ou l’Espagne. " Nous sommes très sensibles aux conjonctures économiques des pays où nous avons déployé de gros efforts de promotion et conclu des accords avec des partenaires importants, explique-t-il. Quand la croissance repart, le Maroc profite de ce rebond, comme on le constate depuis quelque temps. De même, des marchés plus " émotifs ", c’est-à-dire plus sensibles à certains événements exogènes ou endogènes, (crises en Irak et au Moyen-Orient, lutte anti-terroriste, attentats de Casablanca ou de Madrid), ont réagi positivement ces derniers mois comme l’Allemagne, l’Italie et, dans une moindre mesure le Royaume-Uni". Enfin, ajoute le Ministre du Tourisme, les performances de l’été traduisent l’apport de " contributeurs nouveaux, des marchés en émergence et spontanés comme les pays de l’Est qui s’ajoutent à la marge".  
Des
performances attrayantes et prometteuses
Des villes comme Agadir ont ainsi connu une affluence record, une saison comme elle n’en avait pas vécu depuis longtemps tandis que des destinations de l’intérieur, en principe délaissées en période caniculaire, ont fait le plein comme Fès, Marrakech, malgré des températures qui flirtaient fréquemment avec les 40 °à l’ombre…
Ceci, bien évidemment confirme le rebond du tourisme au Maroc, lui-même expression d’un certain retour à la normale au niveau du tourisme mondial après la crise de septembre 2001, malgré la survenance d’événements tragiques comme les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca ou ceux de Madrid en mars 2004. C’est, d’ailleurs, peut-être du fait de ces attentats d’Atocha, que nombre de nos compatriotes qui résident en Europe occidentale ont préféré la destination Maroc à celles de l’Espagne du Sud, tandis que nos locaux, échaudés par les longues files d’attentes devant les consulats Schengen, forcément plus restrictifs, ont préféré Agadir, Tétouan ou Tanger à Marbella ou Torremolinos.
Mais le conjoncturel ou le circonstanciel n’expliquent pas tout et il faut voir dans ce " superbe été 2004 ", la première concrétisation de la nouvelle politique touristique nationale, telle que voulue par les pouvoirs publics et mise en œuvre par le département de M. Adil Douiri et les différents intervenants, nationaux et étrangers du secteur.
Certes, il est encore trop tôt pour dresser un bilan vraiment probant de ce rebond, mais les statistiques disponibles, arrêtées à fin mai 2004, prouvent que le contexte international, notamment méditerranéen, s’est considérablement amélioré en 2003-2004 par rapport à 2002-2003 puisque la destination Maroc enregistre une croissance de 22 % au niveau des arrivées de touristes quand elle est de 20 % pour la Tunisie et de 68 % pour l’Egypte sur la période considérée.
Selon des données fournies par le Ministère du Tourisme, pour les cinq premiers mois de l’année en cours, c’est donc plus 22 % d’arrivées aux postes frontières qui sont constatés tandis que les nuitées sont estimées, de janvier à mai 2004 à 5, 11 millions, soit une hausse de 13 % par rapport à la même période de 2003.
Un premier constant s’impose donc par rapport à la crise née des tragiques attentats du 11 septembre 2001 : la destination Maroc a su résister en 2002, perdant relativement peu en termes d’arrivées, avant d’entamer un nouveau bond en avant en 2003 qui s’est largement confirmé et amplifié au terme du premier semestre de 2004.
C’est ainsi que cette progression est de 10 % pour Agadir, de 13 % pour Ouarzazate et Casablanca, de 16 % pour Tanger, tandis que Fès et Marrakech caracolent en tête à 20 %.
Ce phénomène positif s’exprime également par la croissance des principaux marchés émetteurs (toujours sur la période précitée) puisque l’Espagne est en hausse de 43 % avec 7 % d’arrivées de touristes, la Belgique de 29 % avec 2 % de visiteurs, la France de 25 % avec 30 % du marché marocain, le Royaume-Uni de 23 % avec 4% de l’arrivée totale de touristes aux postes frontières. Quant à nos compatriotes qui résident à l’étranger, ils sont en hausse de 21 % et représentent à eux seuls 33 % des entrées dans le Royaume, entre janvier et mai 2004, avant donc le traditionnel rush estival qui, chaque année, marque les mois de juillet et d’août.
On remarquera, ainsi, que les arrivées de Marocains résidant à l’étranger et celles des touristes français représentent 63 % du total enregistré au terme des cinq premiers mois de 2004, ce qui souligne clairement l’importance de ces deux marchés émetteurs pour notre tourisme national.
Enfin, sur le plan des nuitées, on peut relever que la France et le tourisme interne réalisent, selon le département de M. Adil Douiri, les plus beaux scores puisque nos nationaux sont en hausse de 14 % et représentent 19 % du total des nuitées entre janvier et mai 2004, confirmant ainsi la valeur et la portée d’initiatives promotionnelles comme "Kounouz Biladi". Quant aux ressortissants français, ils sont en hausse de 12 % et totalisent 40 % des nuitées enregistrées.

Premiers effets de l’open sky

Comme évoqué précédemment, il est incontestable que le Royaume récolte aujourd’hui les premiers fruits de sa nouvelle politique touristique, marquée à la fois par le développement du Plan Azur et la mise en place des moyens et des mesures destinés à renforcer l’attractivité interne et externe du produit Maroc, ainsi que l’accentuation très nette de la promotion sur les marchés émetteurs, traditionnels ou nouveaux.
Dans ce cadre, indéniablement, la libéralisation du transport aérien et la conclusion d’accord de partenariat avec de grands tours operators internationaux ont permis cette embellie. 
Ainsi, les départements du Tourisme et des Transports ont engagé la libéralisation radicale du transport aérien, tout en offrant au transporteur national, Royal Air Maroc, l’opportunité de lancer sa propre compagnie "low cost", "Atlas Blue" qui est opérationnelle depuis quelques semaines.
Dans ce cadre "ouvert", le gouvernement a signé plusieurs accords avec des tours operators européens majeurs comme TUI (qui couvre la France, la Belgique et l’Allemagne) en juillet 2003, Globalia (Espagne) en novembre 2003 et LTU Touristik (Allemagne) en mars 2004.
De plus l’année en cours a vu la concrétisation d’accords permettant l’ouverture de dessertes aériennes régulières par des compagnies comme Air Horizons, Virgin Express et SN Brussels.
Ces trois compagnies desservent depuis la France et la Belgique des villes comme Casablanca, Rabat, Marrakech, Agadir, Fès, Oujda, Tanger, Nador et Essaouira.
Par ailleurs, les To européens ont engagé leurs propres appareils et compagnies dans des liaisons régulières : Corsair (France) à raison de cinq fréquences par semaine sur Marrakech et deux sur Fès, Jetair (Belgique) pour deux fréquences par semaines sur Agadir et cinq sur Marrakech, Hapag Lloyd (Allemagne), pour des liaisons régulières sur Agadir et Marrakech.
Gobalia-Air Europa (Espagne) dessert bi-hebdomadairement Marrakech depuis décembre 2003, alors que LTU Touristik (Allemagne) assurera par LTU Airline et Air Berlin des lignes directes sur Agadir et Fès à partir de novembre prochain.
Cette densification des dessertes aériennes a eu des effets largement positifs sur l’environnement qui caractérise l’industrie touristique nationale en permettant à la fois un renforcement conséquent des arrivées de voyageurs et en incitant les transporteurs aériens "classiques"  à renforcer leurs offres.
C’est ainsi que l’accord entre le gouvernement Jettou et Globalia-Air Europa a incité Royal Air Maroc et Ibéria à renforcer leurs dessertes entre Madrid et Marrakech, pour assurer sept dessertes par semaine alors qu’elles n’exploitaient pas cette ligne auparavant.
De même, du fait de la présence de Corsair sur la ligne Paris-Fès a incité RAM à porter ses dessertes régulières sur la capitale spirituelle de deux à sept fréquences hebdomadaires.
Ce développement du transport aérien, désormais libéré du carcan réglementaire qui protégeait les opérateurs historiques comme RAM, Air France ou Ibéria, a induit une hausse très significative du trafic de passagers dans les aéroports nationaux comme l’exprime la croissance du trafic de passagers de 13% au terme des cinq premiers mois de l’année 2004, avec +14 % pour Marrakech, +8 % pour Agadir et +60 % pour Fès.
De plus, le trafic international sur des vols réguliers a connu une augmentation des plus appréciables, de 25 % avec +30% pour Agadir, +77 % pour Marrakech et +164 % pour Fès.
Ces premiers effets du " new deal " touristique devraient être confirmés par les performances de l’été 2004 et celle du second semestre de l’année.
Tout cela atteste donc que l’industrie du tourisme est effectivement l’une des niches les plus prometteuses du développement économique du Maroc et c’est vers la confirmation et le renforcement des choix et des options stratégiques opérés depuis quatre ans qu’il faut poursuivre désormais, en mesurant les bienfaits de ces premières avancées sur la croissance économique, et l’emploi.

Un été magnifique

À ce sujet, M. Adil Douiri n’a pas manqué de souligner que " les performances des cinq premiers mois de 2004 sont confirmées par celles du mois de juillet et les premières estimations du mois d’août ".
En effet, le nombre total de nuitées déclarées par les établissements touristiques classés progresse de 28% en juillet 2004, en nette hausse par rapport au même mois de l'année précédente. Ce résultat vient conforter le net rebond de l'activité enregistré par le secteur hôtelier depuis le début de l'année et porte la hausse des nuitées à +17 % sur le cumul des sept premiers mois de l'année 2004.
Par ailleurs, la hausse des nuitées pour le mois de juillet 2004 est générale au niveau des principales destinations. Les villes d'Agadir et de Marrakech, qui concentrent presque les 2/3 des nuitées totales, poursuivent leurs remarquables ascensions avec respectivement +45 % et +39 %. Ces hausses sont également importantes pour Ouarzazate (+30 %), Casablanca (+17 %), Fès (+13 %), Rabat (+12 %) et Tanger (+6 %). A noter toutefois l’augmentation à peine légère de Tétouan (+3 %) et le recul de Meknès (-4 %).
Ainsi, depuis le début de l'année, toutes les principales destinations sont en progression très nette : +24 % pour Marrakech, +18 % pour Agadir, +19 % pour Fès, +14 % pour Tanger, Casablanca et Ouarzazate. Tétouan et Meknès restent en marge de la tendance nationale puisque leurs nuitées enregistrent une quasi-stagnation (+1 % pour Meknès et –2 % pour Tétouan).
Comme a pu l’expliquer le Ministre du Tourisme, "la progression du nombre total de nuitées de +28 % au cours du mois de juillet 2004 est due principalement au très bon comportement de la demande internationale (+39 % soit près de 265 000 nuitées supplémentaires par rapport à juillet 2003). La demande interne, qui représente 28 % de l'activité hôtelière, progressant pour sa part de +7 % au cours de ce mois, a été stimulée par l'opération " Kounouz Biladi". En effet, a souligné M. Douiri : " c’est la première fois que l’on propose Kounouz Biladi en juillet, sachant que pour le mois d’août, période de congés annuels par excellence, les hôtels sont toujours pleins. L’opération a pleinement réussi et un nombre important de nos concitoyens ont préféré prendre leurs congés en juillet. Sur les 360 000 nuitées réalisées par le tourisme intérieur durant ce mois, 45 000 d’entre elles sont dues à Kounouz Biladi, ce qui signifie qu’un Marocain sur huit environ a profité de l’offre promotionnelle".
Par ailleurs, la France et l'Espagne confirment leurs tendances de hausse constatées depuis la fin de l'année précédente (respectivement +32 % et 92% en juillet 2004). Les autres principaux marchés tels que le Royaume-Uni (+29%), l'Allemagne (+40 %) et l'Italie (+63%) confirment également la reprise de confiance de ces touristes vis-à-vis du Maroc puisque les nuitées enregistrées par ces marchés progressent de manière significative par rapport à juillet 2003, période consécutive aux événements du 16 mai.
Enfin, le taux d'occupation national (47 %) enregistre en juillet 2004, une progression de 8 points par rapport au même mois de l'année précédente et ce en dépit de la hausse en parallèle de la capacité offerte en chambres commercialisables (+8 % en 2004). A noter que pour les hôtels de catégorie 5 étoiles et les VVT, les taux d'occupation en juillet 2004 sont respectivement de 44 % et 70%, soit une progression de +13 points par rapport à juillet 2003.
C’est donc une tendance de fond qui est sans doute en train de s’esquisser et qui est d’ailleurs perçue comme telle par la presse internationale. C’est ainsi que le quotidien parisien Le Figaro,  dans son cahier Économie du lundi 30 août dernier, évoque la baisse de fréquentation touristique de la Côte d’Azur française et de son pendant espagnol à cause de " la concurrence des packages touristiques qui permettent de passer des vacances peu chères dans des pays méditerranéens comme le Maroc ou la Tunisie. Ces nouvelles destinations bon marché (environ 300 euros pour une semaine tout compris à Marrakech au mois d’août) constituent désormais une menace pour l’Espagne où le tourisme représente 12% du PIB et 10 % des emplois".
Et quelle meilleure conclusion apporter à cet article sur le rebond si satisfaisant de notre tourisme que cette appréciation d’un collègue de M. Thépot (DG d’Accor Maroc), M. Michel Flaxman, DG chez Accor pour l’Europe centrale et orientale : "Nous nous installons dans un pays lorsque émerge une classe moyenne, afin de ne pas dépendre spécifiquement du marché international", (in Le Figaro, op cit).
Une émergence qui, au Maroc, devrait être encore plus forte afin que Kounouz Biladi ne soit pas l’unique occasion donnée aux citoyens marocains de développer le marché intérieur, vrai moteur de la croissance.

Fahd YATA



 

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